Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Maxim Lapierre devrait normalement entreprendre une deuxième saison avec les Eisbaren de Berlin.
Maxim Lapierre devrait normalement entreprendre une deuxième saison avec les Eisbaren de Berlin.

L’Europe aussi attend

ESPACE LNH / Les hockeyeurs professionnels de l’Amérique du nord ne sont pas les seuls qui tournent en rond, présentement, sans trop savoir quand le « travail » reprendra normalement.

Petit coup de fil à Maxim Lapierre, pour prendre des nouvelles, plus tôt, cette semaine. L’ancien attaquant du Canadien de Montréal est en Allemagne, avec sa famille.

La DEL, ligue numéro un au pays, fait présentement relâche.

« Écoute... On reste chez nous. On ne prend pas de risques », explique-t-il.

Il est de bonne humeur, malgré tout.

Lapierre devrait normalement entreprendre une deuxième saison avec les Eisbaren (Ours Polaires) de Berlin.

Il se trouve donc dans une des villes les plus intéressantes d’Europe. C’est dommage de ne pas pouvoir en profiter...

« On a commencé un peu à explorer la ville l’an dernier. Il y a tellement d’histoire ! Juste en se rendant à l’aréna où on joue nos matches, on doit franchir le mur. »

La situation du coronavirus n’est pas rose, dans le pays. On enregistre, en moyenne, plus de 10 000 nouveaux cas par jour. Un record a été établi, mercredi, avec 14 964 nouvelles infections annoncées dans une seule journée.

La chancelière Angela Merkel vient d’annoncer une série de nouvelles mesures de confinement.

« À compter de lundi, je pense que pas mal tout sera fermé, sauf les écoles. Les équipes sportives vont pouvoir s’entraîner et jouer, je pense, à condition que les arénas soient vides. Mais je n’ai pas tous les détails... »


« Quand tu commences ta carrière, dans la LNH, tu t’imagines qu’une blessure finira par avoir raison de toi. Un virus, ce n’est pas la première chose qui te vient en tête. »
Maxim Lapierre

Pas évident de suivre et de comprendre l’actualité dans un pays étranger. « Je dirais que Google Translate est fort utile, cette année ! Mes coéquipiers aussi. Ils sont vraiment corrects. Ils prennent le temps de m’expliquer les mises à jour. »

Lapierre se croise les doigts. On discute présentement de la possibilité d’organiser un tournoi à la ronde, avec quelques équipes de la DEL, du 11 novembre au 11 décembre. Les matches seraient présentés à huis clos, mais télédiffusés à l’ensemble du pays.

À 35 ans, il n’est pas prêt pour la retraite. Il a encore le goût de jouer.

« Ce n’est pas la fin de carrière que tu imagines, dit-il. Quand tu commences ta carrière, dans la LNH, tu t’imagines qu’une blessure finira par avoir raison de toi. Un virus, ce n’est pas la première chose qui te vient en tête. Mais je continue de penser que cette situation ne viendra pas mettre un terme à ma carrière. Au contraire ! C’est une des premières fois que je peux me reposer et prendre le temps de soigner les petits bobos. Je vais essayer de prendre avantage de tout ça. Je vais revenir encore plus fort. »

Lapierre a signé un contrat de deux ans, assorti d’une année d’option.

L’hiver dernier, il a inscrit 34 points en 50 rencontres.

Il a surtout servi de mentor au jeune Lukas Reichel, qui était âgé d’à peine 17 ans.

Il a été très fier d’apprendre que son protégé est devenu un choix de première ronde dans la LNH. Les Blackhawks de Chicago l’ont sélectionné au 17e rang, le 6 octobre dernier.

« On jouait dans le même trio. J’ai essayé de lui communiquer mon énergie. J’ai fait ce que j’ai pu pour l’aider. On était toujours ensemble, dans le vestiaire. Ça fait chaud au cœur de le voir connaître du succès. C’est le fun, pour un gars de mon âge, de pouvoir vivre des expériences nouvelles. Et c’est le fun de constater à quel point les jeunes peuvent progresser dans une seule année. Lukas n’est plus le même joueur qu’il était il y a six mois. Il est définitivement en train de devenir un très bon joueur. »

Pendant la pause, Lapierre peut aussi se consacrer à d’autres projets. Il continue de participer aux enregistrements hebdomadaires du podcast La Poche Bleue, avec son vieux complice Guillaume Latendresse.

Tout a commencé de façon pas trop sérieuse, pendant le confinement du printemps. Le public, en manque d’événements sportifs à regarder en direct à la télévision, l’a rapidement adopté.

Aujourd’hui, la Poche Bleue a sa propre bière, fabriquée par la micro-brasserie Le Bilboquet. Elle a son gin aux arômes de bleuets et de mûres sauvages. Cette semaine, on a pu apprendre qu’une sauce BBQ viendra s’ajouter à l’offre de produits dérivés.

Le gin de la Poche Bleue

Avec le décalage horaire, Lapierre doit veiller tard pour continuer à jouer son rôle dans ce grand projet.

« Je me couche tard assez souvent, parce que ça me permet de garder contact avec les gens de chez nous. Moi, je suis le type de gars qui a toujours besoin de faire quelque chose. C’est vrai qu’au début, on faisait ça pour le fun, mais beaucoup de gens nous encouragent à continuer. Les gens qu’on invite nous disent toujours oui. On a la chance d’interviewer des gars comme Martin Brodeur et Vincent Damphousse. On a presque autant de plaisir que les fans. »

Coach Kovalev

Parlant d’anciens du Canadien...

Une vidéo a fait surface sur Internet, cette semaine. Elle n’a pas été assez virale à notre goût. On peut y voir Alex Kovalev livrer un discours de victoire, dans un vestiaire, après un match.

L’Artiste, on le sait, vient de relever un gros défi, en devenant l’entraîneur-chef du Red Star de Kunlun, club chinois de la KHL.

Cette semaine, au terme d’un duel endiablé, son club a vaincu, 2-1, le SKA de Saint-Pétersbourg.

« Voulez-vous bien me dire ce que c’était ? Je vais vous le dire. C’était absolument génial ! Je ne sais à quand remonte notre dernière victoire contre eux. Je peux cependant vous dire que si on joue comme ça chaque soir, on peut battre absolument n’importe qui. »

On imaginait mal Kovy dans un rôle de coach, pour être franc.

Avec son élégant complet et ses lunettes, il est très convaincant.