En Outaouais, seulement deux arénas sont dotés des matelas de sécurité nécessaires à la pratique du patinage de vitesse : le Complexe Branchaud-Brière (CBB) et l’aréna Baribeau.

Les problèmes du patinage de vitesse

CHRONIQUE / Il n’y a pas de patinoires aux dimensions internationales en Outaouais. Je n’avais jamais cru que ça posait un problème. Ça ne m’avait même jamais traversé l’esprit une seconde.

L’entraîneur-chef du Club de patinage de vitesse de Gatineau (CPV), Éric Forget, m’a gentiment rappelé à l’ordre le mois dernier, durant mes vacances.

M. Forget m’a écrit pour réagir à une vieille chronique de l’été 2017. À ce moment-là, je pensais bien naïvement que la quatrième plus grande ville de la province aurait toutes les installations nécessaires pour accueillir une Finale provinciale hivernale des Jeux du Québec d’ici quelques années. Je croyais que toutes les disciplines de glace pourraient être présentées sous un même toit, dans le secteur de la Cité.

Minute, monsieur. Les quatre surfaces glacées qu’on s’apprête à construire auront les dimensions nord-américaines. Les spécialistes de la vitesse ont besoin de patinoires plus vastes pour s’exécuter.

La Fédération de Patinage de Vitesse confirme. Depuis quelques années, seules les villes misant sur des patinoires internationales peuvent accueillir des compétitions de niveau élite.

C’est une question de sécurité. En cas de chute, les patineurs disposent de quelques mètres de plus pour mieux se préparer à entrer en contact avec la rampe. Ces quelques mètres peuvent prévenir de nombreuses blessures.

Des gens du CPV me jurent qu’ils discutent avec la Ville de Gatineau depuis longtemps.

Clairement, ils n’ont pas parlé aux bonnes personnes. J’ai brièvement discuté avec Alain Sanscartier en milieu de semaine. L’équipement lourd fera bientôt son apparition. Il est trop tard pour retourner à la table à dessin. « De toutes façons, personne, du côté de la Ville, n’a soulevé ce problème, dit-il.

Éric Forget est raisonnable. Il comprend que le patinage de vitesse est un sport relativement jeune, en Outaouais. Le CPVG a vu le jour au début des années 2000, après les Jeux olympiques de Salt Lake City. Une réputation, ça se construit tranquillement.

Un jeune club peut emprunter différents chemins pour bâtir sa réputation. Il peut, par exemple, organiser des compétitions d’envergure dans lesquelles ses membres peuvent se mesurer à l’élite. «En ce moment, nous sommes disqualifiés d’emblée. Nous ne pouvons même pas donner notre contribution», dit-il.

Le moment est peut-être bien choisi d’en parler.

On dit que la Ville devra forcément construire d’autres patinoires dans les années à suivre. Déjà, on parle d’un complexe dans le secteur du Plateau et d’un autre, pour Masson-Angers et Buckingham.

Et ça pourrait se faire plus tôt qu’on pense.

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Les gens qui s’occupent de patinage de vitesse en Outaouais ont un autre problème. Un problème plus pressant, encore.

Les adolescents qui sont inscrits au programme sport-études n’ont pas vraiment d’endroit où s’entraîner, cette année.

Le problème est le suivant. En Outaouais, seulement deux arénas sont dotés des matelas de sécurité nécessaires à la pratique de leur sport : le Complexe Branchaud-Brière (CBB) et l’aréna Baribeau.

Durant les après-midis, en semaine, les deux patinoires du CBB sont occupées par les jeunes garçons et filles du programme sport-études hockey. Baribeau est occupé par ceux du patinage artistique.

Une fois par semaine, les patineurs sur courte piste se rendent à l’aréna Campeau, où ils ne peuvent faire des exercices techniques. «Ça donne du patinage de vitesse... lent», explique M. Forget.

Du patinage de vitesse lent. J’avoue que j’ai du mal à l’imaginer.

Ça doit ressembler à un match de volley-ball sans ballon.