Le Gatinois Benoît Beaulne a offert son harmonium au président de la Corporation d’aménagement de la rivière Blanche et ancien conseiller municipal, Yvon Boucher.

L’harmonium du peuple

CHRONIQUE / On inaugurera une nouvelle chapelle ce matin. Une petite chapelle située au parc Dalton, secteur Gatineau.

Ce lieu de culte viendra s’ajouter à l’école de rang, à la cabane à sucre, à l’ancienne gare de Templeton-Est, à la maison de thé, aux parcs floraux de l’horticultrice Joanne Mongeon, aux trois ponts couverts, aux vergers de pommes, aux ruches d’abeilles et à toutes les autres attractions qu’on retrouve dans ce parc écologique qui – comme dit la pub d’un marchand de meubles – vaut le détour.

Elle est très belle, la nouvelle chapelle du parc Dalton. Mais elle n’est pas grande. Mais pas du tout. Il s’agit plutôt d’une façade de chapelle avec un clocher construit par le président de la Corporation d’aménagement de la rivière Blanche et grand manitou du parc Dalton, l’ancien conseiller municipal de Gatineau, Yvon Boucher.

Elle est si petite, cette chapelle, qu’une fois que monsieur le curé se trouve à l’intérieur, il n’y a pratiquement plus de place pour les fidèles. Ça vous donne une idée.

« Mais des mariages seront célébrés à l’extérieur, devant cette chapelle, explique M. Boucher. Le décor est magnifique. D’ailleurs, nous avons déjà deux réservations pour des mariages qui seront célébrés ici cet été. »

Et ce dernier n’exclut pas la possibilité d’y tenir des messes extérieures les dimanches. « Si un curé veut venir célébrer la messe ici le dimanche matin, il sera le bienvenu », lance l’ancien politicien qui célébrait ses 75 ans, mercredi.

Donc pas de bancs d’église dans cette nouvelle chapelle. Pas d’autel, pas de confessionnal, pas de chaire, pas de tabernacle, pas de statue de la Sainte Vierge ou du Sacré-Cœur et pas de toiles peintes au plafond non plus. C’est une façade, disais-je.

Il y a cependant un objet, un seul, qui se trouve à l’intérieur de la chapelle du parc Dalton. Soit un magnifique harmonium d’une autre époque. Un « orgue d’église » comme il ne s’en fait plus, offert par le Gatinois Benoît Beaulne.

« J’ai acheté cet harmonium d’une dame de Gatineau en 1992, raconte M. Beaulne. Je l’ai payé 400 $. J’ai suis allé fouiller sur le web récemment, et des harmoniums semblables, mais pas aussi beaux que celui-ci, se vendent à plusieurs milliers de dollars. La dame qui me l’a vendu m’a raconté que cet instrument provient d’une église de Chelsea qui a été détruite par le feu. Mais je n’ai pas pu trouver de détails sur la date de cet incendie, ni sur le lieu exact de cette église ou sur cette histoire. J’aimerais bien connaître l’historique de cette église et de cet harmonium, si quelqu’un en sait davantage. »

Ce qu’on sait, c’est que cet instrument de musique a été construit en 1887 par une compagnie d’Ottawa, Robertson, Pingle and Tilley Ltd, et qu’il est en parfaite condition. Un bijou, quoi.

Alors pourquoi M. Beaulne l’a-t-il offert gracieusement au parc écologique Dalton ?

« Je suis récemment déménagé d’une grande maison à un condo d’un peu plus de 1000 pieds carrés et je n’avais simplement plus de place pour cet instrument de musique, répond-il. Je suis venu me promener ici (au parc Dalton), il y a quelques semaines, et j’ai trouvé les lieux très beaux. Lorsque j’ai vu la chapelle, je me suis dit que ce serait l’endroit idéal pour l’harmonium. J’en ai parlé à mon épouse et elle a trouvé l’idée géniale. Elle en avait les larmes aux yeux. Alors, je l’ai offert à M. Boucher et il l’a vite accepté. Mon harmonium, je le donne aux gens de Gatineau. »

« M. Beaulne le donne au peuple et nous allons en prendre bien soin, enchaîne Yvon Boucher. Cet harmonium est ici pour rester. Il n’ira plus nulle part. »

Il ne reste plus qu’un petit détail à régler, à la suite de l’acquisition de cet harmonium par le parc Dalton. Soit de trouver quelqu’un qui sait jouer de cet instrument. Parce qu’il ne s’agit pas d’un simple orgue à clavier. Il y a un pédalier fort différent d’un orgue ou d’un piano à cet harmonium, ainsi que des boutons et des clefs de toutes sortes. Ne joue pas de cet instrument qui veut.

« Donc si quelqu’un sait jouer de l’harmonium, lance M. Boucher, il n’a qu’à se manifester. Nous aurons besoin de ses services pour les mariages et les cérémonies qui se tiendront ici devant la chapelle. Cette personne sera libre de venir se pratiquer quand le cœur lui en dira. »