La «marcheuse de Buckingham» a été accueillie avec cette affiche au Tennessee.

Le silence d’Amanda

CHRONIQUE / Je me demande si le pape François serait disponible cette semaine pour une entrevue téléphonique ? Je pourrais écrire le résumé de notre entretien dans la « grande entrevue » de notre édition de samedi.

Vous riez ? Jamais le pape ne m’accorderait une entrevue, dites-vous ? Ouais… vous avez bien raison. Mais je vous parie que j’aurais moins de difficultés à obtenir une entrevue avec notre Saint-Père qu’avec la nouvelle députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, la conservatrice Amanda Simard. Car j’avoue que je ne sais plus à quel saint me vouer avec cette nouvelle députée.

Je me corrige. Elle n’est pas encore officiellement députée. Mme Simard sera assermentée vendredi. Mais dès vendredi, elle sera la représentante des électeurs de Glengarry-Prescott-Russell à Queen’s Park. Et j’aurais bien aimé la rencontrer pour vous la présenter, chers lecteurs.

Les gens de Russell la connaissent bien, je devine, puisqu’elle était conseillère de cette municipalité. Mais à l’extérieur de Russell et des environs, Amanda Simard n’est pas la plus connue. De là la raison de la rencontrer afin de la connaître un peu mieux. Mais l’exercice s’avère plutôt ardu…

La députée élue aurait-elle été muselée par le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario — voire par le nouveau premier ministre Doug Ford — avant même d’entrer en fonctions ? La question se pose.

J’ai d’abord appelé Mme Simard lundi le 11 juin, quatre jours après son élection. Je lui ai demandé si elle avait un peu de temps à me consacrer plus tard dans la semaine. « Pas de problème, m’a-t-elle répondu. Ça me fera plaisir de vous rencontrer, M. Gratton. Mais je suis présentement en voiture en route pour mon spinning. Est-ce que je peux vous rappeler cet après-midi et on fixera une date et un lieu pour notre rencontre ?».

J’ai donc attendu son appel en ce lundi après-midi… mais un appel qui n’est jamais venu.

Elle se rendait à son spinning, m’a-t-elle dit. Et depuis ce premier appel, j’ai l’impression de me faire spinner par la nouvelle députée.

J’ai laissé quelques messages dans la messagerie de son téléphone cellulaire dans les jours qui ont suivi. Mme Simard m’a finalement rappelé le jeudi 14 juin pour me dire qu’elle consacrerait le jeudi suivant (le 21) aux médias. « Je serai probablement à Ottawa jeudi prochain, m’a-t-elle dit.

— Ou je peux me rendre à Embrun, si vous préférez, lui ai-je répliqué. On peut s’appeler lundi (le 18) pour choisir l’heure et le lieu, si ça vous va ?

— Bonne idée, M. Gratton. On se reparle lundi. »

Et depuis… rien. Malgré les nombreux appels et messages laissés dans sa messagerie… rien. Silence radio.

Je ne comprends pas. Serait-elle trop occupée dans son nouveau rôle ? C’est possible. C’est pourquoi je lui ai suggéré une entrevue téléphonique plutôt qu’en personne dans l’un de mes messages. Ou serait-elle en colère contre moi parce que j’ai prédit dans une récente chronique que la députée Caroline Mulroney sera la prochaine ministre des Affaires francophones de l’Ontario ? Je présume que Mme Simard convoite ce titre, elle qui est la seule Franco-Ontarienne dans le caucus de Doug Ford.

Et peut-être l’obtiendra-t-elle, ce poste de ministre des Affaires francophones. Je ne suis pas Nostradamus, après tout.

C’était une simple prédiction d’un chroniqueur du champ gauche.

Mais enfin… On finira peut-être par se rencontrer un jour, elle et moi. Et prières de prendre cette chronique, Mme Simard, comme mon 14e message.

(Pourquoi ai-je la curieuse impression que les quatre prochaines années seront très longues pour les médias ontariens… ?).

La marcheuse de Buckingham
Des nouvelles de Ghislaine Beaudoin, cette Gatinoise de 61 ans qui marche depuis le 1er avril dernier dans le but de se rendre au Texas.

Mme Beaudoin se trouvait hier à Henderson, Tennessee. Le week-end dernier, elle est passée par le village de Centreville, toujours au Tennessee, où elle a été hébergée chez un couple propriétaire d’une épicerie. Et pour amuser notre marcheuse de Buckingham, ces gens lui ont affiché un mot de bienvenue devant leur commerce. (Voir photo).

Mme Beaudoin m’a dit hier qu’elle se trouve à quatre jours de marche de Memphis. (Distance Ottawa-Memphis selon Google Map : 2005 km).

Après presque trois mois de marche et après avoir traversé à pied l’État de New York, la Pennsylvanie, l’Ohio et le Kentucky, elle traversera, en début de la semaine prochaine, du Tennessee à l’État de l’Arkansas. Et après l’Arkansas c’est… le Texas.

« Je prévois arriver à la frontière du Texas le 25 juillet prochain », m’a-t-elle dit hier matin.

À suivre…