Le ministre de l’Éducation en Ontario, Stephen Lecce

Lecce et les enseignants : le printemps de la réconciliation ?

CHRONIQUE / L’actualité hebdomadaire ultra dominée par le coronavirus a laissé au second plan le conflit entre le ministère de l’Éducation et les syndicats enseignants. Pourtant, une éclaircie, jeudi dernier : l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA) et le gouvernement ontarien sont parvenus à une entente de principe.

L’accord est loin d’être anodin. L’OECTA est le premier des quatre principaux syndicats enseignants à s’entendre avec le gouvernement. Depuis plusieurs mois, les discussions piétinaient, et rien ne laissait présager une quelconque ouverture de part et d’autre.

Pour comprendre ce changement de ton, il faut remonter à quelques jours auparavant. Alors que la plupart des observateurs politiques pariaient sur l’imminence d’une loi spéciale pour forcer les enseignants à arrêter les grèves, le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, offrait quelques concessions : la diminution à 23 de la moyenne d’élèves dans les salles de classe, et autoriser les élèves à ne pas choisir les cours en ligne.

Voilà trop longtemps que le ton intransigeant du ministre se heurtait à la détermination farouche des syndicats, lesquels conservaient les faveurs de l’opinion publique. En difficulté dans les sondages, et empêtré dans le dossier des plaques d’immatriculation, le gouvernement Ford faisait marche arrière.

Toujours est-il que les concessions du gouvernement Ford ne satisfont pas entièrement les syndicats. Les trois syndicats, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) en tête, s’apprêtent à retourner à la table des négociations. Le syndicat francophone a d’ores et déjà annoncé que les siennes auront lieu du 23 au 25 mars.

Bien sûr, ces dates sont à prendre avec des pincettes tant l’épidémie de coronavirus oblige à revoir la tenue de chaque rassemblement et les déplacements qu’ils induisent. Dans ces circonstances très particulières, l’arme d’une grève n’existe plus. Les parents et les élèves ontariens sont contraints de rester chez eux au moins jusqu’au 6 avril.