Alex Formenton peut jouer du coude devant le filet adverse, mais il sait aussi utiliser sa vitesse quand vient le temps de défendre sa zone.

Les jeunes, le bon, le mauvais...

Brady Tkachuk qui marque deux buts à son tout premier match au Centre Canadian Tire. Tous ces experts du dimanche qui ne l’avaient jamais vu en action, mais qui le jugeaient sévèrement en raison de ses statistiques dans les rangs universitaires, rouspètent un peu moins fort, maintenant.

Maxime Lajoie qui en marque deux, lui aussi, et qui ne semble pas intimidé du tout quand on lui demande de piloter l’attaque massive d’une équipe de la LNH.

Alex Formenton, plus discret, qui trouve quand même le moyen de faire de belles choses. Il sait déjà comment utiliser sa vitesse dans des missions défensives.

Les spectateurs n’étaient pas nombreux, au CCT. Ceux qui ont choisi de faire le voyage jusqu’à Kanata ont pourtant passé une belle soirée.

Les jeunes loups des Sénateurs ont réussi à faire lever le party.

On pourrait faire porter l’odieux de la défaite au vieux gardien. Craig Anderson a laissé passer un mauvais but de plus que son rival Calvin Pickard, en deuxième période.

Le filet du vieux a encore une fois été pris d’assaut. Les Flyers ont lancé 44 fois vers lui.

Ça lui fait une moyenne de 41 tirs après trois départs. Si ça continue comme ça, bien longtemps, il ne gagnera pas trop souvent.

Même si la saison est jeune, le talon d’Achille des « nouveaux » Sénateurs est bien évident.

Les jeunes joueurs de Guy Boucher ont l’air particulièrement jeunes quand ils doivent se défendre, sans la rondelle, dans leur territoire.

Les Blackhawks et les Maple Leafs ont été les premiers à s’en apercevoir. Les Flyers ont fait la même découverte dans les dernières heures.

Quand les Sénateurs se retrouvent coincés dans leur zone, ils peuvent y rester longtemps.

Ce fut un des principaux sujets de conversation, cette semaine, à Kanata.

Quand Guy Boucher dit qu’il jongle avec ses effectifs, à la recherche des bonnes combinaisons en défensive, il essaie de limiter les dégâts. Le coach a dit après l’entraînement de mardi qu’il ne peut demander aux vétérans Mark Borowiecki et Cody Ceci d’affronter les meilleurs éléments adverses, soir après soir.

« Ce serait irréaliste », a-t-il déclaré, et personne n’a cherché à le contredire.

Mercredi, on a surtout vu le duo Thomas Chabot-Dylan DeMelo contre Claude Giroux, Sean Couturier et Jakub Voracek.

Les trois gros canons ont marqué quatre des sept buts des Flyers.

Quelques heures avant le match, j’ai posé une question qui me semblait toute simple, à Boucher.

Quand il est si difficile de se défendre en zone défensive, où commence-t-on à faire le ménage ?

« En ce moment, on joue différemment des dernières années. L’an dernier, on était plutôt bons pour empêcher les tirs de l’intérieur. Cette année, on applique un système différent, à cause de nos jeunes. On ne peut pas appliquer une couverture d’homme à homme. Pour jouer de cette façon, il nous faut des joueurs d’expérience. On sait qu’on est faibles à ce niveau. Ça va nous prendre des mois d’apprentissage. C’est le gros challenge. On le dit depuis le début. Il nous manque d’expérience », a-t-il babillé.

Traduction libre : il n’y a pas de solutions en vue.

Les Sénateurs vont connaître d’autres soirées comme celle-là. Tout le monde devra s’armer de patience.

Parlons des sièges vides. Encore une fois.

Non, je ne suis pas surpris. Je m’attendais à ce que certains matches soient présentés devant des foules inférieures à 10 000 spectateurs, cette saison. Les partisans sont en colère. La direction des Sénateurs récolte ce qu’elle a semé pendant de (trop) nombreuses années.

Il ne faut pas pour autant s’énerver et s’imaginer que cette équipe déménagera à Houston, la saison prochaine.

De bonnes organisations ont vécu des périodes de crise, dans de bons marchés de hockey, au cours des 20 dernières années.

La plupart ont réussi à se relever.

Les Sénateurs ne sont pas sortis du bois. Il faut s’attendre à passer d’autres soirées dans un CCT aux gradins largement dégarnis, dans les prochains mois.

Les nouveaux lieutenants du propriétaire Eugene Melnyk ont pris quelques bonnes décisions dans les dernières semaines. Il en faudra davantage. Il faudra de la patience, surtout.

Il faudra des mois, peut-être même des années, pour réparer les pots qui ont été cassés dans la dernière année.