« La marcheuse de Buckingham », Ghislaine Beaudoin, prévoit arriver au Texas dans une dizaine de jours.

Le dernier droit

CHRONIQUE / Deux cents autres kilomètres et, comme disait le Capitaine Bonhomme, les sceptiques seront confondus.

Ghislaine Beaudoin, alias « la marcheuse de Buckingham », se trouve aujourd’hui à approximativement 200 km de la frontière qui sépare l’Arkansas du Texas. Celle qui a quitté Gatineau le 1er avril dernier pour marcher jusqu’au Texas prévoit réussir son exploit d’ici 10 à 12 jours, après plus d’une centaine de jours de marche. Qui l’eût cru ?

J’avoue que j’étais l’un de ces sceptiques lorsque j’ai rencontré Mme Beaudoin en mars dernier, quelques jours avant son départ. Je me disais que tant de choses pourraient survenir pour contrer ses plans. La fatigue, l’épuisement, la solitude, les imprévus et le reste, je me disais que tout ça aurait probablement et éventuellement le dessus sur elle.

Mais c’était bien mal connaître cette courageuse dame de 61 ans. Sa persévérance n’est surpassée que par sa résilience.

En fait, son pire ennemi depuis quelques semaines est la chaleur écrasante du sud des États-Unis. Il faut y avoir séjourné l’été pour comprendre. Prenez l’incroyable canicule d’une durée de sept ou huit jours qu’on a connue il y a deux semaines et ajoutez-y un taux d’humidité qui frôle les 100 %. C’est à peu près ça l’été dans le Sud américain. Et pendant trois mois consécutifs. Disons que le climatiseur est aussi essentiel à la survie là-bas qu’une fournaise l’est ici en hiver.

Donc la partie n’est pas tout à fait gagnée pour la marcheuse de Buckingham. Ces quelque 200 km qui lui reste à parcourir seront un véritable test d’endurance et sûrement les plus « longs » de son incroyable périple.

Mais comment se porte Ghislaine Beaudoin ces jours-ci alors qu’elle vient de quitter la ville de Little Rock, en Arkansas, le lieu de naissance de l’ancien président américain, Bill Clinton ?

(Distance Ottawa-Little Rock selon Google : 2225 km).

« Je vais bien, a-t-elle répondu dans un échange de textos. Il me reste moins de 10 arrêts avant que j’atteigne la frontière du Texas. Little Rock est une très belle ville, soit dit en passant, l’une des plus belles de mon parcours. »

« Je dois depuis un certain temps me lever à 3 h du matin et débuter ma marche quotidienne à 4 h. Et jusqu’à la levée du jour, je porte un casque muni d’une lumière, un peu comme les travailleurs dans les mines. Et il y a beaucoup d’insectes à 4 h le matin ! »

« Je quitte à cette heure-là et je tente de terminer ma marche avant midi parce que la chaleur de l’après-midi est insupportable. Le pavé est très chaud. Si, par exemple, il fait 102 degrés Fahrenheit — ce qui n’est pas rare — l’asphalte peut atteindre les 160 °F, et le ciment les 140 °F. Les espadrilles deviennent extrêmement chaudes aussi. Je dois porter une serviette trempe autour de mon cou et je me rafraîchis avec un vaporisateur d’eau froide. Je porte parfois une serviette trempe sur ma tête. Et à travers tout ça, j’ai perdu 34 livres », a-t-elle ajouté.

Donc avis à ceux et celles qui aimeraient perdre un peu de poids : il suffit de marcher de Gatineau jusqu’au Texas…

Le prochain entretien avec Ghislaine Beaudoin se fera par téléphone dans un peu moins de deux semaines alors qu’elle se trouvera — souhaitons-le — au Texas. Là où elle compte séjourner pendant quelques semaines et visiter les grandes villes de cet état américain.

« Mais une fois au Texas, a-t-elle précisé, je vais accepter tous les lifts qu’on m’offrira !! »

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À souligner que Ghislaine Beaudoin a lancé une campagne de sociofinancement pour amasser des fonds tout au long de sa route. Et à son retour en Outaouais, elle remettra les sommes recueillies à des causes qui lui tiennent à cœur, notamment à la Gatinoise Sabryna Mongeon, victime d’un grave accident survenu en décembre dernier.

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