Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Manon Rhéaume supervise le travail des entraîneurs du Little Caesars, au niveau AAA et AA, chez les M10, M12, M14, M16 et M19. L’ancienne gardienne est aussi collaboratrice à L’Antichambre, au réseau RDS.
Manon Rhéaume supervise le travail des entraîneurs du Little Caesars, au niveau AAA et AA, chez les M10, M12, M14, M16 et M19. L’ancienne gardienne est aussi collaboratrice à L’Antichambre, au réseau RDS.

Manon Rhéaume, impliquée à 100 %

RUBRIQUE — ESPACE LNH / Manon Rhéaume a refait surface, au Québec, cet automne. Son nouveau rôle de collaboratrice, dans l’équipe de L’Antichambre, à RDS, lui plaît beaucoup.

D’ailleurs, les commentaires positifs des téléspectateurs lui font chaud au coeur.

Elle ne prend pas ce nouveau défi professionnel à la légère!

«Ça fait 28 ans que je vis aux États-Unis! Tout se passe en anglais, autour de moi. Dans ma tête, les phrases se forment en anglais», explique-t-elle.

«J’ai prévenu ma mère. En préparant ma chronique, chaque lundi, je vais prendre le temps de l’appeler, trois ou quatre fois, juste pour avoir la chance de parler français. Elle va m’aider à devenir plus naturelle.»

On lui fait remarquer que les commentateurs sportifs n’ont pas tous ce souci de bien s’exprimer.

«Pour moi, c’est important», réplique-t-elle.

«Tout ce que je fais, dans le hockey, dans mon travail... J’essaie d’y aller à 100 %.»

Manon Rhéaume aurait pu s’aventurer dans le monde des médias plus tôt. D’autres réseaux ont essayé d’attirer, chez eux, la première dame à prendre part à un match dans la Ligue nationale de hockey.

«Quand mes enfants étaient plus jeunes, je voulais vraiment me concentrer sur leurs besoins», explique-t-elle.

«Moi, j’ai eu la chance de compter sur des parents extraordinaires. Je n’aurais jamais réussi à faire tout ce que j’ai fait sans eux. C’est pareil pour mon frère, Pascal. Il n’aurait pas connu une si belle carrière, dans la LNH, s’il n’avait pas été aussi bien soutenu.»

Le plus jeune fils de Manon Rhéaume fêtera ses 14 ans, en décembre. «Il n’a plus besoin de maman autant qu’avant.»

La proposition de RDS est arrivée au bon moment. Surtout que l’ancienne gardienne compte quelques vieux amis, dans la boîte. Elle a occupé brièvement un poste, dans l’équipe du bulletin Sports 30, au début des années 1990.

«C’était vraiment un boulot simple. Je surveillais le fil de presse. Quand je voyais passer une nouvelle que je trouvais intéressante, je devais prévenir mes collègues.»

Ce boulot lui a quand même permis d’assister au repêchage amateur de la LNH, au Forum de Montréal. Là-bas, elle devait encore une fois offrir son soutien aux reporters plus expérimentés.

Manon Rhéaume est la seule femme à avoir joué dans la Ligue nationale de hockey.

«Ça m’a quand même permis de rencontrer Phil Esposito. Et c’est en discutant avec M. Esposito que j’ai reçu une invitation au camp d’entraînement du Lightning. Tout ça m’a fait réfléchir. Si je n’avais pas effectué ce stage à RDS, est-ce que j’aurais pu vivre toutes les belles expériences qui ont suivi?»

À L’Antichambre, cet automne, Manon Rhéaume promet d’apporter une perspective différente. Elle ne baigne pas dans l’univers médiatique québécois. Ses sources d’information sont principalement américaines. Elle vit dans la région de Détroit, où le hockey – professionnel, universitaire et junior – est solidement ancré.

Elle promet aussi d’être authentique. «Je vais dire ce que je pense vraiment.»

Dans sa dernière intervention, par exemple, elle a dressé son classement des cinq meilleurs duos de gardiens de la LNH. Elle a placé celui du Canadien au troisième rang.

Selon elle, les Blue Jackets de Columbus et les Golden Knights de Vegas sont supérieurs, devant le filet.

Vie de coach

Manon Rhéaume refait surface à la télévision, mais elle ne s’est jamais vraiment éloignée du hockey.

En plus de suivre ses deux garçons, qui jouent de manière compétitive, elle gagne sa vie comme directrice sportive du volet féminin d’un des plus gros clubs de hockey mineur du Michigan.

Elle supervise le travail des entraîneurs du Little Caesars, au niveau AAA et AA, chez les M10, M12, M14, M16 et M19.

«Je veux bâtir un programme qui se tient, des plus jeunes jusqu’aux plus vieilles.»

Parce qu’elle est une femme d’action, Manon Rhéaume a elle-même choisi de diriger l’équipe compétitive AAA, chez les moins de 12 ans.

Les médias de partout en province en ont parlé quand son équipe s’est présentée au Tournoi international pee-wee de Québec.

On ne réalise pas, par contre, à quel point son programme a grandi au fil des ans.

«La première équipe que j’ai dirigée, il y a cinq ans, évolue maintenant chez les M16. Sept filles ont déjà obtenu des bourses d’études pour évoluer dans la première division de la NCAA. Deux autres pourraient s’ajouter à la liste d’ici la fin de l’année.»

«Certains coachs veulent tellement gagner qu’ils obligent les jeunes à dumper la rondelle. Moi, j’ai demandé aux filles de garder la rondelle sur leur palette, quitte à commettre certaines erreurs. Aujourd’hui, ces filles ne sont pas des robots. Elles réagissent à tout ce qui se passe sur la glace. Et toutes les universités veulent les avoir.»