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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Derick Brassard célèbre son tour du chapeau.
Derick Brassard célèbre son tour du chapeau.

Le temps

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CHRONIQUE / Derick Brassard était au volant de sa voiture, lundi après-midi, quand il a composé mon numéro.

Comme la plupart des joueurs des Coyotes de l’Arizona, il réside dans le secteur de Scottsdale. Le Gila River Arena est situé à l’autre bout de la ville, à Glendale.

Entre les deux, il y a une bonne trentaine de kilomètres à parcourir. Avec la circulation automobile, ça peut prendre une bonne quarantaine de minutes.

C’est peut-être le pire aspect de la vie, pour un hockeyeur professionnel, dans le désert.

Et Brassard ne s’en plaint pas.

En ce moment, des milliers de jeunes retraités qui attendent patiemment leur première dose de vaccin contre la COVID-19. Ils ont passé la dernière année coincés chez eux, par prudence, alors qu’ils devraient profiter des plus beaux moments de leurs vies.

Quarante minutes en voiture, ce n’est pas la fin du monde.

Ça donne l’occasion de passer des coups de fil, pour garder contact avec les amis du Québec.

On peut jaser de plein de choses. On peut jaser du fait que ce ne serait pas la fin du monde de signer un autre contrat avec les Coyotes, pour la saison prochaine.

«J’espère rester ici, dit-il. Je serai honnête avec toi, j’ai bougé pas mal durant les dernières années. On va bien voir ce qui va se passer prochaines semaines. Je n’ai pas encore vraiment parlé avec la direction du club.»

***

Brassard devait nous appeler dimanche, au départ.

La conversation devait porter sur le match exceptionnel qu’il avait joué, samedi.

Samedi, contre les Ducks d’Anaheim, le bon vieux «Big Game Brass» a marqué trois buts.

On ne sait toujours pas ce qui a été le plus étonnant, dans toute cette histoire.

D’abord, Brassard a frappé avec la vitesse de l’éclair. Selon nos calculs, il a marqué son troisième but à sa neuvième présence sur la patinoire.

Ensuite, il y a le fait qu’il s’agissait du premier tour du chapeau de toute sa carrière dans la LNH.

«J’en ai réussi un dans les séries éliminatoires. I guess que ça ne compte pas», réagit-il.

«Tu sais, des fois, en tant que joueur, tu te demandes pourquoi tu n’es pas capable de marquer. Tu te poses beaucoup trop de questions. Il y a d’autres soirs, comme celui-là, où tu te retrouves toujours à la bonne place, au bon moment. Samedi, c’était une de ces soirées-là.»

Pourtant...

«C’était la fin d’un road trip qui a duré des semaines. Notre match était à 17 h. La veille, on avait voyagé du Minnesota jusqu’à Anaheim. Avec le décalage horaire, je me suis levé à 6 h 45 du matin. Je n’ai pas été capable de m’endormir pour la sieste d’avant-match. Nous autres, les joueurs, on aime nos routines. On a tous nos habitudes. Je te raconte tout ça juste pour te prouver que, des fois, faut juste que tu laisses tout ça de côté. Il faut juste que tu essaies de t’amuser.»

Tout ça pour dire que Brassard a 33 ans. Depuis son arrivée dans la LNH, en 2007, il s’est forgé une intéressante réputation. Ses coéquipiers, comme ses adversaires, savent qu’il est fou du hockey. Il passe ses temps libres à regarder des matches et se tient au fait de tout ce qui se passe.

Il continue d’en apprendre sur lui-même.

***

On parle beaucoup du temps depuis le début de cette chronique.

On va continuer, parce que Brassard nous a révélé que le match de samedi était doublement spécial. C’était le 1000e de sa carrière.

Ce n’était pas son 1000e match officiel.

Les dirigeants de la LNH offrent un bâton d’argent à chaque joueur qui dispute 1000 parties en saison régulière.

Le match de samedi était le 883e du Hullois en saison. Il en a joué 117 autres dans les séries de la coupe Stanley.

«Les matches des séries ne comptent pas pour le bâton d’argent. Pourtant, ce sont les plus difficiles à jouer! Moi, personnellement, je savais que c’était ma 1000e partie. Avec toutes les opérations que j’ai subies, surtout au début de ma carrière, je suis vraiment fier de m’être rendu jusque-là.»

On s’est mis à parler de cette situation particulière. Sept fois, dans les huit dernières années, Brassard a fait partie d’équipes qui ont franchi la première ronde. Ça fait en sorte qu’il a joué près de 12 % de ces matches dans les séries.

Combien de joueurs ont eu cette chance?

Brassard se considère chanceux, mais pas tant que ça. Il n’a pas réussi à se rendre jusqu’au bout.

«Ici, à Phoenix, je joue avec Phil Kessel. Il a gagné le championnat deux fois et il n’a même pas encore joué 100 matches dans les séries.»

Si on lit entre les lignes, on comprend que Brassard aimerait posséder un bâton d’argent et une grosse bague de championnat au moment de se retirer.

«En tant que joueur, c’est bon d’avoir des objectifs. J’ai tout ça dans le derrière de ma tête. Et je sais qu’il ne me reste pas cinq ans à jouer.»