Le loup, le renard et le Billy

CHRONIQUE / Ce matin-là, j’arrivais d’une balade avec le bon vieux Billy le chien quand au moment de passer devant le terrain de tennis, j’ai aperçu une amie qui arrivait au loin. On a donc discuté un moment pendant que les gamins qui étaient avec elle s’amusaient à tournoyer autour de Billy, puis c’est là que mon amie m’a raconté le triste sort que le destin avait réservé à un de ses chats.

Ça s’est donc passé il y a quelques mois, par un matin très froid. Ici, pardonnez-moi de romancer légèrement ce récit, car en fait, mon amie ne m’a jamais vraiment précisé s’il faisait froid ou non ce matin-là, mais bon, je trouvais que ça donnait un ton plus dramatique à l’ambiance. Il n’en demeure pas moins que ça s’est réellement passé il y a quelques mois.

Alors hop, voilà que par un beau matin – froid ou non –, quand mon amie s’est réveillée, elle a découvert avec une immense tristesse qu’un de ses chats était mort de vieillesse.

Étant donné que de la visite devait se pointer dans les prochaines heures, mon amie et son conjoint – c’est mon ami aussi – ont donc soigneusement déposé le corps du pauvre chat dans une boîte en le recouvrant de sa couverture préférée, puis les deux propriétaires de l’animal l’ont amené à proximité des rochers où il pourrait s’y reposer à jamais.

Comme notre quartier est situé à proximité de la rivière, nous sommes entourés de boisés et de crans, et je dois avouer que pour un vieux chat, ça doit être un vrai petit coin de paradis.

Mes deux amis ont donc creusé un trou de plus d’un mètre dans le sol pour y déposer la boîte, puis ils ont pris le soin de bien recouvrir le tout afin que le pauvre chat ne soit jamais dérangé dans son ultime repos.

Or, voilà que quelques semaines plus tard, une vraie vision d’horreur allait attendre mes amis. En effet, un renard était parvenu à retrouver le corps du pauvre chat, qui, je me dois de vous le rappeler, était enterré à un plus d’un mètre dans le sol. Et comme si ce n’était déjà pas assez cruel comme ça, le renard avait même décidé de parader fièrement dans le quartier avec le chat dans sa gueule.

Je vais vous avouer que ça m’a plutôt étonné comme histoire, car l’idée que des renards puissent rôder dans les parages ne m’avait jamais effleuré l’esprit jusqu’ici. Alors hop, ça m’a plutôt rassuré de savoir que mon amie qui vit dans le quartier depuis beaucoup plus longtemps que moi semblait autant surprise.

Par la suite, elle m’a raconté que dans les dernières semaines, il y a plusieurs voisins qui ont prétendu avoir vu rôder un hérisson dans le coin. Il aurait même été aperçu sur le terrain de la maison en biais avec la mienne.

Un autre voisin raconte pour sa part qu’il aurait vu un raton laveur dans le quartier.

C’est plutôt spécial toutes ces histoires d’animaux qui s’aventurent soudainement dans le quartier, car jusqu’ici, à part des mouffettes, des marmottes et des mulots, les autres bêtes ne nous rendaient jamais visite.

J’avais déjà lu dans quelques articles que lorsque les animaux commencent à s’aventurer dans la ville, c’est généralement parce que leur territoire est en péril ou un truc du genre. Maintenant, je lance une théorie comme ça, mais peut-être que ç’a un lien avec tous ces travaux qu’ils font afin de poursuivre la voie de contournement?

Ou peut-être aussi que c’est en lien avec le développement résidentiel au bout du boisé?

En tout cas, comme me le faisait remarquer mon amie, la bonne nouvelle dans tout ça, c’est que jusqu’ici, il n’y a encore aucun ours qui est venu se promener dans le quartier, mais en ce qui me concerne, le truc qui me foutrait le plus la trouille, ce serait d’apprendre que des loups se promènent dans la rue.

Je ne dis pas ça parce que j’aurais peur qu’un loup me bondisse dessus, mais seulement parce que connaissant le bon vieux Billy, j’imagine qu’il tenterait de devenir copain avec les loups et là, je vais vous avouer que je ne saurais vraiment pas comment gérer une telle situation.

Remarquez bien que si je me servais de Billy pour apprivoiser les loups, ça pourrait être utile afin de me protéger des ours.