Gisèle Lalonde ne comprend pas la position de la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney. «J’espère que son père va lui parler», lance-t-elle.

Le message de Gisèle Lalonde

CHRONIQUE / «J’aimerais bien remonter au front et me battre, mais mon mari ne me laissera jamais faire », lance Gisèle Lalonde à la blague.

À la blague puisqu’elle sait bien que sa santé précaire ne lui permettrait pas de renfiler les gants de boxe. Aujourd’hui âgée de 85 ans, Mme Lalonde n’a évidemment plus cette fougue qui l’a transportée pendant les cinq années qu’a duré le combat pour sauver l’hôpital Montfort d’une fermeture annoncée, il y a 20 ans.

Elle se dit cependant consternée par la décision prise jeudi dernier par le gouvernement Ford de saboter le projet de création de l’Université de l’Ontario français et d’abolir le Commissariat aux services en français de l’Ontario.

« Que c’est triste, laisse-t-elle tomber. C’est épouvantable ! Un premier ministre doit faire avancer son peuple. Doug Ford, lui, le fait reculer. Et j’espère que les Franco-Ontariens vont le secouer un peu, ce premier ministre. »

Mme Lalonde se dit aussi profondément déçue par la ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, qui a affirmé, vendredi, que les décisions prises par son gouvernement étaient « difficiles mais nécessaires » en raison du déficit « laissé par le gouvernement libéral ».

« Tout ça n’est pas une question d’argent et elle devrait le savoir, affirme celle qui a présidé le mouvement populaire S.O.S. Montfort. J’espère que son père (l’ex-premier ministre du Canada, Brian Mulroney) va lui parler. M. Mulroney a toujours appuyé S.O.S. Montfort. Il nous a appuyés jusqu’au bout. Il m’a appelée à quelques reprises (durant la lutte Montfort) pour me dire de continuer d’avancer, de ne pas lâcher. Il prenait pour nous. Mais là, je ne comprends pas la position de Caroline. Elle est francophone et elle a été élevée à Ottawa, elle devrait savoir mieux. »

Bien qu’elle ne jouera pas un rôle clé dans la lutte qui s’annonce, Gisèle Lalonde se dit de tout cœur avec la communauté franco-ontarienne.

« Il faut qu’on gagne encore, dit-elle. Il faudra l’aide de tout le monde et il ne faut pas lâcher. Mais je sais que les Franco-Ontariens ne lâchent jamais. La preuve, c’est que nous sommes encore là. Et nous le serons toujours.

«Et c’est en étant solidaire que nous gagnerons encore une fois. D’être solidaire est la seule façon. On ne pourra pas gagner si nous ne le sommes pas.»

Enfin, Mme Lalonde se dit très encouragée par la jeunesse franco-ontarienne. «Il faudra travailler fort et on aura besoin des jeunes. Et on les a, les jeunes, en Ontario. Ils m’impressionnent beaucoup.»

Dans un autre ordre d’idées…

Dans son édition de dimanche, le cher Ottawa Sun a demandé à ses lecteurs s’ils étaient d’accord ou non avec cette décision du gouvernement Ford de sabrer les services en français. Sans surprise, 79 % d’entre eux se sont dits d’accord avec le premier ministre ontarien.

Décourageant, dites-vous ? Mais pas du tout ! C’est même une excellente nouvelle puisqu’il y a 20 ans, 95 % d’entre eux se seraient dits d’accord !

On progresse !