Les Penguins bénéficient de deux gardiens de but numéro un dans le même vestiaire. Matt Murray et Tristan Jarry se partagent le travail devant le filet.

L’ère du gardien numéro 1B

CHRONIQUE / Dans le hockey, les nouvelles tendances arrivent généralement en faisant du bruit. Elles bousculent les idées reçues et provoquent de vifs débats.

Parfois, même si c’est plus rare, les révolutions se font lentement et naturellement.

Ça se passe comme suit : un entraîneur tente une expérience, ça donne des résultats encourageants. L’année suivante, un de ses confrères l’imite avec autant de succès. Petit à petit, ça fait école.

Il faut se demander si l’utilisation des gardiens de but, par les équipes de pointe, n’est pas en train de subir un changement, tout en douceur.

Il paraît que la bonne humeur est présente, au quotidien, à Pittsburgh. L’infirmerie se vide, petit à petit. Le directeur général Jim Rutherford a fait son shopping printanier, faisant l’acquisition d’un attaquant capable d’évoluer dans un trio offensif, Jason Zucker.

Surtout, on se réjouit de constater que Matt Murray affiche sa forme des beaux jours.

« Il a retrouvé ses réflexes », a déclaré l’entraîneur-chef Mike Sullivan, après le match de dimanche après-midi.

« Il n’a pas de misère à suivre la rondelle. Il contrôle très bien ses retours. En somme, il a recommencé à faire tout ce qu’il a fait, depuis son arrivée avec les Penguins. »

« Il faut lui lever notre chapeau, parce qu’il a travaillé fort. »

Depuis le retour de la pause de Noël, le jeune vétéran présente une fiche de 7-1-1.

Les Penguins n’étaient pas trop à plaindre, durant un automne où il était moins efficace. Le jeune Tristan Jarry a pris le témoin. Il a été si bon dans la première moitié du calendrier qu’il s’est retrouvé au Match des étoiles.

Sullivan se retrouve donc avec deux gardiens de but numéro un dans le même vestiaire. Ça ne lui fait probablement pas peur. Les Penguins ont gagné la coupe deux fois d’affilée, en 2016 et 2017, avec Murray et Marc-André Fleury qui coexistaient de façon pacifique.

Pittsburgh ne représente pas un cas unique. Un peu partout, à travers la ligue, on retrouve cette saison des gardiens réservistes qui ont obtenu 40 % ou plus des départs de leurs équipes. C’est le cas à Boston, en Caroline, au Colorado, à Dallas, à Edmonton, à Nashville, sur Long Island et à Philadelphie.

On remarque que dans toutes ces villes, les équipes sont en position de participer aux séries éliminatoires.

« C’est certain que le hockey a changé depuis que je suis arrivé dans cette ligue, a indiqué le vétéran des Bruins Jaroslav Halak à un journaliste de La Presse, pas plus tard que la semaine dernière. Les équipes qui préfèrent se fier à deux gardiens sont plus nombreuses. Je pense que ça tombe sous le sens, avec tous les clubs qui doivent voyager beaucoup et aussi souvent plus loin. De nos jours, on arrive très tard à l’hôtel sur la route, et on doit composer avec un style de jeu qui est de plus en plus rapide. À mes yeux, un système à deux gardiens, c’est bénéfique. »

À Nashville, c’est un peu le même principe. On croyait les Predators morts et enterrés. Ils sont revenus dans la course quand ils ont décidé de faire une plus grande place au jeune Juuse Saros.

Pekka Rinne a toujours été un bon joueur d’équipe. À 37 ans, ça ne va pas changer !

« Je comprends parfaitement la situation, a-t-il commenté, dans un entretien avec le quotidien local de Nashville, The Tennessean. Nous sommes en train de lutter pour notre survie. C’est un peu comme si nous étions déjà en séries. J’essaie d’être un bon coéquipier. »

Rinne aimerait gagner la coupe avant d’accrocher ses jambières. Si Saros peut l’aider...

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ILS NE POUSSENT PAS DANS LES ARBRES

Pour les équipes qui aimeraient améliorer leur profondeur, devant le filet, les options ne sont pas très nombreuses.

Un seul gardien de but numéro un est réellement susceptible de changer d’adresse, dans les prochains jours, d’ici la date limite des transactions. 

Il s’agit de Robin Lehner.

Et, puisqu’il connaît une bonne saison, les Blackhawks de Chicago pourraient fort bien décider de le garder.

Les équipes qui aimeraient s’améliorer durant la saison morte auraient peut-être intérêt à imiter l’Avalanche du Colorado en sortant des sentiers battus.
Personne ne connaissait vraiment Pavel Francouz, l’an dernier. Cet hiver, le droitier qui est originaire de la République tchèque a entrepris 22 parties devant le filet de son club.

« J’espérais simplement qu’une équipe de la LNH prenne une chance quand j’ai voulu quitter la Russie », a-t-il expliqué à L’Athlétique, en décembre.

Dans la KHL, il avait complété deux saisons consécutives avec une moyenne inférieure à deux buts alloués par match.

« Je voulais juste ma chance. Je voulais essayer. »