Les bureaux du Droit

Mon incroyable aventure au Droit

CHRONIQUE / En juin 1974, lorsque j’ai fait mon entrée pour la première fois dans l’immeuble de la rue Rideau pour devenir, à 16 ans, correcteur d’épreuves au journal Le Droit, j’étais loin de me douter que j’y passerais les 43 prochaines années de ma vie et que j’y vivrais cette incroyable aventure.

J’ai été accueilli à bras ouverts par des gens passionnés et dévoués aux ateliers où je corrigeais, toute la nuit, les textes de journalistes. Il fallait avoir du courage, à un si jeune âge. Et surtout, il fallait garder les yeux ouverts. Les premiers ordinateurs, la « machine à cirer », l’équipe des « Hiboux ». Tant de souvenirs qui ne s’effaceront pas. 

Après mes études en sciences pures au Cégep de l’Outaoutais et en science politique à l’Université d’Ottawa, j’ai eu ma première chance en 1981 comme journaliste. J’ai appris le métier « à la dure » en couvrant les Rough Riders d’Ottawa, et la finale de la Coupe Grey dès mon premier été. Puis, la curiosité m’a poussé vers l’équipe générale où j’ai eu le privilège d’écrire sur la santé, les faits divers, puis la politique municipale et régionale, à Ottawa, Aylmer, Hull et Gatineau. À l’éditorial, au pupitre, comme chef des nouvelles, j’ai appris encore avec des collègues passionnés et toujours dévoués à notre mission d’informer. 

L’Hôpital Montfort aura été un point tournant pour moi aussi. « Over my death body », avais-je écrit en citant mon grand-père paternel, pour qu’on comprenne bien le message qu’il ne fallait pas fermer cet hôpital.

Sur la colline parlementaire, j’aurai passé presque 20 années inoubliables, témoin privilégié des débats sur les grands enjeux de la politique et de la fonction publique fédérale. Mes racines m’ont aussi poussé à soulever des pierres, en posant des questions, afin que le français soit respecté davantage au sein des institutions fédérales. 

Pendant près de vingt ans, j’ai aussi été président de notre syndicat à la rédaction, parce que j’ai toujours cru qu’il fallait s’engager pour faire une différence et maintenir des conditions de travail décentes pour exercer ce métier difficile. Les négociations parfois longues et ardues et les nombreux voyages faisaient partie du mandat. J’ai fait de mon mieux. 

Tout cela n’aurait jamais été possible sans les sacrifices et l’appui de ma famille. Merci à ma douce Joanne, mes fils Alexandre et Guillaume, et tous mes proches et amis qui ont partagé ce long périple avec moi. 

J’ai bien sûr encore le goût de vivre d’autres belles aventures, d’ouvrir d’autres portes et surtout de mordre dans cette nouvelle vie qui commence.

J’ai peut-être eu une certaine influence avec mes écrits. L’important pour moi, c’était de chercher la vérité dans tout ce que j’entendais, voyais ou lisais. Et de l’écrire pour vous, chaque jour, avec mes mots. Simplement. Tout simplement.

Merci !