Johanne Cain, coordonnatrice du centre d’activités de jour Le Havre

Mourir auprès des siens

CHRONIQUE / La Maison Mathieu-Froment-Savoie, qui est reconnue par le milieu médical et communautaire comme un maillon indispensable de soins palliatifs dans l’Outaouais, pourrait bientôt offrir un service d’accompagnement à ses patients qui désirent mourir à la maison.

La Maison Mathieu-Froment-Savoie compte déjà 12 chambres où les personnes en fin de vie peuvent vivre le plus sereinement possible les derniers moments. Une demande a déjà été déposée auprès du gouvernement du Québec pour l’obtention de cinq chambres additionnelles.

Et d’ici quelques semaines, cette maison située dans le secteur Hull pourrait offrir les services de bénévoles qui accompagneraient les patients en phase terminale qui préfèrent mourir auprès des leurs et dans le confort de leur chez-soi.

« Ce nouveau service sera probablement disponible dès la fin février », a dit Joanne Cain, la coordonnatrice du centre d’activités de jour Le Havre de la Maison Mathieu-Froment-Savoie.

Joanne Cain s’y connaît en soins palliatifs à domicile.

En février 2009, cette infirmière de profession a réalisé le dernier souhait de son père, Bernard Cain, soit celui de mourir à la maison auprès de son épouse et de ses deux filles.

« Quand mon père a appris qu’il était atteint du cancer et qu’il ne lui restait que 18 mois à vivre, il nous a dit qu’il voulait mourir à la maison. J’ai donc pris neuf mois de congé pour en prendre soin avec ma mère », m’a raconté Joanne Cain lorsque je l’ai rencontrée une première fois en avril 2014.

C’est durant ce temps passé avec son père, en 2009, que Mme Cain a eu l’idée de créer une fondation qui faciliterait l’accès aux soins palliatifs à la maison.

Ce service était déjà offert à Ottawa, à Montréal et dans de nombreuses autres villes au pays.

Mais à Gatineau et en Outaouais, il était impossible d’obtenir l’aide et l’accompagnement nécessaires pour réaliser le dernier souhait des personnes qui voulaient terminer leurs jours auprès de leurs proches.

En 2012, Joanne Cain a démissionné de son poste d’infirmière pour se consacrer entièrement et bénévolement à la création de la Fondation Bernard-Cain.

Et depuis les cinq dernières années, cette fondation sans buts lucratifs a permis à de nombreuses personnes en fin de vie de mourir paisiblement à la maison, comme ils le souhaitaient.

« La Fondation Bernard-Cain sera fusionnée à la Maison Mathieu-Froment-Savoie, affirme Mme Cain. L’accompagnement des patients en phase terminale qui veulent mourir à la maison sera coordonné par Le Havre, dont je suis la coordonnatrice. Je pourrai ainsi mettre à contribution l’expertise que j’ai acquise au cours des dernières années avec la Fondation Bernard-Cain. J’ai l’intention de prendre ma retraite dans environ trois ans et je ne voulais pas que la Fondation tombe à l’eau. Mais en étant jumelée avec la Maison Mathieu-Froment-Savoie, la pérennité de la Fondation Bernard-Cain sera assurée.

«Et d’ici quelques semaines, si tout va bien, la Maison Mathieu-Froment-Savoie pourra offrir à ses patients l’option de passer les derniers moments de leur vie dans le confort de leur foyer et entourés de ceux qu’ils aiment», de conclure Joanne Cain.

Pour faire un don à la Maison Mathieu-Froment-Savoie : mmfs.org ou le 819-770-3900.