Nathalie Gaudet a découvert le groupe de soutien « Mon premier Noël sans toi.» qui permet de vivre un deuil moins douloureux lors de la période des Fêtes.

Mon premier Noël sans toi

CHRONIQUE / Nathalie Gaudet et sa sœur Chantal s’aimaient pour la vie.

« Chantal et moi avons grandi ensemble, nous avons dormi ensemble pendant 18 ans avant de partir pour l’université, dit Nathalie. Chantal s’amusait à dire à mon copain : «J’ai dormi plus longtemps avec Nathalie que toi», ajoute-t-elle en riant.

«Puis on a élevé nos familles, reprend-elle. Chantal a eu une fille, j’en ai eu trois. On ne se voyait plus aussi souvent qu’on le voulait. Mais au cours des dernières années, on chantait ensemble dans la chorale Mirage, ça nous avait beaucoup rapprochées puisqu’on se voyait chaque semaine. L’amour d’une sœur, je pense que c’est inconditionnel. Et je l’ai toujours senti avec ma sœur.»

Puis Chantal est partie. Presque sans avertissement. Les médecins lui ont diagnostiqué un cancer en mai 2016. 

Elle a rendu l’âme deux mois plus tard, le 6 juillet, deux jours après avoir souligné ses 53 ans.

«On lui a découvert un cancer de stade 1 à l’utérus, explique Nathalie. Ce n’était pas si grave, le stade 1. Le cancer est parti, tout allait bien. Mais les médecins ont fait un scan de son abdomen et ils ont découvert que Chantal était atteinte d’un cancer de stade 4 aux poumons. On ne s’attendait vraiment pas à ça, elle qui n’avait jamais fumé une cigarette de sa vie.»

Nathalie était désemparée. Sa grande sœur, sa meilleure amie, sa confidente était partie à tout jamais.

«Après le départ de Chantal, dit-elle, j’allais à des funérailles un peu partout à Hull à Aylmer, même si je ne connaissais pas le défunt. J’y allais parce que je trouvais que les paroles du prêtre ou du célébrant m’aidaient et me réconfortaient.»

Le premier Noël

Décembre approchait. Les Fêtes, les partys, les réunions de famille… la joie. Nathalie appréhendait ces moments. Comment allait-elle pouvoir passer ce premier Noël sans sa sœur ? Chantal et Noël allaient de pair. «Ma sœur préparait des super beaux soupers de Noël, se souvient-elle. Elle adorait Noël.»

Nathalie a décidé de se joindre au groupe d’entraide et de soutien «Mon premier Noël sans toi», d’Entraide-Deuil de l’Outaouais. 

Il s’agit d’une occasion pour les personnes endeuillées de vivre un rassemblement de Noël (le premier samedi de décembre), encadrées par des animateurs, afin de mieux se préparer aux rencontres familiales et d’amis du temps des Fêtes.

«J’avoue que j’étais un peu gênée au début, dit Nathalie. Mais les gens présents étaient tellement allumés. Ils étaient une cinquantaine d’hommes et de femmes qui vivaient les mêmes choses que moi. Finalement, c’était comme une thérapie de groupe. Au début, je ne parlais pas beaucoup. Puis je me suis dit que si je voulais que ça m’apporte quelque chose, qu’il fallait que je participe. Et je me suis vite rendu compte que je pouvais aider les autres avec mes commentaires, comme eux m’aidaient. J’ai vite compris que le partage était important.

«J’ai découvert la sagesse des autres, poursuit-elle. Certains témoignages étaient très émouvants et très touchants. «Mon premier Noël sans toi» m’a aidée à préparer comment je voulais vivre Noël. Où je voulais aller, qu’est-ce qui était important, à quel moment Chantal allait entrer dans ce moment de fin d’année. J’ai pris le temps de réfléchir. Et ça m’a permis de mettre tout ça en place.

—Et comment s’est passé ce premier Noël sans votre sœur, Nathalie ?

—C’était bien. C’est sûr que le focus ne pouvait plus rester sur Chantal. Il y avait du monde, il y avait de la vie. La vie est forte et elle reprend le dessus. Ce n’est pas en groupe que c’est difficile, parce que là, c’est plaisant. Tu manges, tu ris, les enfants et les petits-enfants sont là, ça bouge. C’est quand on est seul que c’est plus difficile. Alors je pleurais avant et après, laisse-t-elle tomber en souriant.

«J’ai trois filles, deux petits-enfants, la vie est pleine de belles choses, ajoute-t-elle. Mais il me manquera toujours une grosse partie en moi.»