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L’explosion de 1910

Notre histoire

L’explosion de 1910

CAPSULE DE NOTRE HISTOIRE / Pendant plus d’un siècle, de nombreuses carrières ont été en exploitation à Gatineau, particulièrement dans le secteur Hull. Elles appartenaient à la famille Wright, à un certain Gibbons et à l’International Cement Co. devenu avant sa fermeture Ciment Lafarge Canada. Pour extraire de ces carrières les matériaux de construction — pierre, en chaux et ciment —, il fallait de puissants explosifs. C’est pourquoi, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, une industrie d’explosifs a pris naissance à Hull.

L’une des entreprises d’explosifs, la General Explosives Company of Montreal Ltd, a laissé de mauvais souvenirs. Elle s’installe à Hull en 1906, à l’extrémité sud de l’actuelle rue Émile-Bond, et ce, au grand dam des autorités municipales qui ne veulent plus d’une telle usine sur leur territoire. Elle a beau créer des emplois, mais le risque que font courir ses opérations est trop élevé. Devant l’obstination de la compagnie à poursuivre ses activités, le conseil municipal soumet l’affaire aux tribunaux en alléguant que la fabrique constituait une menace à la sécurité de la population. La compagnie prétend que son produit, qu’elle appelle « virite », ne présente aucun danger d’explosion et se met en frais de le prouver.

L’Affaire Savignac

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L’Affaire Savignac

CAPSULE DE NOTRE HISTOIRE / Joseph Savignac était un drôle de zigoto. Dans le recensement du Canada de 1901, pour la ville d’Ottawa, il se déclare être un Hydro Physician né en France le 28 janvier 1868, ce qui est faux. De fait, notre homme est issu de parents québécois pure laine et a vu le jour dans le comté de Lanaudière au Québec.

La famille de notre antihéros semble avoir été touchée par l’instabilité psychique ; plusieurs membres de sa famille ont été soignés à l’asile de Joliette et celle de Longue-Pointe.

Héros des Chaudières

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Héros des Chaudières

CHRONIQUE — NOTRE HISTOIRE / On a peine à imaginer, aujourd’hui, à quoi ressemblaient les rives de la rivière des Outaouais, à Hull et même à Ottawa, à la fin du XIXe siècle. Elles sont alors occupées par de hautes piles de planches coupées par les scieries – 6 millions de mètres dans les années 1850, 61 millions en 1871 –, pour la plupart situées aux Chaudières, c’est-à-dire de part et d’autre des chutes des Chaudières. Ces planches sont coupées par 1 200 scies activées par la seule force du courant des chutes. Dans les années 1880, les Chaudières constituent un immense complexe industriel où plus de 5 000 ouvriers suent sang et eau.

De nombreuses scieries sont établies à Hull. La vie des travailleurs de ces scieries est un véritable enfer digne des romans les plus sombres d’Émile Zola : l’ombre de Germinal planait sur les Chaudières ! On y travaille de 12 à 15 heures par jour, six jours par semaine, mais seulement six mois par année. Les accidents sont nombreux. Rien que dans les scieries de la E.B. Eddy, on a estimé à 562 le nombre d’ouvriers morts dans des accidents de travail de 1858 à 1888 ! Et bien que la loi interdise le travail des enfants avant l’âge de 12 ans, la réalité est tout autre. Dès l’âge de 10 ans, on les emploie dans les cours à bois, dans les écuries des grandes scieries ou au déblocage des machines enrayées parce que leur petite taille leur permet de se faufiler entre les engrenages des mécanismes... qui parfois se remettent en marche subitement. Quand un enfant meurt dans un accident de travail, on déclare qu’il s’est imprudemment aventuré dans la scierie en jouant !

Au XIXe siècle, les Chaudières étaient bien différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui ; le fameux barrage, appelé «ring dam», n’était pas encore construit et au printemps, les eaux de la grande Chaudière bouillonnaient avec une impétuosité impressionnante. On dit que, la nuit venue, quand les scieries s’étaient tues, le bruit de l’eau qui tombait avec fracas sur les rochers s’entendait à cinq kilomètres à la ronde.

Spectacle aux Chaudières

Les chutes Chaudières constituaient à elles seules un spectacle impressionnant. C’était alors un merveilleux endroit pour accomplir un exploit. D’autant plus que la ville d’Ottawa, devenue depuis peu la capitale du Canada-Uni, comptait parmi sa population une pléthore de correspondants de presse à l’affût de nouvelles spectaculaires.

La nouvelle notoriété d’Ottawa y attire le funambule Guillermo Farini, de son vrai nom William Leonard Hunt, un homme originaire de Port Hope, Ontario, qui veut hausser sa popularité au pays en franchissant les chutes des Chaudières sur un fil de fer. Farini, 28 ans, n’en est pas à ses premières armes comme casse-cou. À l’été de 1860, il a franchi les célèbres chutes du Niagara à plusieurs reprises devant des milliers de spectateurs ébahis.

La légende du lac des Fées

Notre histoire

La légende du lac des Fées

Les chagrins d’amour, qui parfois «durent toute la vie», ne sont pas toujours dus à l’intransigeance des parents. De tout temps, il y a eu de jeunes hommes volages pour briser le coeur de leur fiancée et des jeunes filles capricieuses pour faire subir mille tourments à leur soupirant. L’inconstance amoureuse est au moins aussi ancienne que les relations hommes femmes, comme le prouve la plus vieille histoire d’amour de l’Outaouais.

Il y a de nombreuses lunes, bien avant l’arrivée de l’Européen dans notre région, le territoire de la ville de Gatineau était couvert d’une dense forêt giboyeuse, parsemée de lacs poissonneux. Une paisible tribu algonquine y coulait des jours heureux sur le bord d’un lac aux eaux limpides et profondes, le lac des Fées. Ik8é, la fille du chef, était aimée de deux braves et vaillants guerriers de sa nation. Mais la jeune Amérindienne à l’humeur volage tardait à jeter son dévolu sur l’un ou l’autre de ses valeureux prétendants et elle avait demandé à son père quelle épreuve les deux guerriers devraient subir pour mériter son cœur.

Les cimetières de l’Outaouais

Notre histoire

Les cimetières de l’Outaouais

Fidèle reflet de nos villes, le cimetière immortalise l’individu, mais aussi sa classe sociale et parfois son appartenance ethnique. On trouve là des stèles de toutes les époques de notre histoire locale, des pierres qui marquent les lieux de sépulture d’illustres personnages d’autrefois, des croix de fer si rouillées qu’on n’y distingue plus les noms qui y ont été gravés jadis et, bien souvent, une fosse commune où on y ensevelit les sans-le-sou, les plus humbles de notre société où les pendus, et les individus non identifiés.

