Le chantier du nouveau Guertin à Gatineau n’est pas encore entamé qu’on parle déjà de coûts supplémentaires.

L’importance des petits caractères

CHRONIQUE / Êtes-vous surpris ? Le chantier du nouveau Guertin à Gatineau n’est pas encore entamé qu’on parle déjà de coûts supplémentaires.

Je lisais le texte de mon collègue Mathieu Bélanger et je me sentais comme le gars qui a oublié de lire les petits caractères en bas de son contrat.

Ma surprise ne provient pas tellement du fait que le futur complexe de la Cité pourrait coûter plus cher. Mais bien de ce que Gatineau pourrait assumer une partie des frais supplémentaires.

On nous a dit et répété que les coûts de construction de ce futur complexe de 4 glaces seraient plafonnés à 79 millions — pas une cenne de plus.

Cette garantie d’un coût fixe, c’était le fer de lance politique de l’entente. Les gens en ont marre des grands chantiers publics qui coûtent plus cher que prévu !

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’en est servi comme argument pour vendre son projet à la population, puis aux députés de l’Assemblée nationale.

S’il devait y avoir des frais supplémentaires, ils seraient entièrement à la charge de Vision Multisports Outaouais (VMSO), le partenaire de la Ville dans ce projet.

C’est ce qu’on nous a dit et répété lors de la présentation du projet, en février dernier.

Or qu’est-ce qu’on apprend, moins d’un an plus tard ? Que ce prix fixe et garanti de 79 millions avait une date de péremption.

En échouant à obtenir un certificat d’autorisation environnementale avant le 31 octobre dernier, Gatineau a perdu la garantie dont elle bénéficiait sur le prix du futur complexe Guertin. Une clause méconnue jusqu’ici prévoit qu’en raison de ce délai, VMSO et la Ville doivent revoir, au besoin, le protocole d’investissement et les conditions de réalisation du projet.

Est-ce un drame ? Sans doute que non.

Trois mois de retard sur l’échéancier, c’est encore gérable. Tant du côté de VMSO que de la Ville de Gatineau, on semble d’ailleurs disposés à trouver un terrain d’entente, sans réviser à la hausse le prix « fixe et garanti » de 79 millions. Quant à la population, elle veut surtout que le dossier se règle sans tomber dans des dépenses exagérées.

Il reste que quelque chose m’agace profondément dans cet épisode. Jamais, au grand jamais, on a cru bon de préciser que cette garantie sur le prix du futur complexe était assortie d’une date de péremption. Personne n’en a fait mention lors de la présentation de l’entente entre VMSO et la Ville en février 2017.

Le maire ne s’en est pas vanté non plus alors que la date butoir approchait du 31 octobre. Faut dire que c’était à quelques jours des élections municipales.

Pour mieux vendre le projet, on a laissé croire à la population que le prix de 79 millions était coulé dans le béton. On vient de comprendre que ce n’est pas tout à fait le cas.