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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Le président de Brigil, Gilles Desjardins
Le président de Brigil, Gilles Desjardins

Le retour des tours Brigil?

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CHRONIQUE / Est-ce le retour du déchirant débat sur les tours Brigil au centre-ville de Gatineau?

Plusieurs se sont posé la question mardi alors que le promoteur immobilier annonçait l’achat de l’hôtel Sheraton, rue Laurier, à deux pas du terrain où il voulait bâtir ses fameuses tours de 35 et 55 étages.

Rassurez-vous: je ne pense pas qu’on soit reparti pour une nouvelle ronde de débats acrimonieux sur le développement immobilier au centre-ville.

Pourquoi?

D’abord, le choix du terrain.

S’il veut bâtir quelque chose de gros à Gatineau, Gilles Desjardins vient de mettre la main sur le terrain tout désigné pour atteindre son but sans trop faire de vagues. Contrairement au petit terrain en L de Place des Peuples, le terrain du Sheraton est suffisamment vaste pour accueillir le projet «iconique» que le grand patron de Brigil souhaite léguer à Gatineau.

Le terrain du Sheraton permet de bâtir jusqu’à 30 étages (contre trois étages pour le terrain original de Place des Peuples!) Quant à l’emprise au sol du Sheraton (76 000 pieds carrés), elle est suffisamment vaste pour permettre la construction de tours en «escaliers» qui montent graduellement vers le ciel, sans écraser tout le voisinage sous leur hauteur.

Bref, le terrain du Sheraton est plus propice à une grosse construction qui demeure à «échelle humaine». Alors que Place des Peuples, un projet pharaonique de 55 étages, menaçait de dénaturer, voire de tuer le quartier patrimonial du Musée.

L’autre gros changement par rapport au projet des deux tours, c’est le ton conciliant de Gilles Desjardins. L’homme d’affaires semble déterminé à faire les choses dans le bon ordre cette fois-ci.

Plutôt que d’imposer un projet monumental à grands coups d’éclat et de manoeuvres politiques comme il l’a fait avec Place des Peuples, il se dit maintenant résolu à travailler dès le départ avec la Ville de Gatineau et les citoyens du quartier. Il se montrera patient, jure-t-il, visant rien de moins qu’un appui unanime du conseil municipal à son éventuel projet. Gilles Desjardins a visiblement appris des erreurs du passé. C’est tout à son honneur. Il a compris qu’un projet véritablement «iconique» se doit d’être rassembleur, alors que Place des Peuples divisait la population en deux clans bien distincts.

Je ne dis pas qu’il n’y aura pas des pleurs et des grincements de dents. Les élections municipales approchent à grands pas et l’enjeu des tours Brigil a le don de soulever les passions. Mais s’il y a débat, il devrait être moins polarisant qu’avant.

L’acquisition du Sheraton par Brigil permet de relancer les discussions sur une base plus réaliste. Même le maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui s’opposait vivement à Place des Peuples, semble mieux disposé cette fois-ci à l’endroit de Gilles Desjardins. À condition, prévient-il, que les discussions sur le projet se fassent à l’intérieur du cadre réglementaire du centre-ville, qui a lui-même été décidé par une vaste consultation citoyenne. Traduction libre: s’il veut mettre toutes les chances de son bord, Brigil est mieux de se limiter à 30 étages...