Longtemps, les morts ont été inhumés dans un cimetière qui était situé tout autour de l’église. À cause de la communion qui unit tous les fidèles, l’Église désirait que les morts demeurent près des vivants. Les « meilleures places » étaient celles qui entouraient le mur de l’église, car elles « reçoivent la pluie du ciel qui a dégouliné sur le toit d’un édifice béni ».

On a aussi inhumé dans les églises. La tradition veut que les plus pieux (ou les plus riches ou encore les plus puissants) soient enterrés le plus près possible du chœur et ainsi de suite par cercles concentriques jusqu’aux limites du cimetière. Dans la région, on trouve dans la cathédrale Notre-Dame, à Ottawa, les tombes des évêques et archevêques.

Nos cimetières regorgent d’art et d’histoire et pourtant nous les visitons si peu. Dans celui de Montebello, le calvaire est l’œuvre du réputé sculpteur sur bois Louis Jobin (1845-1928) dont l’atelier était situé à Sainte-Anne-de-Beaupré. Le Calvaire est composé de trois personnages : un Christ en croix, la Vierge et Marie-Madeleine. Jobin a aussi sculpté une Sainte-Anne en compagnie de sa fille Marie.

On trouve encore dans nos cimetières le souvenir de nombreux personnages de notre histoire. Ainsi, dans le cimetière de St. James, boulevard Taché, à Hull, se dresse fièrement, dans un enclos borné par des clôtures de fer, un obélisque de granit rose qui indique le lieu de sépulture des fondateurs de Hull, Philemon Wright, et de son épouse, Abigail Wyman. L’obélisque est entouré de monuments plus petits qui marquent les tombes de ses nombreux descendants. Une vieille pierre nous rappelle la mémoire du matelot, Reuben Traveller, qui a participé à la fameuse bataille navale de Trafalgar, en 1805, quand l’amiral Nelson a vaincu la flotte de Napoléon. L’escalier de pierre qui mène à la sépulture de la famille William Francis Scott, ancien maire de Hull, est envahi par des pousses d’arbres et d’arbustes. Plus ou moins bien entretenu, St. James ressemble de plus en plus à un décor pour films d’horreur.

Boulevard Fournier, à Hull, se trouve le  cimetière Notre-Dame d’une superficie de 13 hectares ; malheureusement, il manque d’arbres comme plusieurs autres cimetières de l’Outaouais. On a commencé à y enterrer les morts en 1872 et de 1886 aux années 1930, on y aurait recueilli plus de 45 000 dépouilles ! Le portail d’entrée en pierre taillée a été construit en 1902 d’après les plans de l’architecte hullois, Charles Brodeur. Il est surmonté d’une statue de l’Ange de la mort sonnant la trompette du jugement dernier. Fabriquée en cuivre martelé, la statue a été réalisée par le fameux sculpteur montréalais Arthur Vincent, (1852-1903) dont c’est la dernière œuvre d’importance.

Hull réduite en cendres

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Hull réduite en cendres

CHRONIQUE — NOTRE HISTOIRE / Hull, le soir du 25 avril 1900. La famille Guimond — Napoléon, 21 ans, son épouse Malvina Forget, 19 ans, et leur enfant de 8 mois, Lorenzo —, emménageait au 101 de la rue Chaudière (Saint-Rédempteur), sur la falaise surplombant le petit lac Minnow. Le lendemain matin — un jeudi —, un soleil radieux luttait contre le fort vent du nord-ouest qui balayait les toits de bardeaux noircis des maisonnettes. Jusqu’à ce jour, le printemps avait été plutôt doux, et en ce matin tragique du 26 avril le mercure indiquait 17,2 °C. Napoléon Guimond s’était levé de bon matin pour aller travailler. 

Vers 10 h 45, la jeune épouse de Napoléon activa le poêle pour préparer le dîner. Mais la cheminée prit feu une quinzaine de minutes plus tard. De l’autre côté du lac Minnow, une dame Robinson essaya, par des gestes larges et des grands cris, d’avertir la jeune femme qui, occupée à la préparation du repas du midi, ne s’était aperçue de rien. Des voisines, qui avaient entendu les cris puis remarqué les langues de feu léchant les planches de bardeaux, alertèrent l’infortunée locataire. Mais comme le vent soufflait à plus de 65 km à l’heure, les flammes embrasèrent rapidement le toit de la maisonnette pour se communiquer à une grange, puis aux maisons avoisinantes qui étaient entassées les unes contre les autres.

Les pompiers furent promptement appelés sur les lieux. Mais, à leur arrivée, l’incendie était déjà devenu conflagration. On demanda tout de suite à Hull la brigade des pompiers d’Ottawa qui, malgré ses deux pompes à incendie, ses huit dévidoirs à boyaux et sa voiture à échelle pivotante, fut tout aussi impuissante devant l’océan de flammes qui déferlait sur la ville. La chaleur était telle qu’aucun pompier ne pouvait s’approcher à moins de 30 mètres du brasier. Puis la brigade des pompiers E.B. Eddy et la brigade Union sont entrées en action, sans plus de succès. L’incendie se déplaçait à un rythme d’enfer. Des fragments de bardeaux en feu, poussés par le vent, se détachaient des toits des maisons pour aller choir sur d’autres toits de bardeaux qui s’enflammaient à leur tour. Les scieries firent alors entendre leurs sifflets dont le chant, lugubre appelait les milliers de travailleurs à combattre l’incendie qui menaçait les grandes industries des Chaudières. Devant l’intensité des flammes qui enveloppaient les maisons les unes après les autres et la chaleur insupportable qui leur grillait le visage, les pompiers retraitaient. À 11 h 30, le feu avait déjà consumé une partie des rues Chaudière, Wright, Wellington et Main (promenade du Portage). Au milieu des maisons qui flambaient comme des torches pour ensuite s’effondrer dans d’affreux craquements, la population apeurée se hâtait de mettre ses meubles à l’abri. Des gens affolés et chargés de ce qu’ils avaient de plus précieux emplissaient les rues, se coudoyant, se bousculant et semant ici et là des parties de leur fardeau. Des femmes effarées sortaient de leur maison en toute hâte et imploraient les passants de sauver leurs biens. Le crépitement des flammes, l’écroulement des maisons, le hennissement des chevaux effrayés, accompagnés par le roulement d’une centaine de voitures chargées d’effets mobiliers qui défilaient dans les rues produisaient un vacarme assourdissant. Ceux qui n’avaient pas de voitures transportaient leurs effets d’un endroit à l’autre, et au fur et à mesure que l’élément destructeur progressait.

Quand les trains voguaient sur la rivière

Notre histoire

Quand les trains voguaient sur la rivière

CHRONIQUE – NOTRE HISTOIRE / Pendant une centaine d’années, la population outaouaise a principalement vécu de l’exploitation de la forêt de la Gatineau, de la Petite-Nation et du Pontiac. Les grands pins blancs et les chênes de la forêt outaouaise, une fois équarris, étaient exportés en Europe où ils ont été employés, de 1806 à 1840, à maintenir l’hégémonie des flottes commerciales et militaires de l’Empire britannique. Puis, ces arbres, de même que d’autres essences, ont été découpés en planches et exportés principalement vers les États-Unis. Cette industrie a véritablement donné naissance à nombre de municipalités outaouaises dont Gatineau, l’ancienne ville de Hull et Maniwaki.

