Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Élaine Dupras
Élaine Dupras

Les oubliés du déconfinement sportif

CHRONIQUE / Pourquoi le Québec ne fait-il pas comme la Saskatchewan ?, se demande Élaine Dupras, directrice générale de la Sporthèque de Gatineau.

Bonne question.

Le vénérable centre sportif, qui compte 5500 membres et existe depuis 1981, est fermé depuis le début de la pandémie. Sa directrice ne sait toujours pas quand elle pourra rouvrir ses terrains de tennis et de squash intérieurs, sa piscine, ses salles d’entraînement…

« Ce qui est un peu décevant, raconte Élaine Dupras, c’est qu’il n’y a pas de plan pour nous au Québec. Je regarde la Colombie-Britannique et la Saskatchewan. Là-bas, ils ont établi des plans de déconfinement par étapes. Ici, on ne sait rien. Nous sommes incapables d’avoir l’information… »

De fait, la Saskatchewan a prévu la réouverture des centres sportifs dans la quatrième de ses cinq phases de déconfinement. La province des Prairies n’a toutefois pas fixé une date de réouverture. Tout dépendra du degré de contrôle de l’épidémie. Au moins, les centres sportifs de la Saskatchewan ont une idée de ce qui les attend…

Signe encourageant, le gouvernement Legault a déconfiné plusieurs sports extérieurs cette semaine. Comme le golf ou le tennis. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas déconfiner aussi le tennis intérieur ?, s’interroge Élaine Dupras. « Y a-t-il une si grande différence entre jouer à l’intérieur et à l’extérieur ? Il n’y a pas plus de risques. Surtout qu’on autorise seulement le jeu en simple. En outre, chaque joueur devra servir avec ses propres balles, sans toucher celles de l’autre… Comment veux-tu, dans ces conditions, te contaminer sur un terrain de tennis ? »

Encore une fois, bonne question.

Autre signe encourageant : les camps d’été ont de bonnes chances d’ouvrir à la Sporthèque. « Québec a sorti, vendredi passé, tout un cahier de procédures, reprend Mme Dupras. C’est tout un casse-tête ! Ça prend un ratio de 5 enfants par animateur. Ça prend une distanciation de 2 mètres en tout temps — même en vélo. Mais nous y parviendrons. Il faut que nos camps de jours aient lieu, sinon il nous faudra rembourser quelque chose comme 150 000 $. »

La directrice a bon espoir que la Sporthèque survivra à la pandémie. Mais il lui faudra gérer ses finances de manière serrée. La plupart de ses employés touchent un revenu grâce au programme fédéral. Quant aux membres, 85 % d’entre eux continuent de payer leur abonnement contre la promesse d’un crédit à la réouverture. « Les gens nous encouragent. On a beaucoup de messages de solidarité », se réjouit Élaine Dupras.


« Nous sommes prêts. On attend seulement le feu vert du gouvernement »
Élaine Dupras

La Sporthèque a repensé ses activités en fonction de la fameuse règle du 2 mètres. Les appareils de musculation ont été distancés les uns des autres. La moitié des appareils cardios a été mise au rancart pour faire de la place. Les groupes de yoga seront coupés de moitié pour respecter la distanciation, tout comme le Studio Fit.

Du personnel supplémentaire est prévu pour désinfecter appareils et salles d’entraînement. Des lampes UV ont été installées pour désinfecter l’environnement…

« Nous sommes prêts, résume Élaine Dupras. On attend seulement le feu vert du gouvernement. J’écoute les points de presse de François Legault tous les jours. Mais il ne parle jamais des gyms, ni des centres sportifs. Nous ne sommes pas dans la conversation… »

Chose certaine, plus rien ne sera comme avant.

Le plus triste ?

Adieu la bière entre amis après le tennis ou le squash.

En temps de pandémie, plus question de traîner au centre sportif.

On viendra s’entraîner, et on repartira se doucher à la maison…

Le judo ? Fini pour un bout. Tout comme le squash, mon sport de prédilection. Impossible de respecter la règle du 2 mètres dans un sport où les contacts sont fréquents entre les deux joueurs…

« Pour le squash, estime Élaine Dupras, on va sans doute permettre l’entraînement solo et les joutes entre personnes d’une même famille à compter de l’automne. »

Entre personnes d’une même famille, vraiment ?

Blonde chérie, que dirais-tu d’une petite partie de squash cet automne ?