La Place TD sera l'hôte de la 105e Coupe Grey.

Les mal-aimés de la coupe Grey

CHRONIQUE / «Ça va être beau, tantôt, quand les fans des Argos vont débarquer par... dizaines à la Place TD... »

Je ne sais plus trop qui est l’auteur de cette perle. J’ai vu ça passer sur Twitter, à la conclusion de la Finale de l’Est de la LCF.

On faisait ici un clin d’œil aux milliers de partisans torontois qui prennent d’assaut le Centre Canadian Tire lors de chaque match opposant les Sénateurs aux Maple Leafs.

J’ai souri.

Ce tweet, si court soit-il, illustre parfaitement le défi auquel la LCF est confrontée ces jours-ci.

Toronto constitue le plus important marché publicitaire et médiatique au pays. Plus de six millions de personnes y vivent, selon les plus récentes données de Statistiques Canada.

Toronto est aussi une formidable ville sportive.

Les Leafs continuent d’y régner, un peu comme le Canadien règne sur Montréal.

La différence, c’est que les Glorieux règnent sans partage sur la métropole québécoise.

En Ontario, la fierté torontoise s’articule autour de plusieurs axes. Il suffit de se promener aux alentours du Rogers Centre, en plein été, pour se rendre compte à quel point les 18-34 ans composent une grande partie de la clientèle des Blue Jays.

Les Raptors ont su rallier les amateurs de basket-ball d’un pays au grand complet autour du mot-clic #WeTheNorth.

Le Toronto FC a lui aussi réussi à prendre sa place.

Les Argos ?

Il serait facile de vous répéter que les Argos constituent toujours l’exception à la règle. Malgré tous les efforts fournis dans les derniers mois par leurs nouveaux propriétaires, Larry Tanenbaum et Bell Canada, rien ne fonctionnait. Ils formaient, encore et toujours, l’équipe qui se noyait dans la masse. Ils étaient ceux qui ne soulevaient pas les passions.

On pourrait s’inquiéter, tous ensemble, de l’avenir d’une ligue nationale qui est incapable de s’imposer dans la plus grande ville au pays

Tout ça nous semble toujours vrai... mais on dirait que ça change.

C’est encore très embryonnaire, on ne s’emballera pas trop vite. Les réseaux TSN et RDS viennent de dévoiler les cotes d’écoute du week-end dernier. Dans la région métropolitaine torontoise, elles ont fait un bond appréciable. Les amateurs des autres régions du pays qui ont suivi le match à la télé ont noté que, pour une fois, les gradins de BMO Field étaient – presque – remplis.

Dans les gradins, on trouvait quelques membres très influents de la génération montante torontoise.

Mitch Marner portait fièrement sa casquette frappée d’un gros « A » majuscule. Il a même pris le temps de descendre au vestiaire, après le dernier coup de sifflet, pour aller féliciter les nouveaux champions de l’Est. 

Des caméras l’ont montré célébrer la victoire de Toronto avec une autre vedette montante, le demi à l’attaque James Wilder fils.

Les Argonauts ont déjà compté pour les Torontois.

Au début des années 1990, on remplissait le SkyDome pour applaudir Mike Clemons, la superstar mieux connue sous le sobriquet de « Pinball ».

Encore une fois, la prudence est de mise.

Le jeune Wilder, dont on vient de parler, débute à peine sa carrière. Force est cependant de reconnaître qu’il a tout pour plaire au public torontois.

Avant même de poser un pied au Canada, on le connaissait. Son père, qui porte le même prénom que lui, a été une vedette dans la NFL dans les années 1980.

Fiston a vite prouvé qu’il avait du talent.

Il a surtout prouvé qu’il était sérieux. Mardi soir, en descendant de leur avion, les vétérans des Argos portaient des vêtements décontractés. Lui, il portait un complet. Il est venu pour travailler.