C’est Philemon Wright qui, le premier, expédie à Québec, par la rivière des Outaouais depuis l’embouchure de la rivière Gatineau, le premier train de bois équarri le 11 juin 1806. Nommé Columbo, il est composé de 50 cages qui forment un train ; les gens qui pilotent ces trains sont alors désignés sous le nom de raftsmen, c’est-à-dire cageux. Les trains de bois vogueront sur l’Outaouais jusqu’en 1908. Toutefois, la J.R. Booth les ressuscitera provisoirement en 1925 et 1930 pour expédier en Grande-Bretagne le bois nécessaire à la construction des ponts des navires de guerre britannique.

Des héros ordinaires

Notre histoire

Des héros ordinaires

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, les véritables héroïnes et héros de notre coin de pays ont rarement une rue ou une école à leur nom. Ces distinctions honorifiques sont généralement réservées aux politiciens, aux gens d’affaires et aux vedettes du sport. Je veux aujourd’hui rappeler la mémoire de quelques-unes de ces personnes, dont deux qui sont allés jusqu’au sacrifice suprême. Croyez-le ou non, il est arrivé que l’on rende hommage à la victime sauvée plutôt qu’à ses sauveteurs.

Nous sommes le 22 avril 1896, à la Pointe-Gatineau. La rivière Gatineau déborde sur le chemin qui passe juste devant l’église Saint-François-de-Sales. Ce jour-là, la marquise d’Arberdeen, Ishbel Maria Marjoribank (1857-1939), épouse du gouverneur général du Canada, sir John Campbell Hamilton Gordon, marquis d’Aberdeen et de Temair, est en visite chez le curé Champagne. En effet, le couple aimait beaucoup à s’entretenir avec Isidore Champagne qui avait la réputation d’être un très bon musicien. Non seulement allait-il visiter le curé à son presbytère, mais le couple l’accueillait aussi à Rideau Hall. Le pieux Lord Aberdeen avait fait installer un nouvel orgue dans sa chapelle privée et avait voulu le faire essayer par le curé Champagne. 

Le marquis et son épouse sortent du presbytère Saint-François-de-Sales pour embarquer dans leur calèche en compagnie du capitaine John Sinclair et de leur cocher, les chevaux prennent le mors aux dents et partent à l’épouvante. Trois braves pointes-Gatinois s’adonnaient à passer par là au même moment. N’écoutant que leur courage, Charles Carrière, Bénoni Tremblay et Félix Bigras se précipitent sans hésiter à l’aide des victimes qu’ils sauvent de la noyade (les chevaux se sont noyés).

Pour témoigner de sa gratitude, les d’Aberdeen et John Sinclair remettent à la paroisse Saint-François-de-Sales, une cloche de 1 464 livres, fondue à Londres et bénie le 9 mai 1897 en présence des d’Aberdeen, du premier ministre Wilfrid Laurier, de ministres et de 2 000 personnes. La cloche est alors nommée Ishbel en l’honneur de la marquise.

Et, quand il s’est agi de désigner le pont qui enjambe la Gatineau près de l’église, c’est le nom Aberdeen qui a été retenu. Quant aux trois héros du sauvetage du 22 avril 1896, seuls deux livres notent au passage leur rôle de sauveteurs.

Le sacrifice ultime 

Quel sacrifice que celui de risquer sa vie pour sauver celle de son prochain ! J’ai connaissance de deux héros totalement ignorés dans nos villes. Marie Crevier, en religion sœur Cécile (religieuse de la Providence), travaillait à l’hôpital du Sacré-Cœur (rue Laurier, à Gatineau, là où passe aujourd’hui le pont Cartier Macdonald) quand, le 25 décembre 1928, le feu se déclare dans une chute à linge de l’immeuble. N’écoutant que son courage, elle sauve de l’incendie des bébés de la pouponnière, dont une collègue généalogiste, Jeannette Thibault, et meurt en combattant les flammes. Marie Crevier n’a ni rue ni monument à son nom.

Pour Lucien Dériger, le destin frappe à sa porte le 17 novembre 1955. Cette nuit-là, une neige mouillée tombe abondamment sur la ville de Hull. Vers minuit quarante-cinq, le feu éclate au deuxième étage de l’immeuble à logements qui en compte trois et où il est locataire, c’est-à-dire au 124, de la rue Montcalm.

Très rapidement, le feu se propage dans un couloir et gagne le deuxième étage. Un garçonnet de neuf ans, Yvon Bélisle, qui habite au premier étage avec sa mère, ses frères et ses sœurs, se réveille et sent la fumée qui envahit le logis. Il court réveiller sa mère qui se met à chercher le feu. En ouvrant la porte du couloir de l’immeuble, elle voit des flammes. Elle réveille ses filles, dont une est sourde et muette. Au même moment, son fils Prospère arrive à la maison en compagnie d’un ami quand il entend des cris. Il regarde vers les fenêtres du haut de l’immeuble et y voit sa mère et ses deux sœurs. Le restaurateur Eugène Blondin, voisin de l’immeuble en flammes, crie à la famille Bélisle de sauter. La mère saute. Son fils et le restaurateur amortissent sa chute. Puis, les filles sautent à tour de rôle. Mais Yvon ne se montre pas à la fenêtre. Où est-il, se demande Prospère nerveux et inquiet ? Pourquoi ne saute-t-il pas ? Il déclarera plus tard à un journaliste : «De tous les bruits qu’il y avait, je ne peux me souvenir que des hurlements et des cris. C’était terrible. J’en étais malade!»

Lucien Dériger, qui vit au deuxième étage du bâtiment en flammes, tire du sommeil sa femme et lui dit de sortir avec les enfants par la chambre de Robert et court réveiller les occupants de l’immeuble. Il va porter secours à ses voisins. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois peut-être, il entre dans le bâtiment où le feu fait rage pour conduire des enfants, des femmes, des vieillards aux différentes issues d’où ils peuvent sortir ou sauter. La troisième ou quatrième fois, un plafond en flammes s’abat sur lui et le tue net.

Malgré le sacrifice suprême de Lucien Dériger, le bilan de l’incendie est lourd : 5 morts et 8 blessés. Parmi ces morts, le jeune Yvon Bélisle, le garçon qui a alerté sa mère. On le trouve affaissé sur le sol, étouffé par la fumée. Outre Lucien Dériger, les autres victimes sont Antonin Parent, son épouse Monique Côté et leur fille Diane. Ni immeuble, ni rue, ni place ne rappellent le sacrifice de Lucien Dériger !

