Sylvain St-Laurent
De mémoire, je dirais que j’ai entendu la voix de Nikita Zaitsev à deux occasions, dans la dernière année.
De mémoire, je dirais que j’ai entendu la voix de Nikita Zaitsev à deux occasions, dans la dernière année.

Nikita Zaitsev a des choses à dire

CHRONIQUE / De mémoire, je dirais que j’ai entendu la voix de Nikita Zaitsev à deux occasions, dans la dernière année.

La première fois, c’était en juillet. Les Sénateurs venaient de faire son acquisition, en complétant une transaction majeure avec les Maple Leafs de Toronto. Il devait alors se soumettre au rite de passage habituel. On l’avait emmené, dans le vestiaire, pour prendre part à une mêlée de presse.

L’exercice avait été fastidieux. On devait être une bonne dizaine à le cuisiner, pour n’obtenir que des réponses de quelques mots.

«Dirais-tu que tu es timide?, a finalement demandé Nicolas Saint-Pierre, d’Unique FM?

- Ouais, a-t-il répondu.»

Juste avant l’Halloween, j’ai croisé - pour une rare fois - Zaitsev, dans le vestiaire. Je l’ai arrêté. Je voulais tout simplement savoir comment il s’adaptait à son nouvel environnement.

L’entrevue a duré 30 secondes.

Il ne semblait pas plus à l’aise, dans le contexte d’une entrevue avec un seul journaliste.

Je crois qu’il a eu le champ libre, par la suite.

Sauf erreur, il n’a pas accordé d’entrevues, par la suite. C’est plutôt inhabituel, pour un joueur aussi important.

En santé, Zaitsev était le deuxième joueur le plus utilisé par D.J. Smith, après Thomas Chabot.

Zaitsev est quand même capable de s’exprimer, quand il juge que c’est important.

Il a profité du long week-end pascal pour publier un long message sur son espace Instagram.

On sait qu’il est impliqué dans une délicate dispute familiale, en Russie. On parle d’enfants qui sont coincés entre deux ex-conjoints qui se querellent. Il est difficile d’avoir un portrait complet parce que ça se passe à l’autre bout du monde, dans un système très différent du nôtre. De loin, ça semble très laid.

On va donc passer très rapidement sur le long message publié par Zaitsev, ce week-end.

D’abord, il a écrit dans sa langue maternelle. Les outils de traduction qui sont disponibles, ne sont pas toujours très précis.

Le sujet est délicat. On parle, après tout, du développement de deux très jeunes enfants.

On va se limiter à l’essentiel. Zaitsev nous dit qu’il a passé les derniers mois pour ses filles. Et il compte «continuer à se battre jusqu’au bout».

Ça vaut quand même la peine de parler de tout ça parce que Zaitsev demeure un membre important de l’organisation des Sénateurs. Il est sous contrat jusqu’en 2024. Dans les quatre prochaines années, il continuera d’être payé comme un défenseur capable d’évoluer dans un des deux premiers duos.

On ne peut pas dire que Zaitsev a fait une très belle impression, sur la glace, au cours des derniers mois. Les observateurs que j’ai sondés, dans les derniers jours, m’ont fait à peu près la même lecture. Il n’a rien fait de très mauvais. Il n’a rien fait d’exceptionnel, non plus.

Certains ont noté une certaine progression, dans la deuxième portion du calendrier. Ceux-là se demandent si la dispute concernant la garde des enfants aurait pu contribuer à son début de saison un peu difficile.

Zaitsev a été obligé de quitter temporairement l’équipe, à l’automne. Il s’est rendu en Russie pour s’impliquer, personnellement, dans le processus. Il fallait qu’il soit rendu au bout de ses ressources. Un joueur de la LNH n’abandonne pas ses coéquipiers, au milieu d’une saison, sans que ce soit un cas de force majeure.

Ça vaut la peine de parler de tout ça parce que la LNH va bien reprendre ses activités, un jour où l’autre. Si la saison 2020-21 a bel et bien lieu, on va s’attendre à ce que la jeune équipe d’Ottawa progresse.

Que ça nous plaise ou non, cette progression passera par lui.

Pierre Dorion a laissé partir Dylan DeMelo, à l’approche de la date limite des transactions, sans y penser deux fois. Ce faisant, il a laissé partir son défenseur qui nous semblait le plus fiable.

Maintenant, que lui reste-t-il, du côté droit?

Il y a Zaitsev, bien sûr. Derrière lui, on trouve une longue liste de joueurs qui soulèvent bien des questions.

Il y a d’abord Artyom Zub, ce Russe de 24 ans qui devrait officiellement mis sous contrat, ce printemps. Il joue exclusivement dans la KHL depuis 2015.

Lassi Thomson devrait jouer en Amérique du nord, l’an prochain, mais il devrait logiquement se retrouver à Belleville, ce sera mieux pour son développement.

D.J. Smith n’a pas l’air de porter Christian Jaros dans son coeur.

Sinon, il y a bien quelques gauchers qui sont capables de jouer de leur côté faible. On pense à Erik Brännström, notamment.

Smith n’a pas l’air trop chaud à l’idée d’utiliser des gauchers à droite, non plus.