L’entraineur-chef des Sénateurs, Guy Boucher, est beaucoup plus actif lors des entraînements depuis le début du camp.

L’été lui a fait du bien

CHRONIQUE / C’est la Semaine nationale des entraîneurs. Cette création de l’Association canadienne des entraîneurs (ACE) vise à rendre hommage aux braves gens qui s’impliquent dans les milieux « communautaires et compétitifs ». C’est l’occasion de les remercier pour « l’énorme impact positif » qu’ils ont aux quatre coins du pays.

Malgré tous les pépins et les écueils qu’ils rencontrent sur leur chemin.

Dieu sait qu’ils sont nombreux, les écueils.

L’ACE a créé la campagne #MerciCoach en pensant à tous les bénévoles qui consacrent des heures à travailler avec des enfants et des adolescents.

On ne pensait pas nécessairement à des gens qui, comme Guy Boucher, gagnent beaucoup d’argent pour voyager dans des avions nolisés à travers l’Amérique du nord.

Pourtant, les entraîneurs de carrière qui dirigent des athlètes d’élite ont aussi des écueils à surmonter. Souvent, ils sont gros.

« Quand tu accèdes à la LNH, comme entraîneur, le hockey ne change pas. C’est possiblement la seule chose qui ne change pas. Tout le reste change », m’a lancé Boucher, lundi midi.

« Si c’est ce que tu veux savoir... L’an dernier, ça été très difficile. Pour plusieurs raisons. Certaines choses sont apparentes. La plus grande partie, des choses que les gens ne voient pas, ont fait en sorte que j’ai eu de la difficulté », a-t-il ajouté.

On m’a demandé à quelques occasions, dans les derniers jours, comment Boucher abordait cette nouvelle saison. Je ne savais pas vraiment quoi répondre.

Lundi, pour la première fois de l’automne, j’ai vu quelque chose.

Boucher était un homme différent, lundi, durant la séance d’entraînement intensive de 90 minutes sur la patinoire.

Au cours de ses deux premières années à Ottawa, Boucher a été un entraîneur plutôt passif, durant les entraînements. Il a presque tout le temps laissé son associé Marc Crawford expliquer les exercices au tableau.

C’est le même Crawford, par la suite, qui dirige la circulation sur la glace.

Boucher est presque tout le temps là, mais il se contente souvent d’un rôle d’observateur attentif.

Lundi, c’était différent.

Lundi, quand Crawford donnait ses directives, au tableau, Boucher avait presque toujours des explications supplémentaires à fournir.

Lundi, durant les exercices, le « boss » faisait sentir sa présence. Vers la fin de la séance, dans la portion réservée au patinage intensif, il voulait que ses joueurs sachent qu’il les observait.

Plus tard, lorsqu’il a retiré ses patins pour se rendre à la rencontre de la presse, Boucher n’avait rien perdu de sa vigueur. Son point de presse s’est étiré pendant une bonne vingtaine de minutes. Le responsable des relations avec les médias a décidé d’y mettre fin, prétextant une « rencontre » à laquelle l’entraîneur devait assister.

« J’espère que j’ai répondu à ta question, m’a-t-il balancé en quittant la pièce au pas de course. J’aurais voulu te donner un peu plus d’information... »

Il m’en avait pourtant juste dit assez.

« Tous les entraîneurs qui finissent dans les hauts niveaux travaillent sept jours par semaine. C’est ça, la nature de la job. Tu dors entre trois et cinq heures par nuit, régulièrement. Si tu as deux ou trois heures à passer, chaque semaine, avec ta famille, tu peux te compter chanceux. »

Tu fais ça parce que t’es passionné, dit-il.

Et, malgré tout ce qui lui est tombé sur la tête la saison dernière, Boucher jure qu’il n’a rien perdu de sa passion.

« Le plus dur, c’est de faire la part des choses. Quels sont les éléments circonstanciels ? Sur quoi doit-on se concentrer ? Que doit-on laisser de côté ? Si t’es capable de faire ça, tu as l’esprit en paix. En ce moment, j’ai l’esprit en paix », jure-t-il.

« Je viens de passer un mois et demi dans le bois, à mon chalet. Habituellement, ça permet de remettre les choses en perspective. »

C’est ça qui est ça. L’été lui a fait du bien.

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C’est la Semaine nationale des entraîneurs. En Outaouais, la Fondation Pat-Burns nous rappelle qu’il reste une semaine pour soumettre une candidature pour ses différents programmes de bourses. Cette année, les athlètes, entraîneurs et organismes peuvent tenter leur chance. Renseignements : fondationpat-burns.com.