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Raymond Ouimet est le fondateur de la revue d’archives, d’histoire et du patrimoine de l’Outaouais, Hier encore. Ce texte est tiré de son blogue personnel consacré à l’histoire, et plus particulièrement à celle de l’Outaouais. À découvrir à l’adresse suivante : raymond-ouimet.e-monsite.com

Les Algonquins de la vallée de l’Outaouais

Histoire

Les Algonquins de la vallée de l’Outaouais

CAPSULE DE NOTRE HISTOIRE / On trouve des vestiges archéologiques anciens non seulement à Gatineau, mais aussi à Plaisance, à l’île aux Allumettes, aux Rapides-des-Joachims et à de nombreux autres endroits. Ces vestiges démontrent une occupation continue de l’Outaouais depuis plus de 5 000 ans. Ces humains des temps anciens pourraient être les ancêtres des six groupes algonquins.

Quand Jacques Cartier se rend à Hochelaga (Montréal) en 1534-1535, il y trouve des Iroquoiens qui vivent dans un gros village fortifié. Ces Iroquoiens lui disent que sur l’Outaouais, il y a des Agojudas, c’est-à-dire des mauvaises gens «armées jusque sus les doigts». «Mais c’est Champlain qui est le premier à attribuer le nom d’Algonquins (Algoumekins) à un groupe spécifique d’autochtones rencontré à Tadoussac en 1603. Cependant, ces Amérindiens s’identifient eux-mêmes comme Anishnabeks. On pense que le mot Algoumekin s’agit d’un terme malécite (etchemin) qui signifie «ceux-ci sont nos alliés.»

La grippe espagnole en Outaouais et à Ottawa

Notre histoire

La grippe espagnole en Outaouais et à Ottawa

Depuis plusieurs semaines, la COVID-19 fait les manchettes des médias d’information du monde entier. Ce n’est pas la première fois, dans notre histoire, qu’une maladie mortelle frappe notre continent. En 1918, c’est la grippe espagnole qui a fait des siennes en tuant entre 20 millions et 40 millions de personnes en 1918-1919. L’Outaouais n’avait pas échappé à cette grippe.

Le terme «grippe» vient du mot allemand grippen (saisir) et il a été introduit en Europe lors de l’épidémie de 1742. Il met en relief la soudaineté de l’affection. Les Italiens ont donné à cette maladie le nom d’influenza qui souligne l’influence du froid dans le déclenchement des épidémies. Les Anglo-Saxons l’ont adopté pour en faire l’abréviation flu. La grippe, qualifiée à tort d’espagnole, a pris naissance en Extrême-Orient. À l’automne de 1917, les Allemands l’ont signalé sur le front de l’est, en Russie, et en avril 1918 elle fait son apparition en Allemagne et en France. En mai suivant, elle frappe à Madrid au moment même où une grande affluence de personnes vient visiter la capitale espagnole et dans l’ouest des États-Unis.

Le poète hullois Antonio Desjardins

Notre histoire

Le poète hullois Antonio Desjardins

L’Outaouais, et plus particulièrement Gatineau, peut s’enorgueillir d’avoir donné naissance à plusieurs poètes dont la qualité des écrits se compare avantageusement avec ceux des meilleurs poètes canadiens. L’un d’entre eux sort du lot : Antonio Desjardins que les spécialistes du domaine rapprochent du célèbre Émile Nelligan.

Marie Joseph Dollard Antonio Desjardins naît à Gatineau (Hull) le 22 septembre 1894 du mariage de Michel Desjardins, avocat, avec Aglaé Chevrier. Poète, journaliste, littérateur et philosophe, Michel Desjardins transmet ses qualités artistiques à trois de ses cinq enfants, Rosemonde, Rosalba et Antonio. Si les deux filles sont musiciennes (Rosemonde fera une remarquable carrière de cantatrice en Europe), le fils lui est assez éclectique, comme on le verra.

Le drame de l’Allumière Canada Match

Notre histoire

Le drame de l’Allumière Canada Match

15 mars 1933. Les employés de l’Allumière Canada Match – fabrique d’allumettes située sur l’actuelle rue Dumas, dans le secteur Hull –, se rendent à l’usine comme tous les jours. Germaine Cyr, 26 ans, a le cœur léger. La veille, ses amis l’ont fêtée en prévision de son mariage prochain. Fiancée depuis Noël, elle s’amuse, chemin faisant, à comparer sa bague de fiançailles avec celle d’une compagne de travail. Émile Paquette, qui a célébré ses 36 ans la veille, doit être aussi joyeux que Laura Lacelle, qui a 39 ans ce jour-là.

À 7 h 30, tous les employés sont à leur poste. L’usine est divisée en plusieurs pièces réparties entre le premier étage et le rez-de-chaussée. À l’étage se trouvent le réfectoire qui sert de vestiaire, l’atelier de composition chimique, l’atelier de trempage et d’empaquetage des allumettes et un bureau ; le rez-de-chaussée comprend l’atelier de préparation du bois et l’entrepôt d’allumettes. Dans l’atelier principal, une machine trempe les bâtonnets dans une solution composée de phosphore et de soufre puis les dépose sur une courroie où ils sèchent avant d’être mis dans des boîtes empaquetées ensuite dans des caisses.

L’assassinat du courrier de la Banque Provinciale

Notre histoire

L’assassinat du courrier de la Banque Provinciale

À l’époque de la crise économique de 1929, la vie dans l’ancienne ville de Hull est bien difficile. Outre son taux de chômage qui frôle les 37 % de la main d’œuvre active, son taux de mortalité est de 18,2 pour 1 000 habitants, soit le plus élevé du Québec. Pour subvenir à ses besoins, une famille de cinq personnes a besoin de 2 000 $ par année, mais peu d’emplois permettent de gagner un tel revenu.

Les syndicats catholiques protestent, en 1932, contre les salaires qui y sont payés dans la région de la Gatineau où les employés de la forêt ne touchent que de 0,06 $ à 6 $ par mois.

Le pont Royal Alexandra, le lien centenaire entre Gatineau et Ottawa

Notre histoire

Le pont Royal Alexandra, le lien centenaire entre Gatineau et Ottawa

Il y a à peine deux ans, on projetait d’illuminer le pont Interprovincial, dont le nom officiel est Royal Alexandra, d’autant plus que les autorités fédérales et locales le considéraient comme un joyau patrimonial. Puis, récemment, les autorités fédérales ont annoncé qu’elles prévoient le détruire d’ici cinq à dix ans, et ce, pour le remplacer par une nouvelle structure.

