« Les résidents de la capitale devront d’ici janvier indiquer à la Ville s’ils souhaitent recevoir leur facture d’eau en français ou en anglais. Cette facture était auparavant émise dans les deux langues officielles », rappelle Denis Gratton.

Le vase déborde

CHRONIQUE / La facture d’eau est la goutte qui a fait déborder le vase...

Denis LaRose, d’Ottawa, en a assez, dit-il, de l’unilinguisme à la Ville. Et lorsqu’il a appris que la municipalité allait envoyer ses factures pour les services d’eau et d’égouts dans une seule langue à compter du mois de janvier, il a décidé de lancer une pétition en ligne « pour protester contre l’unilinguisme anglophone à la Ville d’Ottawa ».

Rappelons que les résidents de la capitale devront d’ici janvier indiquer à la Ville s’ils souhaitent recevoir leur facture d’eau en français ou en anglais. Cette facture était auparavant émise dans les deux langues officielles. Les Ottaviens qui n’auront pas indiqué leur préférence à la Ville seront facturés dans la langue du conseil scolaire qu’ils soutiennent.

Cette nouvelle façon de faire ne fait certes pas l’unanimité au sein de la communauté francophone d’Ottawa. Les nombreux courriels reçus récemment en font foi. En voici trois :

— « Il y a aussi des couples comme le mien, a écrit Michel Castonguay. Je suis francophone, ma conjointe anglophone. Elle s’insurge quand nous recevons une facture en français seulement ».

— « C’est très malheureux que nous avons un maire qui s’amuse à rire des francophones, a écrit Denis A. Hotte. (...) Il a la complicité des cadres de la Ville qui sont unilingues anglophones, contrairement à la politique de bilinguisme de la Ville ».

Et Denis Gagnon du secteur Orléans a écrit directement au maire Jim Watson pour lui dire ceci :

« Faire parvenir des factures unilingues n’est pas une bonne idée. Comme les anglophones disent : why change a system that works ?. Ça coûtera beaucoup d’argent de nos taxes pour rien ».

Denis LaRose, lui, ne s’est pas contenté d’écrire au maire Watson ou aux médias. Il a plutôt lancé une pétition en ligne qui, jusqu’à mardi matin, avait été signée par 196 personnes. Voici ce qu’on peut lire sur sa page Facebook, là où se trouve sa pétition :

« Je veux protester contre l’unilinguisme anglophone qui s’instaure à la Ville d’Ottawa, à commencer par un gérant unilingue anglophone. (Il parle du directeur général de la Ville d’Ottawa, Steve Kanellakos).

«Il n’est pas surprenant maintenant qu’on veuille abolir les relevés de taxes bilingues. Il y a plusieurs familles bilingues à Ottawa et elles devront choisir entre le français et l’anglais. Les francophones devront s’inscrire s’ils veulent recevoir leurs comptes de taxes en français. S’ils ne le font pas, Big Brother va décider pour eux selon (le conseil scolaire qu’ils soutiennent).

«Vous devriez vous inspirer plutôt de la politique proactive instituée à la Cour provinciale de l’Ontario où on facilite l’accueil des francophones en les dirigeant vers des services en français. Au lieu de revenir en arrière, on devrait promouvoir l’usage des deux langues officielles dans la capitale du Canada».

M. LaRose ne sait pas encore quand il déposera sa pétition à l’hôtel de ville d’Ottawa, et il ne s’est pas fixé d’objectif quant au nombre de signatures reçues. «Mais il y a 640 000 francophones en Ontario et j’espère qu’ils la signeront tous », a-t-il lancé hier lorsque joint par Le Droit.

« Si on ne fait rien, rien de changera, a-t-il ajouté. On veut juste que la loi soit respectée. »


Je reviens en terminant sur la lettre que Denis Gagnon a fait parvenir au maire Watson.

M. Gagnon a obtenu une réponse de la Ville signée par Mathieu Gravel, directeur des enjeux et relations avec la communauté.

Dans la toute première phrase de sa réponse, ce dernier écrit :

«Nous aimerions saisir cette occasion pour rectifier certains renseignements erronés qui ont récemment été publiés dans les médias».

Des renseignements erronés ? Des fake news, comme dirait un certain président américain ? Vraiment, M. Gravel ?

Mon adresse courriel est inscrite au début de cette chronique. Si vous aviez la gentillesse de m’écrire pour m’énumérer ces «renseignements erronés publiés dans les médias», ce serait très apprécié.

Merci M. Gravel.