Francis Langevin et sa mère Céline Tessier. Francis a été brûlé au troisième degré sur 35% de son corps et a été hospitalisé pendant sept mois.

Le long combat de Francis

CHRONIQUE / L’accident est survenu le 28 avril dernier, à Val-des-Monts.

Francis Langevin, 12 ans, et deux amis tentaient une expérience avec de l’alcool à friction et des torches. Une dangereuse expérience qui a bien mal tourné lorsque la bouteille d’alcool a explosé.

Francis a été brûlé au troisième degré sur 35 % de son corps et il a été transporté d’urgence aux soins intensifs de l’unité des grands brûlés de l’Hôpital de Montréal pour enfants. Le jeune adolescent a frôlé la mort et il a été hospitalisé là-bas pendant sept mois.

Francis a reçu son congé de l’hôpital le mois dernier et il est de retour au sein de sa famille, à Gatineau. Comment se porte-t-il aujourd’hui ?

« Si on compare aux premiers mois, c’est sûr que c’est mieux, de répondre sa mère, Céline Tessier. Francis va de mieux en mieux. Par contre, ce n’est pas une guérison qui se produit du jour au lendemain. Donc c’est un peu décourageant parce que les résultats ne se font pas voir aussi rapidement qu’on le souhaiterait. Mais nous étions conscients que la guérison serait lente. Mais Francis est démotivé par moments.

«Du côté des douleurs, de poursuivre Mme Tessier, c’était l’enfer au début. Les médecins n’arrivaient pas à trouver les bons médicaments et les bonnes combinaisons, et ils étaient incapables de contrôler la douleur. Mais les médicaments ont été modifiés avec le temps et Francis s’est habitué aux trois massages thérapeutiques quotidiens qu’il doit recevoir. Il a développé une certaine tolérance à la douleur. On a moins de difficultés de ce côté-là. Oui, la douleur est toujours là. Et Francis prend toujours de la morphine. Mais c’est beaucoup mieux qu’avant. Donc on avance. C’est long comme progression, mais c’est positif.»

Céline Tessier a dû quitter son emploi à la fonction publique fédérale en avril dernier pour consacrer la prochaine année au rétablissement de son fils.

«À l’hôpital de Montréal, on m’a dit que j’en aurais pour au moins un an, affirme-t-elle. J’ai donc obtenu un congé sans solde. Mais je ne vois pas comment je pourrai retourner travailler (en avril prochain). C’est un emploi à temps plein de m’occuper de Francis et de mes deux autres enfants (âgés de 14 et 16 ans). Les soins à domicile, les nombreux rendez-vous médicaux, les massages thérapeutiques à La RessourSe, les traitements, les suivis à Montréal, ça ne finit plus.»

Et comme si l’horaire de Mme Tessier n’était pas déjà assez chargé, elle doit de plus réorganiser sa vie, elle et son conjoint (qui n’est pas le père de ses enfants) s’étant récemment séparés. «Mais heureusement, dit-elle, ma mère et mes sœurs sont là pour m’aider avec mes deux autres enfants.»

Céline Tessier a lancé une campagne de sociofinancement, il y a quelques mois, pour l’aider avec les coûts liés au rétablissement de son garçon. Et l’Association des pompiers et pompières de Val-des-Monts a aussi organisé une collecte de fonds cet hiver pour lui offrir un appui financier.

«Je me sentais un peu mal quand j’ai lancé la campagne de sociofinancement, avoue Mme Tessier. J’ai mon orgueil, je veux être capable de me débrouiller toute seule. Mais en même temps, je me rends compte que ça n’a pas de bon sens et que c’est même impossible. Je n’ai que la moitié de mon salaire qui entre, mais les obligations restent les mêmes. En fait, j’ai beaucoup plus de dépenses qu’auparavant avec le coût des crèmes pour Francis, les déplacements pour les rendez-vous médicaux, l’essence, le stationnement et le reste. Je n’ai donc eu d’autres choix que de demander l’aide du public.»

Si vous pouvez aider : gofundme.com (mots-clés : rétablissement de Francis). Ou visitez la page Facebook de l’Association des pompiers et pompières de Val-des-Monts.