Aminata Farmo voit la francophonie en « 3D ».

Le visage de la francophonie

CHRONIQUE / La 20e édition des Rendez-vous de la Francophonie — dont on dévoilera la programmation aujourd’hui — se tiendra du 1er au 21 mars et aura pour thème La francophonie en 3D : Diversité. Dualité. Dynamisme.

Et le visage de cette nouvelle édition, c’est-à-dire celui qu’on verra sur les 22 000 affiches promotionnelles qui seront distribuées d’un océan à l’autre, est celui de la Gatinoise, Aminata Farmo.

On ne pouvait mieux choisir. Aminata incarne ce thème.

Je vous ai parlé d’elle il y a un peu plus de trois ans dans une chronique intitulée « En marche pour le Nigeria ». Originaire du Niger, cette dame de 36 ans venait de compléter une marche de 200 kilomètres, de Gatineau à Montréal. « Une marche symbolique », avait-elle dit, pour la libération de plus de 200 lycéennes du Nigeria enlevées en avril 2014 par l’organisation terroriste Boko Haram.

Six mois plus tard, Aminata Farmo tenait une grève de la faim pendant 30 jours à l’Université d’Ottawa, toujours pour la même cause.

Puis elle m’avait confié que sa prochaine « mission » pour sensibiliser les gens à ce drame au Nigeria était de marcher de Terre-Neuve jusqu’en Colombie-Britannique, de l’Atlantique ou Pacifique. Rien de moins. « À la Terry Fox », avait-elle imagé.

Mais ce rêve ne s’est jamais concrétisé. « J’ai réalisé que je pouvais toucher et sensibiliser beaucoup plus de gens d’une autre façon que par des marches symboliques », m’a-t-elle confié, mardi.

Alors quelle est cette autre façon ? « Le journalisme », a-t-elle répondu.

Diplômée en art de l’Université d’Ottawa, Aminata a obtenu en juin dernier un diplôme en journalisme de La Cité. « Je courrais toujours après les journalistes pour parler des causes qui me touchent, lance-t-elle en souriant. Alors j’ai décidé de cesser de courir et de devenir moi-même journaliste pour parler de mes causes sur les réseaux sociaux, mais surtout pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Je veux parler des gens dits ordinaires qui font des choses extraordinaires. Je veux aussi parler du droit des jeunes et du droit des femmes. Et j’ai adoré mes années d’études en journalisme. Cette décision (d’étudier dans ce domaine) a complètement changé ma vie », laisse-t-elle tomber, elle qui est aujourd’hui animatrice à la télé communautaire Rogers, à Ottawa. Elle poursuit de plus ses études en communications sociales à l’Université Saint-Paul.

Les rendez-vous de la francophonie

Mais comment s’est-elle retrouvée sur les affiches des Rendez-vous de la Francophonie ?

« Par pur hasard, répond-elle dans un éclat de rire. Sandra Lafontaine de la firme InnovaCom Marketing & Communication a vu une photo de moi sur Facebook et elle s’est dit : « c’est elle ». Puis elle a communiqué avec moi et j’ai tout de suite accepté. J’imagine qu’on cherchait quelqu’un de dynamique qui représente la diversité et la dualité, comme se veut le thème de cette 20e édition. Et je suis bien à l’aise avec ça puisque je milite pour ces causes depuis des années. Donc je prends tout ça comme un cadeau de la vie. Et je suis fière d’être la première femme canadienne d’origine africaine à être choisie pour être le visage des Rendez-vous de la Francophonie. C’est un bel honneur et une belle aventure », conclut-elle.

Les Rendez-vous de la Francophonie comptent plus de 2500 activités au pays et ils visent à promouvoir et à soutenir le dialogue et le rapprochement entre les communautés francophones et acadiennes et toutes les collectivités de la société canadienne.

Ces Rendez-vous font partie des manifestations entourant la Journée internationale de la Francophonie (20 mars), organisée partout dans le monde pour promouvoir la langue française et ses multiples expressions culturelles.