Je parie mon dernier « deux » que Marie-France Lalonde se lancera dans la course au leadership du Parti libéral de l’Ontario afin de remplacer la chef sortant, Kathleen Wynne.

Marie-France Lalonde à la tête des libéraux?

CHRONIQUE / La députée libérale d’Orléans, Marie-France Lalonde, pourrait-elle défaire le premier ministre conservateur de l’Ontario Doug Ford aux prochaines élections provinciales, en 2022?

Bon, je sais que 2022 est encore loin et qu’il coulera bien de l’eau sous les ponts d’ici là. Mais projetons-nous dans le temps un peu et imaginons une lutte entre Doug Ford, Marie-France Lalonde et la leader du Nouveau parti démocratique de l’Ontario, Andrea Horwath (si celle-ci est toujours à la tête de ce parti dans trois ans). Mme Lalonde pourrait-elle être élue première ministre de l’Ontario?

On aura peut-être réponse à cette question dans trois ans. Bien entendu, Mme Lalonde devra d’abord remporter la course au leadership du Parti libéral de l’Ontario (PLO). Une course qui, dit-on, ne se fera pas avant l’hiver ou le printemps 2020. Mais si elle gagnait cette course à l’investiture, la verriez-vous à la tête de l’Ontario pour remplacer Doug Ford?

Elle, oui. La députée d’Orléans Marie-France Lalonde sera candidate à la succession de Kathleen Wynne lors de la prochaine course au leadership du PLO. Vous l’aurez lu ici.

Non, je ne suis pas dans le secret des dieux. Et non, Mme Lalonde me m’a pas confié off the record qu’elle allait se lancer dans cette course pour éventuellement faire la lutte à Doug Ford.

Mais par ses réponses évasives et les quelques signes qu’elle a donnés au cours de la dernière année, je parie mon dernier « deux » qu’elle se lancera dans cette « aventure politique ».

Je participais au tournoi de golf de la Fondation de l’Hôpital Montfort, en juin dernier, à peine une semaine après les élections provinciales de l’Ontario qui se sont soldées par la victoire de Ford, la déconfiture du PLO qui a été réduit à sept sièges à Queen’s Park, et la démission de Kathleen Wynne comme leader des libéraux. Mme Lalonde faisait partie du quatuor qui jouait derrière le mien. Juste avant le début du tournoi, je lui ai demandé un peu la blague :

« Puis, Mme Lalonde, allez-vous succéder à Mme Wynne? »

Elle n’a pas ri. Même pas esquissé un sourire. J’avoue cependant que ma question était déplacée. Son parti venait d’en manger toute une et l’heure n’était pas à la blague dans le sérieux monde de la politique.

Mais son silence en disait long. Je m’attendais à une réplique du genre : « Non, je vais laisser ça aux autres ». Ou à un : « Il est beaucoup trop tôt pour parler de ça ». On encore un : « Ma priorité est de bien servir les gens d’Orléans ».

Mais rien de ça. Juste un regard perçant de sa part que j’ai traduit par un : « pourquoi pas moi? ».

J’ai revu la députée Lalonde au ralliement de la Résistance, à Ottawa, le 1er décembre dernier. Je lui ai reposé ma question, mais sans blaguer cette fois-ci. Et elle de me répondre en souriant : « Ah…. on verra ».

Je connais ce « Ah… on verra ». Ma blonde me le lance de temps en temps.

« Manon, passeras-tu par le Golf Town pour acheter mon cadeau de fête?

«Ah… on verra.»

Traduction : tu sais bien que tu l’auras, ton bâton de golf, mais t’as pas le droit de me le demander.

Pas plus tard qu’en décembre dernier, mon collègue Daniel LeBlanc a demandé à Mme Lalonde si elle se lancera dans la course au leadership du PLO. «Je ne dis pas non», a-t-elle répondu, ajoutant que la «réflexion profonde» se fera plus tard et que la reconstruction de son parti était sa priorité.

Mardi dernier, le Ottawa Citizen a à son tour posé LA question à la députée d’Orléans. «Il n’y a pas de course au leadership présentement, a-t-elle répondu. Mais des gens m’ont demandé de me présenter», a-t-elle ajouté.

Mon dernier «deux», disais-je. Je parie que Marie-France Lalonde sera de la course au leadership du PLO l’an prochain.

Parce que lorsqu’un politicien ou une politicienne répond «je ne dis pas non», ou encore «ah… on verra», sa réponse est : oui.