Alonzo Wright, le «roi de Gatineau» repose au cimetière Beechwood.

Alonzo Wright, le « roi de la Gatineau »

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : celui qui a donné son nom à un pont qui enjambe la rivière Gatineau.

Alonzo Wright est le petit-fils de Philemon Wright, fondateur de la ville de Hull, et le gendre du richissime homme d’affaires Nicholas Sparks.

Né le 28 avril 1821 à Hull, Alonzo Wright est le fils aîné de Tiberius Wright et de Lois Ricker.

À la suite de la mort de son grand-père Philemon Wright et celle de son père Tiberius, la direction des affaires de la famille Wright est laissée entre les mains de Ruggles, rappelle Pierre-Louis Lapointe, dans une biographie publiée dans le Dictionnaire biographique du Canada.

Le partage à parts égales de l’héritage de Philemon père entre les fils Ruggles et Tiberius se transforme en paniers de crabes. Les héritiers de Tiberius accusent Ruggles de détournement de fonds à son profit et lancent plusieurs poursuites judiciaires contre lui. C’est Alonzo qui prend la direction de l’offensive contre son oncle.

Débuts modestes

En 1846, Alonzo devient entrepreneur forestier au moment où William Farmer, le locataire de la Gatineau Falls Farm depuis le 29 septembre 1834, décide d’abandonner la propriété qui comprend les scieries, les glissoires, les barrages et les concessions forestières. La propriété de M. Farmer est rétrocédée à la famille de Tiberius, ce qui oblige Alonzo à en assumer l’administration.

Son mariage à Mary Sparks, la fille de l’homme d’affaires Nicholas Sparks qui est propriétaire du centre névralgique de Bytown, l’assure d’une dot considérable. Malgré tout, il doit continuer le genre de vie qu’il avait avant son mariage comme entrepreneur forestier. Il va aussi travailler en forêt, comme le démontrent des lettres envoyées à son épouse. Son beau-père, Nicholas Sparks, avait lui-même épousé la veuve de Philemon Wright fils, Sarah Olmstead.

Ce n’est que plus tard qu’Alonzo Wright peut mener le genre de vie qu’il affectionne en devenant gentleman-farmer, ses rentes lui permettant de se consacrer à l’élevage de bovins et de chevaux de race. Il deviendra président de la Société d’agriculture du comté d’Ottawa et lieutenant-colonel dans la milice de réserve du comté d’Ottawa. Dans ce rude pays de l’Outaouais, il sera reconnu comme un seigneur que la résidence et le mode de vie princier consacreront comme le « roi de la Gatineau ».

Politicien aimé de tous

Sa carrière politique débute par son élection comme député de la circonscription d’Ottawa sous l’Union en 1863, qu’il représente jusqu’au 1er juillet 1867. Il conservera ensuite son siège après la Confédération et ce jusqu’en 1891 sous la bannière libérale-conservatrice. Ses interventions en Chambre retiennent l’attention. Bien au courant des besoins de la région de l’Outaouais, il en est le défenseur, bataillant pour l’amélioration des transports par la construction de canaux sur l’Outaouais et des chemins de fer.

Alonzo Wright présente le 21 mars 1870 le projet de loi sur les marques apposées sur le bois de construction, qui est applaudi par les entrepreneurs forestiers de la région parce qu’il règle le problème d’établissement du droit de propriété sur les billots.

Homme cultivé, il respectait la culture française et défendait l’égalité des deux peuples fondateurs. Pour lui, la grandeur du Canada passait ainsi par le respect de vertus typiquement britanniques soit le fair-play, la justice et la vérité.

Sa grande ouverture d’esprit, sa générosité et son hospitalité proverbiale firent d’Alonzo Wright l’un des hommes politiques les plus respectés de sa génération. Ses collègues des deux côtés de la chambre le fêtèrent à plusieurs reprises. Ami intime de son chef John Alexander Macdonald, il était aussi un ami personnel de Wilfrid Laurier, d’Honoré Mercier et de plusieurs autres.

Alonzo Wright, qui n’a pas eu d’enfant, est décédé le 7 janvier 1894 à Gatineau.