La maison du 149 Daly, ancienne demeure de Louis-Théodore Besserer

Besserer: patriote et fondateur de la Côte-de-Sable

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Louis-Théodore Besserer.

Reconnu comme un patriote modéré de Québec, Louis-Théodore Besserer est venu à Ottawa pour y être reconnu comme le fondateur de la Côte-de-Sable.

M. Besserer aura laissé sa marque en faisant de Bytown une ville qui deviendra la capitale du Canada. Une ville où une rue porte d’ailleurs son nom.

Dans les archives du Dictionnaire biographique du Canada, l’auteur Jean-Yves Gravel écrit qu’il était un homme qui avait « un jugement solide et rarement en défaut, qui gagna en peu de temps la confiance de ses concitoyens ».

Né à Château-Richer, près de Québec, le 4 janvier 1785, Louis-Théodore est le fils de Johann Besferer, dit Jean-Théodore Besserer, un chirurgien militaire allemand, venu au Canada en 1776 et de Marie-Anne Giroux, une Canadienne.

Il épouse en premières noces Angèle Rhéaume, puis en secondes noces Margaret Cameron de Bytown (Ottawa) qui lui ont donné 12 enfants.

Après ses études au petit séminaire de Québec, il étudie le notariat, avant d’être admis à la pratique en août 1819. Au début de la guerre de 1812, il devient lieutenant dans le 2e bataillon de la milice en mars 1823, puis capitaine en septembre de la même année.

Le gouverneur George Prevost lui fait confiance en lui donnant des missions spéciales à caractère civil, dont l’établissement de colons sur le chemin du Portage, entre Rivière-du-Loup et la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick.

Pour ses services militaires, Louis-Théodore Besserer reçoit une concession de terre qu’il choisit dans les Cantons de l’Est. Après la guerre, il retourne toutefois à Québec pour y pratiquer le notariat et faire des affaires.

Il est élu député représentant le comté de Québec à la Chambre de l’Assemblée du Bas-Canada de 1833 à 1838. Il fait partie des patriotes de la région de Québec, des partisans plus prudents qui préféraient les moyens constitutionnels à la rébellion préconisée par les patriotes montréalais.

Le gouvernement britannique dit de lui qu’il est un rebelle, alors qu’il est plutôt reconnu comme un modéré par le Parti patriote.

Face à l’agitation politique à Montréal, Besserer refuse de suivre Louis-Joseph Papineau. Il réussit à échapper à son arrestation en 1838 en raison de ses relations d’affaires avec les autorités britanniques. Il restera en brouille avec les amis de Papineau qui ne pardonnent pas sa modération.

Déçu par la politique et la mort de sa première femme, il se rend à Bytown où il se retire sur l’immense terre dont il a hérité de son frère en 1824.

Besserer est souvent décrit comme le fondateur de la Côte-de-Sable à Ottawa grâce à son idée de subdiviser des terrains. Il vend notamment un terrain pour la construction d’une église et d’une école au diocèse catholique pour le Collège de Bytown (qui deviendra l’Université d’Ottawa). Il construit sa maison au 149 Daly, à l’intersection King Edward, entre 1844 et 1859 (la date varie selon les historiens). C’était la première maison de grande dimension construite dans le quartier de la Côte-de-Sable.

Grâce à la spéculation foncière, il réussit à amasser une fortune.

Il s’occupe aussi, avec d’autres concitoyens, de transformer Bytown en ville, un projet qui devint réalité en 1847.

« Opportuniste et pratique, Besserer s’anglicisa rapidement. En raison de ses origines familiales, de ses relations d’affaires et plus tard de sa seconde épouse, il s’identifia de plus en plus aux anglophones », rappelle l’auteur Jean-Yves Gravel, dans le Dictionnaire biographique du Canada.

Louis-Théodore Besserer est décédé à Ottawa le 3 février 1861, à l’âge de 76 ans.