Charles Morin organise de grandes retrouvailles à l’ancienne brasserie Les Raftsmen.

Le retour des Raftsmen

CHRONIQUE / Charles Morin a eu 18 ans en 1978. L’âge légal pour consommer de l’alcool.

Et en 1978, l’endroit pour fêter — le spot par excellence — était la brasserie Les Raftsmen du boulevard St-Raymond, à Hull. Là où celui qui «buvait son verre comme les autres était des nôtres».

« J’adorais Les Raftsmen et les chansonniers qui s’y produisaient, se souvient M. Morin. Mais en même temps, je ne détestais pas la musique disco. Et quand j’avais 18 ans, mes amis et moi allions faire la fête au Raftsmen jusqu’à minuit sur la musique de Garolou, Paul Piché, Harmonium et les autres. Puis, on allait ensuite dans le stationnement du Village Place Cartier où on changeait notre chemise à carreaux pour une chemise disco, et on allait poursuivre la fête à la Disco Viva sur la musique de Saturday Night Fever. C’était une belle époque. »

Charles Morin, 57 ans, est un grand nostalgique. Aujourd’hui directeur de l’école primaire du Boisé, à Buckingham, il organise dans ses temps libres un événement qui risque d’être mémorable. Il y travaille depuis trois ans.

Et les 8 et 9 juin, le temps d’un week-end, Charles Morin fera revivre la brasserie Les Raftsmen. Comme elle était à l’époque, avec les chansonniers, les danses sur les tables et la « grosse Mol » qu’on portait « au frontibus, au nasibus, au mentibus… et glou, et glou, et glou… ».

« Et ces deux soirées se tiendront au même endroit qu’à l’époque, souligne M. Morin. C’est-à-dire là où se trouvait la brasserie Les Raftsmen, au 60, boulevard St-Raymond. La magie et la nostalgie ne seraient pas au rendez-vous et l’impact ne serait pas le même si on tenait ces soirées ailleurs qu’à cet endroit. »

Mais la brasserie Les Raftsmen a fermé ses portes en 2004. Aujourd’hui, l’édifice où elle se trouvait abrite l’École de danse Cyr et le restaurant le Quai St-Raymond. Comment M. Morin a-t-il pu réserver cet endroit pouvant accueillir près de 240 personnes ?

« Le Quai St-Raymond occupe l’espace où se trouvait une pièce secondaire des Raftsmen, répond-il. Mais la grande salle, là où la fête et les spectacles des bands et des chansonniers se tenaient à l’époque des Raftsmen, est occupée par l’école de danse. C’est donc une grande salle vide, mais avec les anciens murs et les anciens planchers des Raftsmen. Il suffit donc d’aménager la place avec des chaises, des tables, de la bière et le reste pour que le Raftsmen revive. J’ai approché Chantal Cyr, la propriétaire de l’école de danse, et elle a accepté de me laisser la salle le temps d’un week-end. Sa collaboration est précieuse et fort appréciée. Et Mme Cyr sera présente les deux soirs. »

Charles Morin a nommé son projet Raftsmen 78-18, pour 1978-2018. Et dès qu’il a créé une page Facebook de l’événement, la toile s’est enflammée.

« Plus de 500 personnes l’ont partagée, dit-il, et j’ai reçu des centaines de commentaires et de demandes de la part des gens qui veulent y participer.»

—Doit-on conclure qu’il n’y a plus de billets disponibles pour ces deux soirées, M. Morin ?

«Aucun. J’ai même une liste d’attente. Les gens sont nostalgiques. Et plusieurs m’ont écrit en me disant: ‘Merci de faire ça. On ne sort presque jamais, il n’y a rien en ville pour notre groupe d’âge’. Alors après la tenue de Raftsmen 78-18, je vais peut-être organiser annuellement une soirée de chansons québécoises de l’époque. J’y songe, mais ailleurs qu’à l’école de danse. Parce que la fin de semaine du 8 et 9 juin au Raftsmen sera un événement unique. Et qui sait? J’organiserai peut-être aussi des soirées disco de temps en temps. On verra», conclut le directeur d’école.

Fait important à souligner, tous les profits de ces deux soirées de retrouvailles au Raftsmen seront remis à la Fondation québécoise du cancer, chapitre de l’Outaouais.

Bonne soirée aux chanceux qui ont pu mettre la main sur des billets. Vous lèverez votre verre à notre santé.

Et… « Bing sur la ring ! Bang sur la rang ! Laissez passer les raftsmen ! »