Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud Jobin, le président de la CCN, Russell Mills, le premier dirigeant de la CCN, Mark Kristmanson et le maire d'Ottawa, Jim Watson.

Le temps de passer à autre chose?

Voilà que le projet de redéveloppement des plaines LeBreton - et par ricochet la construction d’un nouvel amphithéâtre pour les Sénateurs d’Ottawa — est en péril en raison d’un désaccord entre les deux principaux partenaires du projet.

Le torchon brûle entre le propriétaire des Sénateurs d’Ottawa, Eugène Melnyk, et le grand patron de Trinity Developments, John Ruddy. Les deux partenaires de Rendez-Vous LeBreton, le consortium retenu par la Commission de la capitale nationale pour développer les plaines LeBreton, seraient incapables d’en venir à une entente sur un «système de gouvernance commun», a-t-on appris jeudi.

Exaspérée, la CCN a donné deux mois aux deux partenaires pour s’entendre. Sinon, elle examinera d’autres solutions. «La priorité, c’est de développer les plaines LeBreton et de faire avancer le projet bientôt», a résumé le premier dirigeant de la CCN, Mark Kristmanson.

À en juger par l’humeur morose de la conférence de presse de jeudi, il y a peu de chances que les deux partenaires en viennent à une entente d’ici le mois de janvier. Le bruit court qu’Eugene Melnyk a des ennuis financiers et qu’il n’aurait peut-être plus les moyens de ses ambitions au centre-ville. Visiblement déçu et frustré de voir le projet s’enliser, le maire d’Ottawa, Jim Watson, a confié qu’il en avait marre de jouer au médiateur entre les deux parties. «Ils doivent s’entendre, sinon, on passe à autre chose», a-t-il tranché.

Chose certaine, ni la CCN ni la Ville d’Ottawa n’ont intérêt à s’allier pour les 20-25 prochaines années avec un consortium dysfonctionnel. Si Rendez-Vous LeBreton n’est pas viable, la CCN ferait mieux de se tourner vers autre chose. L’occasion est trop belle de développer enfin les plaines LeBreton, de vastes hectares de prime land situés à deux pas du centre-ville, et en friche depuis un demi-siècle.

Il faut dire que la CCN a misé gros en cherchant à s’allier avec le privé pour développer les plaines LeBreton. L’ampleur du projet est immense, et les risques financiers à l’avenant. Les déboires de Rendez-Vous LeBreton nous indiquent qu’il n’est pas facile de trouver un consortium avec les reins assez solides pour mener un projet d’une telle envergure sur le long terme.

En ce sens, la CCN devrait y penser à deux fois avant de ramener sur le tapis la proposition faite à l’époque par le groupe Devcore Canderel. À supposer bien sûr que ce consortium, qui comptait notamment la famille Desmarais et l’homme d’affaires Guy Laliberté, soit toujours intéressé. Son projet reposait également sur la construction d’un amphithéâtre de hockey professionnel.

C’est vrai que la construction d’un aréna sur ce site serait idéal. Il est situé à deux pas du centre-ville, près des ponts interprovinciaux, et sur le passage de deux stations du train léger. Un amphithéâtre aurait servi de point d’ancrage pour faire lever un nouveau quartier récréatif en bordure de la rivière des Outaouais.

Dans le fond, c’est peut-être le signal qu’il faudra miser sur autre chose qu’un amphithéâtre de la Ligne nationale de hockey pour redévelopper les plaines LeBreton. Peut-être faudra-t-il de nouveau envisager de leur donner une vocation plus institutionnelle, en y installant un musée national par exemple? Quitte à réserver un terrain pour un éventuel amphithéâtre…