Mélodie Payette participera au Défi des chefs au profit de Leucan Outaouais le jeudi 22 mars prochain. Sur la photo, Méodie est en compagnie de sa mère, Julie Munger.

Les yeux du courage

CHRONIQUE / Mélodie Payette était le « premier bébé de l’année », avec sa photo dans Le Droit et tout le tralala qui vient avec cet événement annuel. C’était le 1er janvier 2013, il y a cinq ans.

En janvier dernier, lorsque parents et amis l’ont visitée pour lui souhaiter bonne fête et lui offrir des présents, Mélodie s’est demandé pourquoi on lui portait toute cette attention. C’est bien normal, puisque c’était la première fois en trois ans qu’on pouvait la fêter. Avant, elle était malade. Très malade.

Mélodie était âgée de deux ans et demi lorsqu’elle a été admise à l’Hôpital pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO).

« C’était le 3 août 2015, se souvient clairement sa mère, Julie Munger. Mélodie faisait de la fièvre, mais sans symptômes. Et elle avait des bleus sans raison. Je l’ai emmenée chez mon médecin de famille et j’ai immédiatement vu dans les yeux de celui-ci que quelque chose n’allait pas. Je suis pharmacienne de profession, je m’y connais un peu. Et les yeux de ce médecin ne mentaient pas. Quelque chose n’allait vraiment pas. »

Vite au CHEO. Et après trois jours de tests médicaux, le diagnostic a été confirmé. Mélodie était atteinte de leucémie. Du cancer du sang.

« Mon mari et moi étions bouleversés, raconte Mme Munger. Notre vie venait de changer, de s’arrêter. »

Les deux années et demie qui ont suivi ont testé la résilience de ce couple, et surtout celle d’une fillette gravement malade, mais au courage grand comme ses yeux.

« Sa maladie a nécessité deux ans et demi de traitements, affirme sa mère. Durant la première année, Mélodie devait subir des traitements de chimiothérapie aux deux jours. Des traitements qui prenaient de huit à dix heures chacun. Nous habitons près du boulevard Lorrain, à Gatineau. C’était donc une heure ou plus de route pour se rendre au CHEO. Huit à dix heures de traitements. Puis une autre heure de route pour rentrer à la maison avec une petite fille bien fatiguée. »

Mais les traitements ne s’arrêtaient pas là. Mélodie a de plus subi 18 ponctions lombaires, 13 transfusions de sang (donné par son père, Louis Payette, qui est du même groupe sanguin que sa fille), et deux biopsies de moelle osseuse.  

« Et pendant ces deux ans et demi, reprend sa mère, Mélodie devait faire de la chimio orale tous les soirs, sept soirs par semaine. Le nombre de pilules à prendre variait de soir en soir, mais il pouvait s’élever jusqu’à 11 comprimés à prendre le même soir. Et j’ai fait le calcul, Mélodie, au cours de ces deux ans et demi de traitements, a pris 13 000 comprimés. Et jamais elle n’a dit un mot, jamais elle n’a recraché un comprimé. Ma fille a été une vraie championne à travers tout ça. »

Pendant ces deux années et demie de traitements, Mélodie, son frère cadet William et ses parents étaient un peu prisonniers de la maladie.

Le système immunitaire de la fillette était à zéro. Donc toute bactérie ou tout microbe était une menace, un danger mortel. « Il n’y avait pas de sorties, explique sa mère. Pas de visite à la piscine, pas de journée au parc, pas de souper au resto, rien. Pas d’amis à la maison non plus, pas de visite, pas de famille. On a passé trois Noël sans voir personne. Et Mélodie a célébré sa fête pour la première fois en trois ans en janvier dernier. »

Et aujourd’hui ? Mélodie va bien. Elle va mieux. Elle a des suivis médicaux aux 28 jours. Elle célèbre aujourd’hui cinq mois sans chimio. 

« Et chaque jour est un jour de gagné, laisse tomber sa mère. Il faut attendre cinq ans avant que les médecins puissent la déclarer guérie. Mais plus les jours avancent, plus les chances d’un retour de la maladie diminuent. Et Mélodie a bien hâte de commencer l’école en septembre. Et elle a bien hâte aussi au 22 mars prochain. Elle est prête. »

Défi des chefs

Le jeudi 22 mars, Mélodie sera jumelée au président-éditeur du Droit, Pierre-Paul Noreau, et le chef du Château Montebello, Éric Cromer, dans le cadre de la deuxième édition du Défi des chefs, une compétition culinaire amicale entre 11 équipes organisée au profit de Leucan Outaouais. La soirée se tiendra au Palais des congrès de Gatineau et 700 convives sont attendus.

Pour des billets : Leucan Outaouais, 819-663-2228.