Laurence Cannon assure la présidence de la campagne de financement de Centraide Outaouais.

L’infatigable Lawrence Cannon

CHRONIQUE / Plusieurs le voyaient à la mairie de Gatineau. Plusieurs le souhaitaient. Et à l’automne 2016, à un an des élections municipales de 2017, certains médias – dont Le Droit – rapportaient que Lawrence Cannon, alors ambassadeur du Canada à Paris, jaugeait sérieusement ses appuis en vue d’une course à la mairie.

Il n’en était rien, affirme M. Cannon. La politique, pour lui, tant aux niveaux municipal que provincial et fédéral, était ni plus ni moins du « been there, done that ». La croix était tracée sur sa carrière publique et il n’était pas question d’y revenir.

« Je sais que j’ai eu des collaborateurs qui ont beaucoup travaillé et qui m’ont encouragé à faire le saut, dit-il. Et c’était très généreux de leur part de penser à moi. Mais j’ai finalement mis un frein à tout ça en leur disant : “Merci, mais non merci.” »

« Je n’ai aucun intérêt (pour la mairie de Gatineau). J’ai déjà été conseiller municipal (de l’ancienne Ville de Hull). J’ai déjà été député (provincial et fédéral). J’ai déjà été ministre (des Transports puis des Affaires étrangères dans le gouvernement conservateur de Stephen Harper). J’ai déjà été ambassadeur. Moi, dans ma vie, je ne veux pas regarder dans le rétroviseur en me disant : “J’aurais dû.” J’ai fait tout ça, et je l’ai fait au meilleur de mes capacités. »

« Et pour être bien honnête, poursuit-il, faire de la politique aujourd’hui est tout un défi. Celui ou celle qui est élu n’a pas grand temps pour réfléchir. Nous sommes dans un monde de communications instantanées qui exige des réponses immédiates. Et c’est difficile de prendre le temps pour réfléchir afin de s’assurer que ce que l’on propose est la bonne chose et qu’on sera capable de le faire. Le feu roulant des communications aujourd’hui confère une pression énorme sur l’élu, et ça devient difficile. Et je lève mon chapeau à ceux et celles aujourd’hui qui décident de le faire parce que c’est un fichu défi. Oui, je l’ai fait. Mais les circonstances n’étaient pas les mêmes. C’est comme les kids qui jouent au hockey aujourd’hui par rapport à il y a 25 ans. Ce n’est plus la même game. »

« Et là, j’ai trouvé une façon différente d’aider ma communauté. Et ça assouvira chez moi l’appétit de servir. Ce sera engageant, amusant et une belle expérience. »

Centraide Outaouais
Cette « façon différente d’aider » dont parle M. Cannon est son engagement envers Centraide Outaouais. C’est lui qu’on a recruté pour assurer la présidence de la campagne de financement de 2018. Un rôle qu’il a accepté sans hésiter.

« J’ai rencontré les gens de Centraide et j’ai constaté que (la présidence de la campagne) était quelque chose qui m’interpellait beaucoup. Ici, dans la région, les gens m’ont supporté sur le plan professionnel et au niveau électoral au cours des 25 dernières années. La communauté est généreuse. Et pour moi, la présidence de la campagne de Centraide Outaouais est une façon de redonner à la communauté. C’est une autre façon de faire les choses et je veux aider. Et je compte rencontrer bientôt les bénéficiaires et les organismes chapeautés par Centraide. »

Ses mémoires
Lawrence Cannon a soufflé 70 bougies en décembre dernier, et il a quitté ses fonctions d’ambassadeur à Paris en septembre 2017. Mais le mot « retraite » ne fait pas partie de son vocabulaire.

Il est conférencier invité dans plusieurs universités canadiennes et européennes. Il sera à Paris lundi où il se joindra au premier ministre Justin Trudeau pour l’inauguration de la nouvelle chancellerie. Il quittera ensuite pour le château de Ditchley Park, tout près d’Oxford en Angleterre, où il présidera une conférence qui portera sur les océans, un sujet qui le passionne, dit-il. « Et on m’approche régulièrement pour siéger sur des conseils d’administration. Disons que je ne m’ennuie pas », laisse-t-il tomber.

Et tout récemment, Lawrence Cannon a complété la rédaction de ses mémoires, un livre qui sera lancé dans quelques mois.

« Paul Terrien, qui était mon directeur de cabinet (au gouvernement fédéral), a collaboré avec moi pour la rédaction de mes mémoires, dit-il. Nous avons écrit ce livre ensemble et c’est pratiquement terminé. Le manuscrit est chez l’éditeur (Les Éditions de l’Homme) et on prévoit un lancement vers la fin de l’été ou au début de l’automne. Paul a une très belle plume. Et paraît-il qu’il a été formé au Droit, lance-t-il en souriant. »

(Paul Terrien a été journaliste et correspondant parlementaire au quotidien Le Droit pendant de nombreuses années.)

« Et quel sera le titre de vos mémoires, M. Cannon ?

— Ce n’est pas encore arrêté, répond-il. L’éditeur propose un titre avec lequel je ne suis pas tout à fait d’accord.

— Quel est ce titre ?

— Je le garde pour moi (rires). Mais tu peux inviter les lecteurs du Droit à m’en proposer un s’ils le désirent. »

C’est fait, M. Cannon.