C’est en 1868 que le gouvernement du Québec commence à réfléchir à la construction d’un second pont sur l’Outaouais pour relier le canton de Hull à la capitale fédérale, Ottawa. Ce projet de pont ne suscite guère d’intérêt chez les Hullois d’abord soucieux d’obtenir un pont sur la Gatineau alors que les autorités de Pointe-Gatineau font la promotion d’un pont qui relierait leur village à Ottawa. Toujours est-il qu’en 1890, un regroupement d’hommes d’affaires, de députés, de sénateurs et de quelques citoyens proposent de construire un pont à péage pour les trains, les voitures et les piétons entre la pointe Nepean, à Ottawa, et la ville de Hull. Les conseils municipaux de Hull et d’Ottawa approuvent le projet, bien que le Sénat remette en question son esthétique, qui prévoit que le début de la construction du pont commence en 1892 pour se terminer en 1895.

La construction du pont

Le lancement des travaux a lieu le 20 avril 1892, mais la construction est sitôt reportée de plusieurs années à cause de problèmes de financement. Grâce à l’investissement de la Ottawa Northern and Western Railway, dans la compagnie Ottawa Interprovincial Bridge, l’entreprise H.J. Beemer, de Montréal, entreprend les travaux le 7 octobre 1899. Le montage de la structure d’acier est confié à la compagnie Dominion Bridge de Lachine. La construction des fondations constitue une tâche difficile à cause d’une couche de dépôts de bran de scie et de déchets, accumulée au fond de la rivière depuis un siècle, qui pouvait atteindre une épaisseur de plus de 15 mètres.

Le pont large de 19 mètres et d’une longueur de 563 mètres doit avoir cinq travées. La voie ferrée passera au centre avec une seule voie pour les voitures alors que le tramway électrique passera de chaque côté. La travée principale du pont, de 169 mètres, est la plus longue au Canada en 1901 et la quatrième au monde. Les tours des piliers culminent à 29 mètres. Le Grand Feu de 1900, qui détruit 40 % de la Ville de Hull, ralentit à peine les travaux de construction du pont. En effet, le 12 décembre 1900, une locomotive y fait un parcours d’essai et le 18 février 1901, à 9 h 19, on ouvre officiellement le pont à la circulation. Un certain Noël Valiquette, propriétaire de l’Hôtel Cottage, à Hull, brise la traditionnelle bouteille de champagne sur la locomotive du premier train régulier qui franchit le pont le 22 avril 1901. Outre la locomotive et son fourgon, le convoi, en provenance de Gracefield, était composé de quatre wagons de passagers. Un certain Jean Lauzon, de la rue Saint-Hyacinthe, a été le premier Hullois à acheter son billet de train pour se rendre à Ottawa.

Un changement de nom

À l’inauguration du pont, celui-ci est tout simplement appelé pont Interprovincial. Mais de nombreuses personnes l’appellent du nom de son constructeur, Beemer. Puis en septembre 1901, on change son nom pour Royal Alexandra, en l’honneur de l’épouse du roi George X, Alexandra du Danemark (1844-1925), durant la visite du duc de Cornwall (il deviendra le roi George V en 1910), fils de ladite reine. Toutefois, jusque dans les années 1980, tant la population que les médias continuent à l’appeler pont Interprovincial.

Le pont Interprovincial est sans contredit le pont le plus imposant de la rivière des Outaouais. Travaux publics prétend que le pont Royal Alexandra coûte trop cher en entretien. Plus que celui de Québec ? Le pont de Québec, dont la structure est aussi métallique, a été inauguré en 1917 et a été désigné lieu historique national du Canada en 1995. On peut se permettre d’en douter d’autant plus qu’il soit connu que les ponts à structure d’acier peuvent être réparés par section au lieu d’être démolis. Alors, quel est l’objectif caché du gouvernement fédéral dans ce dossier ?

Raymond Ouimet est le fondateur de la revue d’archives, d’histoire et du patrimoine de l’Outaouais, Hier encore. Ce texte est tiré de son blogue personnel consacré à l’histoire, et plus particulièrement à celle de l’Outaouais. À découvrir ici.

Des communistes à la prison de Hull

Notre histoire

Des communistes à la prison de Hull

CHRONIQUE — NOTRE HISTOIRE / Au cours des années 1930, les luttes sociales au Canada n’étaient pas très différentes de celles qui avaient cours dans d’autres pays du monde. Il y avait des communistes, nombreux (16 000 membres en règle en 1939), et des fascistes, moins nombreux (environ 3 000 membres). Les communistes inquiétaient le pouvoir politique en place parce qu’ils remettaient en question l’ordre social et le capitalisme. Quant aux fascistes, ils inquiétaient moins : plusieurs politiciens, policiers et militaires partageaient leurs idées d’extrême droite et leur racisme, et, de plus, les fascistes étaient… anticommunistes !

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie attaque la Pologne, suivie par l’Union soviétique (l’actuelle Russie), prenant ainsi en sandwich les Polonais. Trois semaines plus tard, la Pologne est dépecée. Le 10 septembre, le Canada déclare la guerre à l’Allemagne, mais fait inexplicable, pas à l’Union soviétique qui est pourtant aussi un agresseur.

Une provocation orangiste à Hull

Notre histoire

Une provocation orangiste à Hull

CAPSULE NOTRE HISTOIRE / L’Ordre d’Orange est une société fraternelle protestante fondée en 1795 en Irlande pour commémorer la victoire de Guillaume d’Orange (Guillaume III d’Angleterre, né Orange-Nassau aux Pays-Bas en 1650 et décédé 1702) sur les catholiques lors de la bataille de la Boyne en 1690.

La Grande Loge d’Orange d’Amérique du Nord britannique a été fondée en janvier 1830 à Brockville dans le Haut-Canada (Ontario). En 1844, l’influence électorale des orangistes était telle que John A. Macdonald (premier ministre) est devenu membre de l’Ordre. Cet ordre réputé ultra-protestant et fanatique est franchement hostile aux catholiques et aux francophones. 

Provoquer pour provoquer

Année après année, l’Ordre a l’absurde tradition de défiler dans les rues des quartiers catholiques de Belfast, en Irlande du Nord, pour rappeler à ses habitants leur défaite de 1690. C’est évidemment une belle façon de mettre le feu aux poudres…

Au printemps 1911, les orangistes décident de venir célébrer dans l’ancienne ville de Hull (Gatineau) la victoire de leurs coreligionnaires à la bataille de la Boyne. On s’attend à ce que 10 000 à 12 000 orangistes défilent dans les rues de la ville le 12 juillet, et ce, dans le but de « faire l’éducation du peuple » ! Rapidement s’élève un concert de protestations. Se sentant provoquer dans leur foi catholique, le Cercle Reboul, l’Alliance nationale, l’Ordre des forestiers du Canada, la Congrégation des jeunes gens de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, et même la Commission scolaire locale demandent au maire Urgel Archambault d’intervenir et d’empêcher les orangistes de venir célébrer à Hull, ville dont la population est à plus de 90 % catholique.

