Dans le vestiaire, Stone se comporte de plus en plus comme un capitaine.

Les Sénateurs ont un capitaine

CHRONIQUE / Officiellement, il n’y a pas de capitaine. De concert avec ses adjoints, Guy Boucher a identifié quatre joueurs qui porteront des « A » tout au long de la saison.

On peut faire semblant de rien et se prêter au jeu.

On peut aussi s’ouvrir les yeux, 30 secondes, pour se rendre compte qu’en réalité, l’équipe a un capitaine.

C’est Mark Stone.

Stone a été le joueur le plus chaudement applaudi, durant la cérémonie d’avant-match, jeudi.

Quelques minutes plus tard, quand on a eu besoin d’un joueur pour la mise en jeu protocolaire, au centre de la glace, c’est lui qu’on a appelé.

Quand le match – et la saison – ont enfin débuté, il est vite redevenu le joueur le plus efficace sur la patinoire. Il a provoqué deux revirements et une chance de marquer lors de sa toute première présence sur la patinoire.

On croyait bien qu’il avait marqué le tout premier but de la saison, plus tard, au premier vingt. On était sous l’impression qu’il avait fait dévier un tir de loin.

Stone s’est alors mis à gesticuler, très vite. Il pointait Zack Smith avec beaucoup de vigueur.

Il voulait que tout le monde sache que son bon ami, celui-là même qui s’est retrouvé au ballottage la semaine dernière, était le véritable auteur de ce filet.

Stone n’aurait pas pu se montrer plus excité, plus heureux, s’il avait marqué ce but lui-même.

Dans le vestiaire, aussi, Stone se comporte de plus en plus comme un capitaine.

Le grand jeune homme timide qui était pris de tics nerveux dès que les caméras se braquaient vers lui sort rapidement de sa coquille.

Il n’a pas eu peur de dénoncer publiquement la décision de soumettre Smith au ballottage, la semaine dernière. Il s’est arrangé pour que tout le monde sache qu’il n’endossait pas, du tout, l’idée de ses patrons.

Jeudi matin, après l’entraînement d’avant-match, les journalistes y ont goûté à leur tour.

« Certains joueurs jettent un œil à vos chroniques. D’autres ne le font pas », a-t-il d’abord indiqué.

« Moi, je lis. J’aime ça, me tenir au courant de ce qui se passe dans le monde. Je sais que vous n’avez pas confiance en nous. Vous savez quoi ? Ça ne me dérange pas du tout. »

« Nous sommes quand même des joueurs de la LNH ! Nous avons du talent. Nous avons du caractère, surtout. Et nous formons un groupe très uni. Si on peut se mettre à jouer en équipe, très rapidement, on peut connaître du succès. »

C’était juste un petit avertissement amical. Il voulait juste laisser savoir aux médias qu’il est à l’affût. Il ne se montrera pas ouvertement hostile envers ceux qui prédisent une saison de misère à son club.

La preuve : quand la horde de reporters s’est déplacée vers le casier voisin, celui de Matt Duchene, je me suis attardé une minute. Stone s’est mis à me parler de son idole sportive du moment, Tiger Woods.

« Il est le meilleur joueur sur la planète. J’ai toujours su que son talent ne s’était pas complètement évaporé. Au golf, un joueur peut demeurer au sommet pendant un peu plus longtemps. Dans ma tête, je n’ai jamais douté. Tiger ne dominera probablement jamais plus son sport comme au début des années 2000. Mais il demeure, de loin, le joueur le plus doué sur le circuit. »

Stone m’a parlé d’une vidéo qui circule sur Internet. Une vidéo dans laquelle Woods lit des messages écrits par ses détracteurs. « Des gens qui lui disent qu’il ne fera plus jamais rien de bon. Des gens qui lui disent qu’il est bon pour la retraite... »

Cette vidéo a été tournée au plus creux de sa léthargie.

« Il y a peut-être un lien à tisser avec notre équipe. Nous sommes capables de remonter la pente, nous aussi. »