C’est Samuel de Champlain qui a relevé pour la première fois l’existence de la rivière Gatineau, où se dressent aujourd’hui une centrale hydroélectrique et un barrage d’Hydro-Québec, à la hauteur des Rapides-Farmer.

Gatineau et le débat sur les origines de son nom

NOTRE HISTOIRE / La quatrième ville en importance au Québec, une rivière et un parc font aujourd’hui honneur au nom Gatineau.

Un texte de l’historien Raymond Ouimet paru en 2004 soulevait deux pistes de recherche sur l’origine exacte du nom de la ville, soit un toponyme d’origine amérindienne ou tiré du patronyme de la famille Gastineau.

C’est Samuel de Champlain qui a relevé pour la première fois l’existence de la rivière Gatineau. Aucun des autres coureurs des bois et explorateurs qui avaient emprunté la rivière des Outaouais pendant plus de deux siècles ne semble avoir signalé le nom de la rivière Gatineau.

Est-ce que la rivière Gatineau est restée sans nom durant deux siècles ou plus ? Pour M, Ouimet, cela paraît invraisemblable puisque les Amérindiens de la nation algonquine ont occupé notre coin de pays bien avant l’arrivée des Européens. « Et les Amérindiens devaient avoir un nom pour cette rivière comme ils en avaient pour la rivière des Outaouais qu’ils appelaient Kichesipi, soit “grande rivière” », écrit l’historien.

Il se pourrait bien que le toponyme Gatineau ne soit qu’une forme évoluée d’un nom amérindien, puisqu’un coureur des bois, Jean-Baptiste Perrault, rappelait sur deux cartes dessinées de sa main une rivière Nàgàtinong et sur l’autre Agatinung, deux toponymes à consonance amérindienne, dont la prononciation se rapproche du nom Gatineau une fois la première syllabe retirée.

L’autre piste de recherche nous mène à Nicolas Gastineau, dit Duplessis, arrivé comme soldat en Nouvelle-France en 1648.

Originaire de la paroisse Saint-Eustache à Paris, Gastineau possédait une bonne éducation et est devenu, deux années plus tard, commis de traite de la Compagnie des Cent-Associés à Trois-Rivières.

En 1662, il a épousé Marie Crevier, fille de Christophe Crevier, seigneur de Saint-François, ce qui lui a permis de s’allier aux puissantes familles de la colonie, les Hertel et les Boucher. Il a fait la traite sur une rivière située entre l’Outaouais et la Saint-Maurice que l’on appelait Rivière à Gatineau, indiquent les archives de la Commission de toponymie de la Ville de Gatineau.

Il a ensuite occupé le poste de greffier et de tabellion (notaire), avant de devenir juge-prévôt et marchand de fourrures au Cap-de-la-Madeleine. Deux des fils de Nicolas Gatineau, Jean-Baptiste et Luis, avaient établi un poste de traite de fourrures sur la pointe située à l’embouchure de la rivière Gatineau, dans le dernier tiers du XVIIe siècle.

En 1783, la rivière est identifiée comme River Lettinoe par le lieutenant David Jones, mais l’arpenteur Joseph Bouchette l’identifie sous le toponyme Gatineau dans une description topographique de la région en 1815. Dans un plan du canal Rideau, le lieutenant-colonel John By évoque de Gatteno, puis le nom R. Gatineau apparaît sur des cartes de 1831 et 1861.

Nicolas Gastineau est décédé à l’Hôtel-Dieu de Québec le 10 août 1689, à l’âge de 62 ans.

Sources : Commission de toponymie de la ville de Gatineau et Ville de Gatineau (1975-2001) et « Le nom ! », Raymond Ouimet, août 2004