L’ultramontain maire Archambault (il consacrera la ville au Sacré-Cœur), qui anticipe du désordre, écrit alors au grand maître des orangistes, un certain T. S. Sproule, pour qu’il dissuade son organisation de venir célébrer en Outaouais. Sproule lui répond que les orangistes n’ont aucunement l’intention de provoquer la population hulloise, mais veulent tout simplement « jouir des droits que tout libre sujet britannique possède dans un pays protestant qui, par sa constitution, garantit liberté et droits égaux a tous ». Enfin, Sproule écrit qu’il n’a pas le pouvoir de modifier les décisions de son ordre et que le 12 juillet suivant, les Hullois n’auront qu’à vaquer à leurs occupations habituelles…

L’impuissance du maire

Il y a dans la lettre de Sproule un air de mauvaise foi. En effet, quelques jours plus tard, les citoyens apprennent que le défilé des orangistes traversera toute la ville et qu’il passera même devant l’église Notre-Dame-de-Grâce !

Les autorités religieuses catholiques de la ville demandent aux fidèles de ne pas intervenir dans la fête orangiste et le maire demande à ses concitoyens de déserter les rues le 12 juillet. De fait, le maire Archambault ne voit pas d’objection à ce que les orangistes tiennent leur pique-nique annuel à Hull, mais estime que leur défilé est une provocation à l’endroit des catholiques et, plus particulièrement, à l’endroit de la petite minorité irlandaise catholique de Hull, ce en quoi il avait raison.

Le journal Le Temps appuie évidemment le maire de Hull. Mais les journaux de langue anglaise estiment que ce défilé aura une influence salutaire sur la population en général et sur le maire et la police en particulier. Un pasteur méthodiste exhorte les orangistes à ne pas battre en retraite et déclare : « Cette colonie est anglaise […] ! » Et il a raison : le Canada est toujours une colonie anglaise sans constitution, sans nationalité, sans drapeau, sans hymne national.

Le 12 juillet 1911, comme promis, les orangistes défilent à Hull. Mais au lieu des 10 000 à 12 000 membres promis, il n’y en a que quelques centaines qui marchent dans la ville. Et à la demande des orangistes locaux, le défilé s’abstient de passer devant l’église paroissiale. Les rues de la ville sont désertes. Il n’y a qu’un seul incident vite étouffé par la police locale. Quant au pique-nique, il n’attire que 1 200 à 1 300 orangistes. L’un des organisateurs de la fête, le révérend Boyce, conclut la journée en déclarant qu’il fallait rendre justice aux catholiques romains qui n’avaient déclenché aucun incident pouvant offenser les orangistes. Et il ajoute que le maire de Hull avait sérieusement besoin d’un tonique pour ses nerfs !

Raymond Ouimet est le fondateur de la revue d’archives, d’histoire et du patrimoine de l’Outaouais, Hier encore. Ce texte est tiré de son blogue personnel consacré à l’histoire, et plus particulièrement à celle de l’Outaouais. À découvrir à l’adresse suivante : http://raymond-ouimet.e-monsite.com

Un service d’incendie mal aimé à Hull

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Un service d’incendie mal aimé à Hull

Le 10 août 1906, une partie de la ville de Hull était la proie des flammes : 38 maisons avaient brûlé dans ce que l’on a appelé le « feu du calvaire ». C’était la troisième fois, en six ans, que les Hullois voyaient leur ville menacée de destruction. En 1900, un incendie avait rasé plus de 1 300 bâtiments. En dépit de ces destructions, les autorités municipales font peu pour améliorer les services de lutte contre l’incendie qui n’ont qu’une seule caserne, une pompe à incendie manuelle et quelques voitures hippomobiles à échelles.

Un seul politicien a compris qu’il faut de toute urgence améliorer la protection contre le feu : le docteur Urgel Archambault. Le docteur est relativement nouveau en politique, car il a fait son entrée au conseil municipal en janvier 1905 comme représentant du quartier 3. En 1907, il propose l’emprunt de 20 000 dollars pour la construction de deux casernes d’incendie, l’achat d’une pompe à vapeur et de l’équipement. Le conseil municipal adopte, du bout des lèvres, la proposition du médecin. L’emprunt devant être soumis par référendum à la population, on lui accole un autre règlement d’emprunt pour l’achat d’un nouveau concasseur, l’installation de nouvelles lumières électriques, etc., qui fait grimper le tout à 68 000 dollars alors que le budget de la municipalité n’est que de 108 000 dollars.

Deux généreux Gatinois d’adoption

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Deux généreux Gatinois d’adoption

Chaque semaine, Le Droit vous replonge dans le passé pour vous faire découvrir, une page à la fois, l’histoire de la région. Aujourd’hui : le centre communautaire Gérard-Pezzani et rue de l’Abbé-Ginguet.

Gérard Pezzani

Nommé en l’honneur de l’ancien directeur adjoint d’Adojeune, le centre communautaire Gérard-Pezzani est situé au 22 rue d’Auvergne à Gatineau.

Le succès improbable d’une faculté de médecine

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Le succès improbable d’une faculté de médecine

Chaque semaine, Le Droit vous replonge dans le passé pour vous faire découvrir, une page à la fois, l’histoire de la région. Aujourd’hui : la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa et ses héros méconnus.

Malgré des débuts en apparence assez bancals, la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa a réussi à faire sa place et célèbre son 75e anniversaire en 2020 en occupant une place de choix à l’international.

Selon Dre Susan Lamb, titulaire de la chaire Jason A. Hannah de l’histoire de la médecine à l’Université d’Ottawa, l’idée même d’établir une nouvelle faculté de médecine au milieu du 20e siècle alors que la pratique de la médecine se complexifiait était perçue comme étant irréaliste.

Les Oblats ont toutefois confié la mission de fonder cette faculté à un homme créatif et déterminé : le père Lorenzo Danis.

Le Carré Bourque-Hudson et la maison Parker-Lindsay d’Aylmer

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Le Carré Bourque-Hudson et la maison Parker-Lindsay d’Aylmer

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le Carré Bourque-Hudson.

Parmi les 80 maisons patrimoniales qui donnent un cachet unique au vieux-Aylmer, il y a la maison la maison Bourque-Prentiss, du 104 et 112 rue Principale (en face de la Place des Pionniers), et la maison Parker-Lindsay, du 7 rue Front.

La maison Bourque-Prentiss a été construite par Raymond Bourque en 1860, un pilote de bateau ayant vécu à Aylmer pendant une vingtaine d’années.

L’édifice de la Banque-de-Montréal et son style Beaux-Arts

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L’édifice de la Banque-de-Montréal et son style Beaux-Arts

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : l’édifice de la Banque-de-Montréal.

Une ancienne succursale bancaire située à l’intersection de la promenade du Portage et de la rue Eddy fait partie du patrimoine immobilier du secteur Hull à Gatineau.

Le père Georges Bouillon, architecte religieux

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Le père Georges Bouillon, architecte religieux

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le père Georges Bouillon.

