Sebastian Aho et ses coéquipiers des Hurricanes de la Caroline ont dépassé les attentes cette saison. La douloureuse défaite face aux Bruins de Boston est une leçon importante pour les plus jeunes, croit l’entraîneur-chef Rod Brind’Amour.

Leçon pour jeunes «jerks»

CHRONIQUE — EN SÉRIES / Combien de fois a-t-on entendu cette histoire ?

La coupe Stanley est le trophée le plus dur à gagner dans le sport professionnel. Bla bla bla.

Il faut apprendre à perdre pour apprendre gagner. Bla bla.

On espère que l’expérience acquise dans l’adversité, cette année, pourra nous servir dans le futur. À condition d’obtenir une nouvelle opportunité de nous rendre si loin, dans le futur. Bla.

Rod Brind’Amour a été le dernier « vétéran » à nous dire tout ça. Il s’est installé au podium, après le dernier match de la Finale de l’Association Est. Il a expliqué, du mieux qu’il a pu, la sortie expéditive, en quatre matches, des Hurricanes de la Caroline.

Il a trouvé les bons mots.

« Je sais à quel point nous sommes fatigués, en ce moment, mentalement. Je sais aussi que nos jeunes joueurs ne comprennent pas à quel point il est difficile de gagner », a-t-il déclaré.

« Les gars étaient fiers d’eux quand ils ont remporté leur première ronde, en séries. C’était bien. Pour atteindre notre but ultime, il fallait répéter la recette encore. Et encore. Et encore. »

« Les vétérans qui ont déjà gagné savent tout cela, d’emblée. Nous en avions quelques-uns, d’ailleurs. Les autres... On leur souhaite d’obtenir une nouvelle opportunité de gagner. Je pense à certains membres de notre organisation qui ont connu des séries satisfaisantes, mais qui n’ont pas joué au niveau qu’il fallait pour tout gagner. »

En octobre, au début de la saison, les Hurricanes alignaient la quatrième plus jeune équipe de toute la LNH. Rares sont ceux qui leur prédisaient une participation aux séries. Le carré d’as leur semblait carrément inaccessible.

Leur plus vieux routier, Justin Williams, a trouvé cette drôle de manière de rallier les troupes. Les curieuses célébrations qui suivaient leurs victoires à domicile leur ont permis d’attirer l’attention.

La réaction démesurée d’un certain commentateur sportif bien connu du Canada anglais leur a permis de s’unir encore davantage. La « Bunch of Jerks » n’a pas perdu souvent, devant ses partisans, dans le dernier droit.

« La défaite fait mal, en ce moment. Et ça va faire mal pendant un bon bout de temps », croit Brind’Amour.

« Un bon jour, il faudra bien prendre le temps de réfléchir à tout ce que nous avons accompli cette année. Personnellement, je suis très fier de mon groupe de joueurs. Je suis fier de tous ceux qui ont contribué aux succès de notre organisation. Nous avons surpassé les attentes. Il faut le reconnaître ! Nos quatre dernières parties n’ont pas été très jolies. Si on regarde un portrait d’ensemble, il faut reconnaître que nous venons de vivre une magnifique saison. »

Brind’Amour était lui-même une recrue, dans un sens.

Il connaît le marché de Raleigh et l’organisation des Hurricanes mieux que quiconque. Il a été associé aux Hurricanes pendant 16 saisons à titre de joueur, de capitaine, d’entraîneur-adjoint.

Il a remporté le trophée Selke à deux reprises et la coupe dans ce building.

Il avait quand même – un peu – le syndrome de l’imposteur, il y a quelques mois, quand on lui a demandé de relever un nouveau défi à titre d’entraîneur-chef.

« Ce fut une année d’apprentissage pour moi, également. Je savais que j’étais bien entouré. J’avais besoin d’aide. Je savais aussi que je pouvais compter sur le soutien de gens qui se trouvaient ailleurs, à travers la ligue. J’avais besoin de tout le monde. En tant que petit nouveau, t’es jamais convaincu que tu peux réussir. Maintenant, je sais que je suis capable. »

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Le premier trio des Bruins, composé de Patrice Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak totalise 22 buts depuis le début de la grande danse printanière.

PEUT-ON FREINER LE GROS TRIO ?

Rod Brind’Amour a débuté sa conférence de presse en vantant la profondeur de ses adversaires.

« Les Bruins n’ont pas de faiblesse, déclare-t-il. Ils peuvent envoyer n’importe quel joueur sur la patinoire, n’importe quand. Ils n’ont pas de point faible. »

Nous en avons parlé, plus tôt, depuis le début des séries. Le deuxième centre, David Krejci, traîne une réputation de joueur des grandes occasions. Charlie Coyle, acquisition très importante à la date limite des transactions, donne un troisième trio très intimidant à l’entraîneur-chef Bruce Cassidy.

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La valeur de Charlie Coyle

Les jeunes défenseurs de Boston font le travail. Tuukka Rask pourrait facilement remporter le trophée Conn-Smythe. Peu importe le résultat de la finale.

Il faut quand même reconnaître que les Bruins auraient eu du mal à se rendre si loin sans Patrice Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak. Jusqu’à maintenant, les trois membres du premier trio des Bruins ont marqué 22 buts depuis le début des séries. Cela représente 38,6 % de la production de leur équipe.

Ils ont surtout inscrit la moitié – six sur 12 – des buts gagnants.