Grande question existentielle pour vous ce matin, amis lecteurs : pourquoi aime-t-on les chansons et la musique de Noël ?

Les chansons de Noël

CHRONIQUE / Grande question existentielle pour vous ce matin, amis lecteurs : pourquoi aime-t-on les chansons et la musique de Noël ?

Pensez-y. Année après année, la radio et les centres commerciaux font tourner ces chansons pendant deux, trois et même quatre semaines consécutives, et pratiquement personne ne semble s’en lasser. Toujours les mêmes chansons, toujours les mêmes tounes. Oui, les interprètes varient. Le petit renne au nez rouge a sûrement été chanté et endisqué par au moins 500 artistes au fil des décennies. Mais ça demeure tout de même la même maudite chanson. Le petit renne que personne n’aime et au nez écarlate plus gros que sa tête, à la fin, il guide le chariot du père Noël. Désolé de vous vendre le punch…

Il y a une quinzaine d’années, peut-être même plus, une station de radio très populaire en Outaouais et dans l’Est ontarien a décidé de faire tourner des chansons de Noël dès le 1er décembre. Que des chansons des Fêtes, 24 heures par jour, sept jours par semaine. J’ai donc pris la plume et j’ai rédigé un papier dans lequel je me suis défoulé contre la musique et les chansons de Noël et contre cette décision de la station en question.

Il n’en fallait pas plus pour que je reçoive une tonne, mais une tonne d’appels et de courriels de bêtises et d’insultes. (C’était avant les réseaux sociaux et Dieu merci ! Si ceux-ci avaient existé à l’époque, j’aurais fort probablement été lapidé sur la place publique, chassé de la région, et j’écrirais aujourd’hui le feuillet paroissial pour l’église de Portage-du-Fort dans le Pontiac. Population : 266).

C’était il y a 15 ans, peut-être même plus.

L’autre jour, un samedi, j’étais au volant de ma voiture et j’écoutais une station de radio que j’aime bien, car elle est l’une des rares qui fait tourner des chansons de mon époque. Les autres se sont pratiquement toutes converties au hip-hop, au rap, au « je ne sais trop quoi » et aux chanteuses aux petites voix aiguës. Alors j’écoutais ma musique de OK boomer lorsqu’un classique du temps des Fêtes s’est mis à tourner. À la mi-novembre. À 40 jours de Noël. Je l’ai écouté du début à la fin…

Pourquoi ? La nostalgie, sans doute. La nostalgie de ces Noëls insouciants de mon enfance alors que toute la famille était ensemble, en congé, que le temps semblait s’arrêter, que le sapin illuminé trônait dans le salon et que les cadeaux sous ses branches n’attendaient qu’à être déballés au réveillon après la messe de minuit.

C’était beau tout ça. C’était doux. Et ces moments magiques étaient bercés par les mélodies de Noël.

La fin de semaine dernière, ma douce moitié a décidé que le temps était venu de décorer notre nid pour les Fêtes. Il y a 20 ans, j’aurais répliqué par un : « mais pourquoi ? Il est beaucoup trop tôt pour ça ! On vient à peine de digérer les bonbons d’Halloween !». Mais samedi dernier, avant même d’ouvrir la première boîte de « gugusses » décoratifs, j’ai d’abord fait jouer de la musique de Noël. Parce qu’on ne peut pas décorer un sapin sans écouter Frosty the Snowman ou Promenade en traîneau. Un ne va pas sans l’autre.

C’est joyeux, une chanson de Noël. C’est entraînant. Mais c’est surtout nostalgique.

Quand j’écoute Noël blanc et que j’entends les paroles « je revois tes yeux clairs, maman », je pense à ma mère qui a quitté ce monde à l’âge de 55 ans, j’en avais 22. Je les revois, ses grands yeux clairs. Je la revois décorer le sapin avec papa. Je revis ces Noëls d’enfance.

C’est peut-être la raison pour laquelle on aime tant cette musique. Pendant un bref moment, elle nous replonge dans nos souvenirs, dans de doux moments d’enfance et à une époque d’innocence et sans-souci qui semblait éternelle.

Les classiques de Noël nous ramènent magiquement à tout ça et le temps s’arrête… le temps d’une chanson.