Le gardien de but du Fury, Maxime Crépeau

Montréal, juillet 2026

CHRONIQUE / Où seras-tu, dans cinq ans ?

Ça faisait un bout de temps que j’avais le goût de m’asseoir avec Maxime Crépeau pour discuter. D’abord, parce qu’il est probablement l’athlète représentant Ottawa qui s’est le plus illustré, jusqu’ici, en 2018. Ensuite, parce que durant ses courts échanges avec les journalistes, avant et après les matches du Fury d’Ottawa, il fait toujours bonne impression.

Le jeune homme semble avoir une très bonne tête. Un intellectuel qui porte des chaussures à crampons.

Lorsque l’opportunité s’est finalement présentée, mercredi, j’ai voulu lui poser une colle dès le départ.

Je ne pensais pas qu’il serait capable de m’offrir une réponse claire.

Il vient de fêter ses 24 ans. Combien de jeunes hommes savent vraiment où ils s’en vont à 24 ans ?

En plus, Crépeau est Québécois. Il a choisi de gagner sa vie dans le monde du soccer professionnel, comme gardien de buts. Il n’a donc pas de modèles à suivre. Forcément, il avance, un pas à la fois, sur un chemin que personne ne connaît.

Crépeau m’a surpris. Il n’a pas eu besoin de réfléchir avant de m’offrir une réponse.

« Mon objectif est d’aller le plus loin possible dans mon sport. »

Ça, c’était la réponse courte. Un peu trop facile. Tous les athlètes sur la planète veulent « se rendre le plus loin possible ».

« Récemment, on a su que le Canada accueillerait la Coupe du monde, en 2026. J’ai réalisé que j’aurai 32 ans en 2026. Trente-deux ans, pour un gardien, c’est dans son peak. Je me suis fixé l’objectif où je veux jouer le plus haut possible à 32 ans. Je veux aller au maximum de mes capacités. Après cette Coupe du monde, je ferai une rétroaction. Je verrai si je peux me fixer de nouveaux objectifs. Je pourrais jouer en MLS. Je pourrais jouer en Europe. Je sais où je vais et je veux briser des frontières. »

On peut comprendre Maxime Crépeau de voir grand. Il doit avoir les poumons pleins de confiance, durant cet été ou presque tout lui sourit.

L’entraîneur-chef du Fury, Nikola Popovic, préférerait que la presse ne parle pas trop des individus. En début de saison, il est tombé à bras raccourcis sur le collègue Jean-François Plante. Le bon JF lui avait simplement demandé si Crépeau venait de voler un match.

Les gens de la United Soccer League se chargent depuis de lui lancer des fleurs.

Crépeau a déjà reçu le titre de joueur par excellence du mois de mai, dans le circuit qui compte 33 équipes. Depuis quelques heures, les fans peuvent voter, en ligne, pour les honneurs individuels de la mi-saison. Crépeau est le seul joueur du Fury à être considéré. Il fait partie des cinq finalistes pour le titre de gardien par excellence.

C’est loin d’être mauvais, pour un gars qui a débuté l’année sur le banc.

La pression était double, pour lui, quand il est débarqué à Ottawa. Il devait d’abord faire sa place au sein d’un club qui n’avait pas nécessairement besoin d’aide devant le filet. Callum Irving, joueur par excellence du Fury en 2017, était de retour pour une nouvelle saison.

Le temps jouait aussi contre lui. Le contrat qui le lie à l’Impact de Montréal pourrait être résilié à la fin de la saison.

« C’était une fenêtre de quelques mois. Un sprint à donner. Mais je ne dirais pas que je ressentais une énorme pression. La pression, tu la vis sur le terrain, quand tu dois sauver ton équipe. Il y a de la pression quand tu dois voler un match, quand tu joues pour le Canada et que ton pays est derrière toi. Ça, c’est de la pression. »

« Arriver au camp d’entraînement et faire mes preuves, pour moi, c’était juste une opportunité. »

Et cette Coupe du monde, Maxime? Le Canada misera-t-il sur une bonne équipe, en 2026?

«Nous avons une bonne relève. Les joueurs de la nouvelle génération ont faim. Ils sont nés à la bonne époque, avec des Académies de soccer qui sont en pleine progression. On sera peut-être capables de former deux ou trois perles qui pourront nous aider, ça reste à voir.»

Où allez vous jouer? Montréal, Edmonton ou Toronto?

«Moi, je m’imagine jouer à la maison, au Stade olympique. Ça va prendre un nouveau toit et il faudra installer du gazon là où il y a du turf. Ce serait un rêve!»

Et qui allez vous battre?

«Bonne question. Tous ceux qui se trouveront sur notre chemin!»