Face aux Capitals, les Hurricanes sauteront sur la glace gonflés à bloc. Les « négligés » ont conservé une fiche de 23-9-2 dans les 11 dernières semaines du calendrier régulier.

Le «gros» défi des Canes

CHRONIQUE - EN SÉRIES / Les Hurricanes de la Caroline ont réussi à trouver la porte d’entrée qui donne accès aux séries éliminatoires. Ce club de petit marché, éternellement négligé, sera donc exposé à la fièvre du printemps pour la toute première fois depuis 2009.

Les Canes ont été obligés de travailler jusqu’à la dernière semaine du calendrier régulier pour se qualifier à titre d’équipe repêchée.

Ça leur donne le « privilège » d’affronter les Capitals de Washington en première ronde.

Tout le monde s’entend. Les Hurricanes causeraient une surprise, dans les prochaines semaines, en éliminant les champions en titre de la coupe Stanley.

Pourrait-on la qualifier de « grosse » surprise, toutefois ?

Les « négligés » ont conservé une fiche de 23-9-2 dans les 11 dernières semaines du calendrier régulier.

Ils n’ont pas nécessairement été plus dominants à la maison que sur la route. Ils ont subi cinq de leurs 11 revers devant leurs partisans.

Ils ont marqué quatre buts ou plus à 15 reprises durant cette belle séquence.

Leur jeu de puissance n’a pas toujours été très menaçant, mais ils ont présenté le huitième meilleur taux d’efficacité en infériorité numérique.

Le gardien tchèque Petr Mrazek a conservé une moyenne de buts alloués de 1,67 et un taux d’efficacité de 94,3 % à ses 15 derniers départs.

Ils n’ont pas de blessures sérieuses.

Presque toutes les cases sont cochées, sur la liste de contrôle des équipes de hockey qui souhaitent veiller tard.

L’entraîneur-chef Rod Brind’Amour peut identifier le moment précis où le vent a commencé à tourner. Il cite le match du 18 janvier. Ce soir-là, sur la glace du PNC Arena, son équipe a été battue 4-1 par les Sénateurs d’Ottawa.

Il fallait être drôlement mauvais, à la mi-janvier, pour se faire battre à domicile par Ottawa.

Après le match, devant les journalistes, le coach est apparu découragé. « Les gars étaient si mauvais que j’avais envie d’enfiler un équipement pour jouer à leur place », a-t-il ironisé.

Ensuite ?

« Je ne saurais pas trop vous dire comment les choses ont changé », a expliqué Brind’Amour à un journaliste du quotidien News&Observer, lundi.

« La confiance y est pour beaucoup. La rondelle a commencé à se retrouver dans le fond du filet adverse plus régulièrement. On a noté, par la suite, que les gars étaient un peu plus fanfarons. J’imagine que ça nous a permis de connaître plus de succès. »

Il ne sera pas simple de vaincre les Capitals, qui ont aussi terminé la saison en force.

Alexander Ovechkin voudra conserver sa coupe, mais on sait que ce sera difficile. Une seule équipe a réussi à gagner deux championnats consécutifs, dans la LNH, depuis 1998.

Le hockey de séries, c’est taxant. Les champions en titre finissent presque toujours par frapper un mur.

Les Caps trébucheront-ils en première ronde ? En deuxième ? En Finale d’Association ?

Les Hurricanes ont l’air convaincus qu’ils peuvent les arrêter assez rapidement.

« Si vous cherchez absolument à nous donner l’étiquette de négligés, vous pouvez le faire. Nous sommes parfaitement conscients que nous affrontons les champions en titre. Nous n’avons pas de complexe d’infériorité. Nous allons nous défoncer chaque soir. J’ai bien hâte de voir à quel point nous pouvons être bons », a très bien résumé le capitaine Justin Williams.

Voiture et corps mal en point

La semaine a plutôt mal débuté pour un membre des champions en titre. Lars Eller n’a pas été capable de compléter la séance d’entraînement des Capitals, lundi matin. Une légère « blessure au haut du corps » dont il devait s’occuper. Rien de grave. Le Danois devrait être à son poste pour le premier match des séries, a-t-il promis.

Le « haut du corps » n’était pas le premier truc à causer des tracas à Eller, lundi, Sa voiture, une rutilante Mercedes-Benz, l’a laissé tomber alors qu’il était immobilisé à un feu rouge, sur le chemin du complexe d’entraînement de son équipe.

Son coéquipier Evgeny Kuznetsov l’a cueilli au passage. La direction de l’équipe s’est occupée de la remorqueuse.

« Ouais, ce fut une rude matinée, a confié le joueur au Washington Post. Tout est rentré dans l’ordre quelques heures plus tard. Je me dis que tout va mieux se passer à compter de maintenant. »

Les dirigeants des Caps vont se croiser les doigts. Eller a quand même inscrit 18 points en 24 matches de séries, le printemps dernier.

Le retour de king karl

Erik Karlsson est revenu au jeu pour le tout dernier match de la saison régulière. Il a passé 22 minutes sur la glace et conservé un différentiel de plus trois. C’est loin d’être mauvais, pour un type qui était inactif depuis le 26 février !

Après la partie, un reporter du San Jose Mercury News lui a demandé s’il aurait besoin de beaucoup de temps pour retrouver sa forme des beaux jours.

« C’est dur à dire. Ce soir, j’étais juste heureux de me retrouver sur la glace, dans différentes situations, pour essayer de comprendre certaines choses. Je n’ai pas trop poussé la machine pour ne pas prendre de risques. Ce sera différent lorsque les séries vont débuter », a-t-il répondu.

En 2017, en jouant sur une seule jambe, Karlsson a réussi à mener une équipe moyenne au septième match de la Finale de l’Est.

Ses performances ce printemps seront sa dernière chance d’impressionner les directeurs généraux de la LNH, à la veille d’un été où il pourrait devenir le défenseur le mieux rémunéré de l’histoire.

On présume qu’il va trouver une façon de bien paraître.

Un autre revenant

L’Avalanche du Colorado a joué de malchance, lors de la loterie du repêchage. Ses dirigeants oublieront vite. Les séries débutent et un autre jeune joueur de grand talent, Mikko Rantanen, effectuera un retour. « Nous attaquerons la première ronde en bonne santé. Tous nos joueurs clés seront au rendez-vous », jure l’entraîneur Jared Bednar.