Le premier porte-parole du Festival des montgolfières de Gatineau, Gaston Lepage, en compagnie du fondateur de l’évènement, Jean Boileau

Les envolées de Gaston Lepage

CHRONIQUE / Dites au comédien Gaston Lepage qu’on le voit moins souvent à la télé qu’auparavant, il vous répondra en riant que « c’est parce que vous ne regardez pas le bon poste ».

« Mais c’est vrai que je joue un peu moins, dit-il plus sérieusement. J’avance en âge, j’aurai 70 ans l’hiver prochain. Et c’est drôle, mais, des rôles de jeune premier, on ne me les propose pas. Et fait, on ne me les a jamais proposés ! (Rires)

«Je travaillais sept jours sur sept dans le temps, reprend-il. Quand je ne jouais pas, j’animais des émissions, des quotidiennes. Je travaillais vraiment beaucoup et j’étais tous les jours à la télé. Tout le temps, tout le temps. Là, j’y suis moins et c’est la différence. Mais je travaille pareil. Je tourne présentement dans le film La beauté du monde d’André Forcier, c’est le huitième film que je fais avec lui. J’ai un rôle dans Unité 9 et je fais des courts métrages avec des gens. Mais c’est vrai que je suis moins souvent à la télé et que je travaille un peu moins aussi. Comme je disais, j’aurai bientôt 70 ans.»

Tracer la liste des émissions et des longs métrages dans lesquels Gaston Lepage a joué nécessiterait quelques pages de ce quotidien. À la télé, par exemple, on l’a vu dans La Petite Patrie, Les Brillant, Le parc des Braves, Cormoran, Les Bougons c’est aussi ça la vie !, Bouscotte et , tout récemment, Les pays d’en haut. Des dizaines d’autres émissions s’ajoutent à cette liste.

Au cinéma, Gaston Lepage a joué, entre autres, dans J.A. Martin photographe, Le Matou, Jésus de Montréal, Les invasions barbares, Aurore, L’âge des ténèbres et Maman est chez le coiffeur.

En fait, pour mieux saisir l’ensemble de son oeuvre, disons que Gaston Lepage a joué dans 42 films au cours des 39 dernières années… soit une moyenne de plus d’un film par année.

Très peu de comédiens peuvent en dire autant.

Les montgolfières et la grosse vache
Les gens de l’Outaouais connaissent bien Gaston Lepage, lui qui a été le tout premier porte-parole du Festival de montgolfières de Gatineau, un rôle qu’il a assuré de 1992 à 1999.

«Je conserve de merveilleux souvenirs de ces années-là, dit-il. C’est tellement beau de voir des montgolfières s’envoler à l’aube. Et je parlais à l’année et sur toutes les tribunes du Festival de montgolfières de Gatineau et de tout ce qui entoure la montgolfière, le vol et ce festival. Ça m’entretenait à l’année. Et durant le festival, je faisais deux ou trois vols, parfois plus. C’était merveilleux. Et je n’oublierai jamais la grosse vache.

—Heu… pardon M. Lepage ? Vous n’oublierez jamais la… quoi ?

— La grosse vache. On s’était perdu avec cette grosse vache. Il s’agissait d’une énorme montgolfière de démonstration, la plus grosse du festival à l’époque, qui avait la forme d’une vache. Le pilote et moi nous sommes perdus dans le bois avec la vache. Le vent nous avait poussés dans une direction où l’on ne pouvait pas atterrir, au-dessus d’une immense forêt. Il fallait attendre d’être rendus je ne sais trop où pour pouvoir atterrir, peut-être dans le Nord de l’Ontario ! (Rires), Mais c’était de la forêt sous nous, juste de la forêt et encore de la forêt. Puis finalement, on a pu atterrir sur une petite route pas plus large que la vache. L’équipe de poursuite qui nous suit toujours nous avait complètement perdus et nous n’avions pas de communications téléphoniques. De toute façon, je n’avais aucune idée où nous étions rendus ! Mais on a fini par joindre l’équipe, je ne me souviens plus trop comment, et on est rentré à Gatineau vers 23 h. Puis on a plié la grosse vache. Qu’elle était énorme !

— Vous n’avez pas eu peur ?

— Non, pas du tout. Dans une montgolfière, tout se fait lentement. C’est smooth», répond-il, lui qui est pilote d’hydravion depuis plus de 35 ans et pilote d’hélicoptère depuis une vingtaine d’années.

Le prix Jean Boileau
Gaston Lepage sera de passage à Gatineau le 2 septembre prochain, pour recevoir le Prix Jean Boileau qui souligne la contribution et l’engagement des artisans du Festival de montgolfières de Gatineau.

«J’accepte ce prix avec beaucoup d’honneur, dit-il. On m’a appelé pour me demander si j’aimerais recevoir ce prix et j’ai répondu : ‘écoutez, je ne peux pas m’en empêcher’. (Rires)

«Oui, j’ai travaillé pour ce festival, mais beaucoup moins que les gens que j’ai rencontrés qui étaient bénévoles. Ces gens travaillent fort année après année. Je pense que je vais accepter ce prix en leur nom. Pour tous les autres qui ne le recevront jamais, mais qui le méritent autant, sinon plus que moi.»

La cérémonie se déroulera le dimanche 2 septembre sur la scène Casino Lac-Leamy.