Quelle joie de vivre notre amour au grand jour, en temps de pandémie !

S’aimer pendant la quarantaine

CHRONIQUE / Il n’y a pas que des désavantages à la « distanciation sociale » que nous ordonne le gouvernement en ces temps de pandémie.

Pour ma part, je crois que le télétravail aura un effet positif insoupçonné : tester la solidité de mon couple quatre mois avant mon mariage prévu à la mi-juillet. (Aura-t-il lieu d’ailleurs ? Je continue d’espérer que les regroupements seront permis à nouveau à cette date...)

En effet, mon conjoint et moi travaillons tous les deux de la maison depuis le début de la semaine. Lui dans son bureau, au sous-sol, et moi sur la table de la cuisine. Bon, j’ai un bureau au sous-sol moi aussi, mais je préfère travailler à l’étage.

Heureusement qu’on a fini par quitter mon petit trois et demie de vieille fille... Autrement, pas sûre qu’on survivrait à ce confinement !

Et nous, à part nos deux grosses minounes, on n’a pas d’héritiers, alors le casse-tête est simplifié par 1000 par rapport à d’autres ménages qui doivent composer avec la fermeture des écoles et des services de garde.

Néanmoins, le télétravail, ce n’est pas aussi simple qu’on peut le penser. Il faut respecter un emploi du temps et ne pas se taper sur les nerfs. Quelque chose dont les probabilités augmentent dès qu’on passe plus de temps ensemble à la maison.

Honnêtement, pour notre part, ça n’est pas arrivé. On travaille chacun de notre côté. On se donne rendez-vous pour le lunch, et on remet ça jusqu’en fin de journée où on se réunit à nouveau pour préparer le repas du soir et se raconter notre journée (même si on sait pas mal ce qui s’est passé...)

Le temps qu’on ne passe pas sur la route pour se rendre au travail, c’est du temps de qualité supplémentaire qu’on passe ensemble.

Après presque toute une semaine à deux, on n’a pas encore manqué de trucs à se dire ou de choses à faire.

Quelque chose que j’aime bien de cette nouvelle routine, ce sont les petites promenades qu’on s’offre, The Dave et moi, sur l’heure du midi. Un petit tour de bloc pour se dégourdir les jambes et parler de tout et de rien.

Vivre notre amour au grand jour, la semaine, en temps de pandémie ! Qui l’eut cru !

En plus, il a fait tellement beau certaines journées qu’il aurait été impensable de ne pas en profiter.

Les quartiers demeurent tranquilles, même si on croise d’autres couples en promenade, et que le nombre de voitures garées dans les allées est supérieur à la normale.

D’ailleurs, je fais partie de ceux qui se réjouissent de cette solidarité renouvelée. Les gens se saluent sur la rue, se sourient. On a beau être isolés les uns des autres, j’ai l’impression d’être plus proche de mes voisins que jamais.

Peut-être sommes-nous tous atteints en même temps de la fièvre du printemps ?

Heureusement, pour celle-là, il n’existe point de remède.

La crise du coronavirus aura donné naissance à la Horaciomania.

Arruda Fever

J’ai vu plusieurs blagues circuler sur les réseaux sociaux depuis que le gouvernement a décrété un isolement volontaire de la population pour contenir la contagion du virus. Ils sont nombreux à croire que le Québec, et peut-être bien le reste du monde, connaîtra un petit baby-boom autour du temps des Fêtes.

Reste à voir si ces Nostradamus d’un jour auront vu juste...

Parce qu’après tout, tant qu’à rester chez nous, aussi bien passer le temps.

Même si le directeur de la santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, déconseille les « échanges de produits biologiques », on peut difficilement empêcher un cœur d’aimer.

D’ailleurs, le Dr Arruda a littéralement conquis le cœur des Québécois depuis une semaine.

Quel homme ! ont dit plusieurs, séduits par le professionnalisme, la simplicité et l’humour de ce personnage qui aura fait découvrir à tous, cette fin de semaine, les joies des tartelettes portugaises...

Nous sommes nombreux à attendre avec impatience le point de presse du jour, comme s’il s’agissait d’un feuilleton quotidien dont on ne se lasse pas de l’intrigue.

Non seulement pour connaître les plus récents développements dans la lutte à la COVID-19, mais aussi pour être rassurés par notre bon docteur, qui nous fait du charme avec sa capacité désarmante à tout vulgariser.

La crise du coronavirus aura donné naissance à la Horaciomania. À voir tous les memes humoristiques qui circulent sur les médias sociaux, nous sommes nombreux à avoir succombé à la fièvre Arruda qui s’est répandue beaucoup plus vite que le mal que nous craignons tous.

Peut-être est-ce là le remède à notre ennui collectif.