Joseph-Ignace Aumond est devenu le premier francophone à rivaliser avec les barons anglophones qui contrôlaient l’industrie forestière régionale dans les années 1830.

Aumond, le premier «roi du bois» francophone

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Joseph-Ignace Aumond.

Joseph-Ignace Aumond, qui a donné son nom à la municipalité située au nord-est de Maniwaki dans la Vallée-de-la-Gatineau, est devenu le premier francophone à rivaliser avec les barons anglophones qui contrôlaient l’industrie forestière régionale. 

Ce « roi du bois » s’est imposé rapidement comme personnalité importante de l’Outaouais dans les années 1830.

« Sa contribution au développement d’Ottawa permet de la considérer comme l’un des grands fondateurs de cette région », écrit Henri Pilon, dans le Dictionnaire biographique du Canada.

Né le 21 mars 1810 à L’Assomption dans le Bas-Canada, il était le fils d’Ignace Aumon et d’Euphrosine Robichaud. Le 21 avril 1833, il épouse Jane Cumming, avec qui il aura cinq fils et trois filles.

Après ses études, il se dirige vers Montréal où il travaille comme commis dans le magasin de J. D. Bernard, puis décide de s’installer à Bytown (Ottawa) où il travaille comme gérant d’un magasin dont le propriétaire était M. Bernard. Il s’installe ensuite à son compte à Bytown.

C’est en 1830 qu’il se lance dans le commerce du bois dans la vallée de l’Outaouais, dont il devient rapidement un joueur important.

L’histoire de la municipalité d’Aumond remonte à 1843 avec l’ouverture du chantier de M. Aumond. 

En 1844, son exploitation lui permettait d’envoyer 40 trains de bois par année à Québec, ce qui représentait 2 millions de pieds. 

Il était autorisé à couper du bois le long des rivières Gatineau, Petawawa et Madawaska. 

Son entreprise employait au moins 1000 hommes. 

En 1849, son exploitation s’étendait jusqu’au lac Témiscamingue. 

Il exploitait ces forêts à son compte, de même qu’en association avec John Egan. 

« Malgré la suppression des tarifs préférentiels impériaux vers la fin des années 1840 qui nuit à ses affaires, Aumond reste un des plus importants producteurs de bois de la vallée de l’Outaouais », rappelle l’auteur Henri Pilon.

Puis, vers le milieu des années 1859, son entreprise connaît de sérieuses difficultés financières. Malgré qu’il se dise ruiné, il continuera d’exploiter son commerce de bois sur une plus petite échelle jusqu’à sa mort.

Aumond a donc joué un rôle prépondérant dans la promotion des intérêts du commerce du bois en Outaouais, ainsi qu’à Bytown.

Il fonde l’Ottawa Valley Lumber en s’associant avec John Egan en 1836, et fait la promotion du projet de construction d’un pont suspendu en fer sur l’Outaouais.

En 1846, Aumond et son partenaire Egan achètent deux bateaux à vapeur à John Molson de Montréal, pour desservir le lac Deschênes, à l’est des chutes du Chat, et le lac des Chats, à l’ouest des Chutes, sur l’Outaouais. 

Les deux itinéraires étaient alors reliés par un chemin de fer à traction hippique construit pas Aumond, Egan et Ruggles Wright.

M. Aumond devient le premier président de la Bytown and Montréal Telegraph en 1849 et administrateur de la Bytown and Aylmer Union Turnpike Company qui achèvera la route entre les deux villes en 1850. Il devient ensuite administrateur de la Consumers Gas Company, en 1854.

En tant qu’un des principaux industriels de la région, M. Aumond s’implique dans la vie civique à Ottawa, notamment comme organisateur du premier corps de pompiers de Bytown en 1838, puis membre de la première commission scolaire en 1842, et membre du premier Bureau de santé en 1847.

Il est défait aux élections de 1874 comme candidat conservateur dans la ville d’Ottawa en appuyant John A. Macdonald.

Nommé commandant du 4e bataillon de la milice de Carleton en 1847, il est promu lieutenant-colonel en 1856, puis colonel en 1869.

M. Aumond est mort à Ottawa le 9 novembre 1879.