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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Des Ontariens viennent skier ou marcher dans le parc de la Gatineau, alors qu’en principe, ils devraient rester chez eux, en Ontario, avec les nouvelles consignes sanitaires.
Des Ontariens viennent skier ou marcher dans le parc de la Gatineau, alors qu’en principe, ils devraient rester chez eux, en Ontario, avec les nouvelles consignes sanitaires.

L’envahisseur ontarien

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CHRONIQUE / Voilà que Chelsea, la très charmante porte d’entrée du parc de la Gatineau au Québec, se plaint d’être envahie par les Ontariens.

Ils viennent skier ou marcher dans le parc, alors qu’en principe, ils devraient rester chez eux, en Ontario, avec les nouvelles consignes sanitaires.

La mairesse de Chelsea, Caryl Green, voudrait que la Commission de la capitale nationale clarifie les règles dans le parc de la Gatineau. Mais la CCN, fidèle à elle-même, refuse de restreindre l’accès du parc, voire de donner des contraventions…

De toute manière, personne ne veut envoyer les policiers aux trousses des Ontariens qui se déplacent au Québec. Le dossier est délicat et on préfère s’en remettre à la bonne volonté des gens.

Sauf que se fier à la bonne volonté des gens ne suffit plus quand la courbe pandémique s’accentue de manière aussi inquiétante, autant au Québec qu’en Ontario.

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La mairesse de Chelsea n’est pas en faveur de ramener les barrages routiers sur les ponts interprovinciaux. Je suis d’accord avec elle. On pénaliserait inutilement les travailleurs qui doivent légitimement circuler d’une province à l’autre.

À défaut d’envoyer la police aux trousses des Ontariens, peut-être qu’on pourrait installer des panneaux à l’entrée des stationnements de la CCN. Un panneau qui rappellerait le message éloquent de Doug Ford à la population de l’Ontario: Stay home! Restez à la maison!

L’idée n’est pas de déclencher une guerre interprovinciale.

La mairesse de Chelsea, Caryl Green

En temps normal, l’économie de Chelsea et des villages environnants profitent de la présence des Ontariens. Ils viennent y consommer des repas, un café ou une crème glacée. Quant aux stations de ski de l’Outaouais, leur bonne santé dépend largement de la clientèle ontarienne.

Mais nous vivons des temps d’exception.

Ces visiteurs ontariens, qu’on accueille habituellement à bras ouverts au Québec, sont désormais perçus comme une menace pour la santé publique.

Mais à qui la faute, dans le fond?

En partie, je dirais, à l’absence de véritables discussions entre l’Ontario et le Québec pour coordonner les mesures sanitaires dans la région d’Ottawa-Gatineau. Les deux provinces continuent d’émettre indépendamment leurs consignes, comme si la voisine n’existait pas… Il en résulte une grande confusion.

En ce moment, les consignes sont très claires au Québec: reconfinement et couvre-feu. Mais pas aussi claires en Ontario. Dans la province de Doug Ford, le mot d’ordre général est de rester à la maison. Mais on permet toutes sortes d’exceptions, dont les déplacements pour faire de l’exercice physique et les rassemblements de cinq personnes à l’extérieur… Je comprends les Ontariens d’y perdre leur latin. Et de s’égarer au Québec où on leur recommande pourtant de ne pas se déplacer!

Il en résulte également un sentiment d’injustice. Ceux qui respectent les consignes, qui font des sacrifices pour le bien commun, ont l’impression d’être les dindons de la farce. Avec pour résultat qu’on cherche des boucs émissaires. Après les voyageurs dans le Sud, au tour des Ontariens de se faire montrer du doigt.

Dans le fond, Chelsea vit la même situation que Saint-Sauveur avec Montréal… à la différence que Saint-Sauveur et Montréal relèvent de la même province. Qu’Ottawa et Gatineau n’essaient même pas d’adopter une approche commune face au coronavirus dépasse l’entendement. Le virus, lui, doit bien rire dans sa barbe…