Richard Therrien
Avec «L’effet secondaire», qui se décline autant à la télé que sur le Web à partir de vendredi, Radio-Canada veut reconquérir les jeunes ados.
Avec «L’effet secondaire», qui se décline autant à la télé que sur le Web à partir de vendredi, Radio-Canada veut reconquérir les jeunes ados.

«L’effet secondaire»: on y croit

CHRONIQUE / Nico propose d’apporter de la vodka à un party pour faire partie de la gang. Axelle s’invente une carrière de gymnaste et des talents de dessinatrice pour séduire un garçon. Louka refuse de fréquenter Fanny parce qu’il est gai. On nous avait prévenus avant le visionnement : il faut se mettre dans la peau d’un ado de 11-12 ans pour apprécier «L’effet secondaire». C’est vrai. Au début du secondaire, on a encore un pied dans l’enfance, et nos préoccupations sont tout autres : le premier baiser, les gangs à l’école, l’intimidation, voire les troubles alimentaires ou l’anxiété.

Avec L’effet secondaire, qui se décline autant à la télé que sur le Web à partir de vendredi, Radio-Canada veut reconquérir les jeunes ados. Question de ne pas perdre une génération au profit des Netflix et Disney+ de ce monde. La clé : coller le plus possible à la réalité. Quand commence L’effet secondaire, adaptation québécoise d’un format hollandais très populaire, on sait qu’on a affaire à quelque chose de jamais vu : une fiction tournée à la façon d’un docu-réalité, dans une véritable école. Oubliez Watatatow et Subito texto, les classes de L’effet secondaire sont pleines comme dans la vraie vie, contrairement aux sept ou huit élèves qu’on voit dans d’autres séries. Et quand l’alarme de feu est déclenchée, la cour d’école est remplie d’élèves.

Je me souviens de Casting – À l’école de la vie, une quotidienne où de jeunes comédiens improvisaient leurs répliques à la façon d’un documentaire. L’émission de TQS, qui portait le sceau d’approbation de Guy Fournier, est une des pires affaires que j’ai vues dans ma vie. Heureusement, on est complètement ailleurs avec L’effet secondaire. D’abord, les acteurs, beaucoup plus jeunes, n’improvisent pas même si on peut le croire, tellement leurs répliques sortent naturellement. La caméra nerveuse, qui tourne en plan-séquence, peut incommoder durant les premières secondes parce qu’on n’est pas habitué en fiction, mais on s’y fait très vite. C’est juste assez pour nous faire croire qu’on est dans un docu-réalité. Là-dessus, les réalisateurs Jean-Sébastien Lord et Guillaume Lonergan ont fait un travail admirable.

Chaque segment dure 11 minutes et porte sur un enjeu, réglé avant le générique. À la télé, l’émission se décline en demi-heures, le vendredi à 17h et le samedi à 10h30 sur ICI Télé, alors que l’Extra d’ICI Tou.tv les distribue par tranches de 11 minutes. Cinquante-deux épisodes ont déjà été tournés et seront diffusés jusqu’en décembre, mais on a déjà prévu une deuxième saison, tournée l’été prochain.

Chaque scénario est basé sur la série originale hollandaise, qui en est à sa huitième saison. Bien sûr, on adapte les situations aux nôtres. Par exemple, nos écoles se montrent beaucoup plus sévères qu’aux Pays-Bas à l’endroit d’un élève qui déclenche l’alarme de feu; là-bas, on le semonce, ici, on le suspend quelques jours.

Les jeunes acteurs, dont plusieurs sont issus de la diversité, sont très bons et même attachants. Le fait qu’ils soient à peu près tous inconnus contribue à rendre l’ensemble plus réaliste. Il y a bien Emi Chicoine, que vous avez peut-être vu dans le deuxième Plan B, et Alexane Jamieson du film Jeune Juliette, mais les autres, trouvés parmi 300 jeunes en auditions, ont peu joué ou même pas du tout.

Produite chez Zone3, L’effet secondaire n’est pas une série éducative, mais on souhaite qu’elle suscite les discussions à la maison entre les enfants et leurs parents. Oui, il y a des sujets graves, mais c’est beaucoup moins sombre que d’autres séries pour ados plus mûrs. Ce n’est surtout ni moralisateur, ni romantico-cucul. Pour atteindre les jeunes où ils sont, plusieurs contenus de la série se déclineront sur les applications comme Instagram et TikTok.

«DISTRICT 31» RESTE PREMIÈRE

Le retour de Fugueuse n’a pas délogé District 31 de la première place du top 10 : lundi, la quotidienne d’ICI Télé a rallié 1516 000 fidèles. À 21h, les aventures de Fanny ont attiré 1393 000 curieux à TVA, contre 641 000 pour Les pays d’en haut à ICI Télé et 325 000 pour la première de La semaine des 4 Julie à V. Plusieurs ont remarqué que le petit Thomas avait changé de visage dans Lâcher prise : joué précédemment par Antoine Archambault, le fils turbulent de Valérie (Sophie Cadieux) est incarné par Thomas Haché dans la quatrième et dernière saison. Comme ça a été le cas dans O’, où le rôle d’Éric O’Hara avait changé d’interprète, il arrive que la production doive procéder ainsi avec des acteurs plus jeunes. Dans le cas de Lâcher prise, on dirait seulement que le nouveau Thomas a l’air plus jeune que l’ancien, ce qui est un peu étrange. Lundi, la comédie d’ICI Télé a été vue par 910 000 téléspectateurs, devant En tout cas, qui en a retenu 860 000 à TVA.