Bien reposés, les 67’s d’Ottawa ont connu un excellent départ face au Storm de Guelph. Le but de Tye Felhaber (photo) a donné une priorité de 2-0 aux locaux. Nick Suzuki, quant à lui, a tout de même récolté un but dans la défaite.

Le kid est prêt

CHRONIQUE / La baraque était pleine à craquer. Les dirigeants d’OSEG ont mis en vente, à la toute dernière minute, des billets avec « vue partielle » sur la patinoire. Que voulez-vous ? La demande est forte.

Grâce aux 67’s, les gens d’Ottawa redécouvrent le bonheur d’assister à un match de hockey junior.

La baraque était pleine, mais ça n’a pas du tout intimidé les visiteurs.

Nick Suzuki et ses coéquipiers du Storm étaient bien préparés.

On peut même penser que Suzuki, l’espoir numéro un du Canadien de Montréal, a déjà vu pire.

Il s’est retrouvé dans une situation encore plus stressante, au début du mois d’avril.

Suzuki a grandi dans la région de London, en Ontario.

Il paraît qu’il aurait pu finir son stage dans le hockey junior avec les Knights, le club de sa ville natale. Les frères Hunter, qui dirigent un des plus gros clubs de tout le hockey junior au Canada, avaient de l’intérêt.

Finalement, à l’approche de la date limite des transactions, Suzuki s’est retrouvé à Guelph. Les dirigeants du Storm étaient simplement prêts à payer plus cher pour faire son acquisition.

Ce qui devait arriver arriva. Le Storm et les Knights ont croisé le fer au deuxième tour des séries. Les Knights ont gagné les trois premiers matches. Le Storm est revenu de l’arrière, remportant les trois parties suivantes.

Le match numéro sept a été joué au Budweiser Gardens, le 16 avril. Il y avait 9009 spectateurs dans les gradins. Là-dessus, on devait facilement compter 8700 partisans du club local. Il paraît que jouer à London, c’est un peu comme jouer dans un petit aréna de la LNH.

L’entraîneur-chef du Storm, George Burnett, a pris Suzuki et son ami Isaac Ratcliffe à l’écart.

Ratcliffe, un espoir des Flyers de Philadelphie, a lui aussi grandi à London.

« Les boys... Vous risquez de passer tous vos étés dans cette ville jusqu’à la fin de vos jours. On vous offre donc l’occasion de livrer une performance qui vous suivra longtemps... »

Les Knights ont rapidement pris les devants dans le match ultime. Ils menaient 3-1 en début deuxième période.

Le Storm a trouvé une façon de survivre en marquant cinq buts d’affilée. Suzuki a donné le ton en inscrivant le premier. Il a ensuite obtenu deux mentions d’aide. Ratcliffe a terminé la soirée avec deux buts et une passe.

« Je ne pouvais pas vraiment ignorer les huées. Je les ai entendues, m’a raconté Suzuki, jeudi matin.

— Et ? Qu’est-ce que ça fait ?

— Ça ne m’a pas fait grand-chose. Je savais que j’avais ma famille dans mon coin. C’est tout ce qui comptait à mes yeux. »

À la Place TD, jeudi soir, Suzuki a bien joué.

Il n’a pas été capable de freiner le rouleau compresseur des 67’s.

On ne peut pas vraiment lui en tenir rigueur.

Son gardien, Anthony Popovich, a laissé passer quelques rondelles qu’il aurait pu stopper en début de soirée.

Son coéquipier de 20 ans, Fedor Gordeev, a écopé d’une pénalité d’une parfaite stupidité en fin de troisième.

Le Storm a encaissé trois buts tandis qu’il essayait de tuer sa pénalité majeure de cinq minutes.

Depuis son siège, dans les hauteurs de la Place TD, Marc Bergevin n’était certainement pas déçu de son protégé.

Suzuki a marqué un but. Ça lui fait 13 matches de suite avec au moins un point.

Le kid a surtout montré au directeur général du Canadien qu’il n’a pas besoin de beaucoup d’espace pour créer de belles opportunités en zone d’attaque.

« Il a une cible dans le dos, nous dit George Burnett. Quand tu récoltes au moins un point dans une douzaine de matches consécutifs, tu dois t’habituer à voir les meilleurs défenseurs adverses sur la glace en même temps que toi. »

« On ne peut pas définir l’utilité de Nick uniquement en comptant ses points, enchaîne-t-il. Nick, c’est d’abord un gars qui se démarque par son calme. Il ne s’emporte jamais. Il ne parle pas beaucoup. Il réfléchit avant de prendre la parole. Quand il s’exprime, tout le monde l’écoute. »

« Il gagne des mises en jeu. Il écoule des pénalités. Il bloque des lancers. Il est, en somme, un joueur complet qui est voué à un très bel avenir. »

Une précision s’impose, selon l’entraîneur. « Il a mérité le titre du joueur au meilleur esprit sportif de notre ligue, cette semaine. Ça ne veut surtout pas dire qu’il n’est pas compétitif. »