Le père Georges Bouillon n’avait pas de véritable formation en architecture, mais il est devenu par la force des choses architecte et décorateur de plusieurs églises construites dans la région.

L’ancienne gare de Montebello

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L’ancienne gare de Montebello

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : la gare de Montebello.

La gare de Montebello a été construite en 1931 par le Canadien Pacifique, avec une architecture de style « chalet suisse », qui s’agence avec le style en bois rond du Château Montebello situé non loin. 

Dessinée par les architectes Kent et White, la gare a été construite avec des billots de cèdre rouge montés à l’horizontale, selon une technique scandinave, d’après les archives du Répertoire du patrimoine culturel du Québec. 

Les billots provenaient des surplus arrivés à la Petite-Nation de la Colombie-Britannique et l’Ouest canadien par trains du CP pour l’érection du Château Montebello. 

Cette gare se trouvait dans l’axe du circuit transcontinental reliant les villes québécoises, canadiennes et américaines, dont Montréal, Ottawa, Québec, Chicago, Buffalo, Pittsburgh, Cleveland, Boston et New York. 

Toutefois, de 1972 à 1981, malgré le fait que la gare permettait encore d’accueillir des passagers, il n’y avait plus de personnel permanent pour les passagers. En 1981, la liaison ferroviaire Montréal-Lachute-Montebello-Ottawa est mise hors service. 

La gare est ensuite mise en vente par le Canadien Pacifique, et la Corporation de la gare de Montebello l’acquiert et la déménage sur son site actuel au centre de Montebello pour être transformée à des fins publiques. On y retrouve aujourd’hui un bureau d’information touristique, ainsi que l’économusée du chocolat, Chocomotive.

L’ancien couvent de Papineauville 

L’ancien couvent de Papineauville occupe une place importante dans l’histoire de l’éducation de cette localité qui était confiée à des communautés religieuses dès le début du XXe siècle. En 1900, la Congrégation des Sœurs de Sainte-Marie s’établit dans Papineauville, puis est remplacée en 1906 par les Filles de la Sagesse qui commandent la construction d’un couvent, au nord de l’église. 

L’édifice, aussi connu sous le nom d’académie Sainte-Jeanne-d’Arc, est alors érigé en 1907 et 1908. En 1922, les Sœurs Grises de la Croix (Sœurs de la Charité) reprennent l’enseignement au couvent et y résident jusqu’en 1966. Les Frères de l’instruction chrétienne occupent aussi une partie du bâtiment entre 1942 et 1949.  

C’est le chanoine Georges Bouillon (1841-1932) qui a réalisé les plans de cet édifice, de même que ceux de plusieurs églises de la région, de même que le presbytère de Papineauville.

Le chalet du Club de golf Rivermead

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Le chalet du Club de golf Rivermead

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le chalet du Club de golf Rivermead.

Le chalet du Club de golf Rivermead, situé dans le secteur Aylmer à Gatineau, est l’un des plus anciens chalets de golf de la ville de Gatineau. 

Le chalet a été construit sur une ancienne ferme ayant appartenu à la famille McConnell, selon les archives du Répertoire du patrimoine culturel du Québec. 

En 1883, la famille McConnell a vendu une partie de sa ferme à l’homme d’affaires Ezra Butler Eddy.  

Puis, en 1900, la propriété est passée à la famille Armstrong qui la cède au Club de golf Rivermead, un club privé fondé en 1910 par des hommes d’affaires. 

Le Club y aménage le club de golf et ses diverses installations parmi lesquelles on compte la maison de ferme.  

Après un incendie de la maison en 1911, une grange sert de chalet temporaire qui comprend notamment les chambres des employés, aménagées sous les combles.  

Le Chalet est construit en 1914, devenant ainsi le deuxième à avoir été érigé sur le territoire situé entre Hull et Aylmer, où cinq terrains de golf avaient été déjà aménagés en 1925.  

En 1920, le club accueille les participants du 13e Omnium canadien.  

Puis en 1953, des travaux sont effectués sur le chalet, notamment l’agrandissement du salon des hommes et de la galerie, la construction de la salle des casiers et de la terrasse sur son toit en 1954, de même que la transformation de la cuisine en salon pour les dames et la construction d’une nouvelle cuisine en 1963.  

Plus tard, en 1986, d’autres importants travaux d’agrandissement sont exécutés. 

L’immeuble, cité dans l’inventaire du patrimoine bâti de la région de l’Outaouais, se démarque par son architecture inspirée du mouvement Arts and Crafts, qui a été populaire au Canada et aux États-Unis la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.  

Né d’une opposition à la révolution industrielle et à ses produits préfabriqués, le mouvement originaire d’Angleterre marque un retour à la production manuelle et les métiers traditionnels.  

L’édifice illustre des caractéristiques de cette architecture Arts and Crafts notamment avec son toit à deux versants à croupes, ses hautes souches de cheminée en brique, ses larges avant-toits, sa galerie partiellement couverte, ses larges avant-toits et les colonnes de la galerie. Elle rappelle l’influence de ce mouvement sur les bâtiments liés aux sports récréatifs et à la villégiature.

Le remarquable Château-Monsarrat

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Le remarquable Château-Monsarrat

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le Château-Monsarrat.

L’mmeuble cité patrimonial est situé dans un quartier résidentiel (Jardins du Château) du secteur Hull à Gatineau où il se démarque par son architecture d’influence néo-Tudor, un style de tradition anglaise et écossaise de la période du XVIe siècle qui a été en vogue au Québec entre 1900 et 1940.

Cadieux et Laflamme, pionniers des pompiers

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Cadieux et Laflamme, pionniers des pompiers

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : la caserne de pompiers Cadieux-Laflamme.

La caserne de pompiers (numéro 8) Cadieux-Laflamme, située au 850 avenue de Buckingham à Gatineau, rend hommage à deux directeurs des pompiers de Buckingham et de Masson. Elle dessert les deux secteurs de la ville de Gatineau situés à l’est du territoire, soit Buckingham et Masson-Angers.

Les jolies maisons d'autrefois du secteur Aylmer

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Les jolies maisons d'autrefois du secteur Aylmer

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : les maisons patrimoniales de la rue Principale à Aylmer.

Difficile de ne pas remarquer plusieurs de ces belles résidences de la bourgeoisie d’une autre époque situées dans le secteur Aylmer.  

Dans une chronique précédente, nous avions souligné la présence des maisons du docteur E.L. Quirk et Rajotte-Klock. Parmi les nombreux bâtiments patrimoniaux bien conservés, plusieurs autres maisons attirent encore les regards des nombreux passants qui déambulent sur la rue Principale dans le Vieux-Aylmer. Des panneaux ont été installés bien en évidence sur les trottoirs de la rue Principale pour permettre aux promeneurs de connaître leur histoire. 

