Le botteur recrue du Rouge et Noir, Lewis Ward, continue d’élargir son fan club. Gerry Organ, le plus grand botteur de l’histoire des Rough Riders d’Ottawa, en fait maintenant partie.

Les secrets de la longévité

CHRONIQUE / On s’identifie très facilement à Lewis Ward.

Le botteur de précision du Rouge et Noir d’Ottawa est facile à trouver, quand il saute sur le terrain. Il est, sans contredit, le plus petit joueur de toute la Ligue canadienne de football.

Dans les documents officiels, on dit qu’il mesure cinq pieds et sept pouces.

C’est généreux.

Dans un sport où la force brute compte pour beaucoup, on devine que Ward a dû confondre des quantités importantes de sceptiques pour gravir les étapes.

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On lui souhaite donc, tout naturellement, de connaître du succès. On veut le voir briller au plus haut niveau.

Quand il a inscrit tous les points de son équipe dans un gros match sur la route, la fin de semaine dernière, Ward a continué de solidifier sa place chez les pros. Ce faisant, il a continué de gagner des admirateurs un peu partout en ville.

Gerry Organ, le plus grand botteur de l’histoire des Rough Riders, a même décidé d’adhérer à son fan club.

« J’ai vraiment eu du plaisir à regarder Lewis durant ce match à Hamilton. Je lui souhaite une belle et longue carrière ! Je vais la suivre avec intérêt, et je vais l’encourager », a-t-il gazouillé en début de soirée, samedi.

On ne pense pas spontanément à Gerry Organ quand on pense aux années de gloire des Riders.

On pense au quart-arrière Russ Jackson. On pense au flanqueur Tony Gabriel. On pense au regretté Moe Racine, le géant francophone qui venait de Cornwall.

M. Organ a pourtant sa place à leurs côtés, sur le mur des légendes de la Place TD. Le numéro 71 qu’il a porté entre 1971 et 1983 a été retiré quand il a choisi d’accrocher ses crampons.

On ne parle pas trop souvent de lui, mais il vit à Ottawa. À 73 ans, il demeure très actif. Il s’implique notamment auprès de l’organisme chrétien OneWay Ministries.

Il est toujours content de parler de football quand on lui passe un coup de fil.

« Lewis Ward doit trouver des façons de compenser pour sa taille, m’a-t-il expliqué quand je l’ai contacté, lundi. Il compense grâce à la vitesse de sa jambe. Ce n’est pas quelque chose de complètement inédit dans le sport. Au golf, on parle souvent de la vitesse de l’élan. Selon ce que je vois, la jambe de Ward est puissante et rapide. Il est aussi confiant. Il n’a pas l’air d’hésiter. Il se positionne sur le terrain, il jette un regard vers sa cible et il s’exécute. »

« Surtout, il a l’air de s’amuser. Nous sommes en présence d’un jeune homme qui s’amuse. Il fait partie d’une équipe qui connaît un certain succès. Il a réussi à devenir une des vedettes du moment. »

M. Organ aime bien visiter la Place TD, à l’occasion, mais il n’a pas encore eu la chance de rencontrer le héros de l’heure.

Moi, si. Pas souvent. Je n’ai pas la prétention de le connaître. Durant nos brèves rencontres, j’ai eu l’impression de m’adresser à un jeune homme qui ne s’ajoute pas inutilement de pression sur les épaules. S’il profite pleinement de sa vie de sportif professionnel, il n’a vraiment pas l’air de se prendre trop au sérieux.

Il a surtout l’air de ne rien prendre pour acquis. Ça durera le temps que ça durera.

« Les dirigeants du Rouge et Noir n’avaient pas vraiment l’air de prendre Lewis Ward au sérieux, au départ », a répondu M. Organ, quand je lui ai parlé de tout ça.

« En ce moment, personne ne peut ignorer les résultats. »

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Les temps ont quand même bien changé. Gerry Organ a passé 12 saisons à Ottawa, entre 1971 et 1983. Il effectuait les bottés de précision et les dégagements. « À mon époque, nous avons été nombreux à choisir le moment de notre retraite. Moi, vers la fin, j’aimais toujours les matches. Je voulais qu’on me donne l’opportunité d’effectuer un placement dans la dernière minute de jeu. J’en avais juste marre de gravir à la course chaque semaine les gradins du parc Lansdowne... »

J’ai essayé de comprendre si Ward pourrait s’inspirer du passé pour renverser la tendance actuelle. Depuis le retour du football à Ottawa, en 2014, le Rouge et Noir a utilisé un nombre incalculable de botteurs.

M. Organ ne pouvait pas vraiment répondre à mes questions.

« Lewis est un diplômé universitaire. Il a des options. Qu’il profite du moment. On va lui souhaiter de jouer au football très longtemps. »