La maison Woods, une jolie demeure en bois blanc située au 43 rue Principale, vaut la peine qu’on s’y attarde.  

Elle a été construite en 1883, pour le docteur John-Joseph-Edmond Woods, fils d’un des pionniers d’Aylmer, le maître de poste Joseph Robert Woods. 

Le docteur Woods exercera pendant huit ans dans une maison en location, soit l’ancienne demeure du docteur Harcourt Church.  

Il fait construire sa grande demeure après son mariage avec Corinne Bourgeois, qui était la fille du juge Jean-Baptiste Bourgeois. La maison servira de lieu de résidence au couple. Elle servira aussi de cabinet de médecin. La maison sera ensuite appelée le Castel blanc, nom qui est bien en évidence sur un panneau au sommet de la façade. 

Les archives du Réseau du patrimoine de Gatineau et de l’Outaouais soulignent qu’en 1885, les docteurs John Woods et John Church sont nommés vaccinateurs publics par le bureau de santé d’Aylmer. Le docteur Woods sera par la suite nommé officier médical et supervise l’inspecteur de la santé et du bien-être. Il pratiquera la médecine jusqu’à l’âge de 68 ans. 

Le docteur Woods a été élu maire d’Aylmer en 1898, siège qu’il occupera pendant deux ans.  

Il déménage ensuite à Lachine (près de Montréal) pour devenir inspecteur des asiles et prisons du Québec. Il est mort dans cette ville dix ans plus tard.  

Sa veuve est revenue vivre dans la maison d’Aylmer avec sa fille et son gendre, Rodolphe Malais, et ce, jusqu’à son décès. La maison restera dans la famille jusqu’en 1973.  

La bâtisse, qui est bien conservée, a subi des transformations avant les années 1910 avec l’ajout d’une baie vitrée en façade et la modification de sa galerie. 

Depuis les années 1990, elle abrite une étude notariale.

La maison Georges-McKay 

La maison du marchand Georges McKay, située au 53 rue Principale, a été construite en 1903.  

De style Queen Anne, la résidence est haute de trois étages.  

Elle comporte un belvédère (widow’s walk), un toit à faux comble et un porche circulaire. 

Quand Hull et Aylmer avaient leur tramway

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Quand Hull et Aylmer avaient leur tramway

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : la Hull Electric Company.

Le projet de transport en commun dans la partie ouest de Gatineau pointe de plus en plus vers l’aménagement d’un service de tramway.

Robert Conroy, bâtisseur, hôtelier et maire d’Aylmer

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Robert Conroy, bâtisseur, hôtelier et maire d’Aylmer

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Robert Conroy, un homme important dans l’histoire d’Aylmer.

Robert Conroy est connu à Aylmer pour avoir été une personnalité d’affaires, un maire et le bâtisseur de l’hôtel British. La ville lui a d’ailleurs rendu hommage puisqu’une rue porte son nom.

L’essor de la vie culturelle avec Guy Sanche, alias Bobino

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L’essor de la vie culturelle avec Guy Sanche, alias Bobino

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Bobino.

La bibliothèque Guy-Sanche, au 855 boulevard de la Gappe à Gatineau, rend hommage au comédien et homme de télévision et de théâtre hullois qui a été mieux connu sous le rôle de Bobino, dans la série télévisée du même nom pour les enfants diffusée sur les ondes de Radio-Canada pendant 28 ans, soit de 1957 à 1985. 

Guy Sanche est né à Hull le 5 juillet 1934. Il était le fils de Jean-Paul Sanche et de Juliette Sauvé.  

Il était le conjoint de Monique Chabot et était père de trois enfants. Il est décédé à Saint-Fabien-sur-mer (près de Rimouski) au Québec le 27 janvier 1988 à l’âge de 53 ans, des suites d’un cancer de la gorge. 

Sa famille a grandement contribué à l’essor de la vie culturelle dans la région de l’Outaouais. 

Dans les Trésors du Patrimoine de Gatineau et de l’Outaouais, on souligne que « son grand-père, Wilfrid Sanche, a joué un rôle majeur dans le développement du théâtre à Hull et en Outaouais, en dirigeant le Cercle dramatique de Hull pendant plus de 30 ans ».

Avec Bobinette, qui était interprétée par Christine Lamer, il a animé une émission quotidienne qui a été pendant plusieurs générations très populaires auprès des enfants.  

Son personnage de Bobino fait partie du patrimoine culturel québécois ayant influencé la vie, les valeurs et l’imagination de milliers de jeunes.  

« Cette émission a marqué l’histoire de la télévision française au Canada puisqu’il s’agit de la série pour enfants qui a été diffusée le plus longtemps au pays », souligne-t-on dans les archives des Trésors du patrimoine de Gatineau et de l’Outaouais. 

Il avait commencé sa carrière au poste CBAF de Moncton, puis à Radio-Canada de Montréal. En 1952, il remporte le premier prix au Festival d’art dramatique pour la comédie Un prétexte extraordinaire. Il a aussi fait du théâtre avec Paul Buissonneau. 

Il joue dans le téléroman de Roger Lemelin En haut de la pente douce. Dans le film Poussière sur la ville, il tient le rôle principal. À la radio, il a aussi animé Enfin seul et Que portez-vous le dimanche.  

Ardent promoteur de la langue française, M. Sanche a aussi joué dans de nombreux téléthéâtres dont Table tournante réalisé en 1968 par Louis-Georges Carrier sur un texte d’Hubert Aquin. Il a aussi animé plusieurs émissions radio à Radio-Canada. 

La maison Sanche, située au 245 rue Papineau, a été construite en 1890-1891. Cette maison fut d’abord celle de la boulangerie de Marie et Basile Dompierre.  

Après plusieurs propriétaires, la maison est acquise par Wilfrid Sanche en 1909. Père de onze enfants, M. Sanche a été typographe pendant 35 ans à l’Imprimerie nationale. 

Sa contribution à la vie culturelle et du théâtre amateur sera reconnue avec le fonds Sanche, aux Archives nationales du Québec en Outaouais, qui témoigne de son engagement et des nombreuses pièces de théâtre qu’il a réalisées, produites et jouées, de 1902 à 1940.  

Son fils Jean-Paul (le père de Guy Sanche) a suivi les traces de son père Wilfrid au théâtre amateur. Né en 1908, il travaille au poste de radio CKCH, dont il est chef des nouvelles en 1958. 

Lorsque la Société Radio-Canada a voulu annuler l’émission Bobino, en 1983, des dizaines de milliers de lettres et de téléphones de protestation ont été transmis, si bien que l’émission avait obtenu un sursis d’un an. 

« Prisonnier de son personnage, Guy Sanche eut peu d’occasions de jouer d’autres rôles même si, occasionnellement, on put admirer son talent dans plusieurs grandes séries télévisées », peut-on lire dans les archives du Musée canadien de l’histoire.