Mister Playoffs, un livre écrit par Martin Leclerc, raconte l’histoire de la carrière de Daniel Brière dans le monde du hockey.

Le Daniel Brière qu’on connaît

CHRONIQUE / On reconnaît bien « notre » Daniel Brière. En feuilletant les pages de sa toute nouvelle biographie, on retrouve cet homme discret, un peu timide, qui aime sa famille par-dessus tout et qui demeure profondément attaché à la région où il a grandi.

En lisant le récit de sa carrière dans le monde du hockey, on se rend vite compte qu’il ne comptait à peu près pas d’ennemis dans la Ligue nationale. Il n’était pas du genre à faire des vagues, notre Daniel. Même les « mauvais coups » qu’il raconte comme s’il voulait pimenter son parcours ne sont, finalement, pas si « mauvais » que ça.

C’est vers la toute fin que les choses se gâtent un peu. Quand vient le temps de raconter cette saison où il a réalisé son rêve de ti-cul en enfilant le chandail du Canadien de Montréal, on découvre le seul entraîneur avec qui le courant n’a pas passé.

Michel Therrien devient, de facto, le seul « méchant » de ce bouquin d’environ 300 pages qui sera mis en vente dans les prochains jours.

Daniel a toujours très bien compris le travail des journalistes et le fonctionnement de l’industrie des médias.

Il sait qu’on se nourrit souvent de scandales et de controverses. Il devine qu’il devra consacrer une grande partie des prochains jours à parler de cette relation houleuse qui a un peu gâché son plaisir de porter la Flanelle.

« J’ai été honnête du début à la fin. Je n’ai jamais voulu dévoiler ma vie privée. J’ai toujours voulu protéger mes enfants, mon ex-femme Sylvie, ma nouvelle conjointe Misha... Je savais très bien qu’en écrivant un livre comme ça, je devrais m’ouvrir », m’a-t-il expliqué, mardi matin.

« Dans ce livre, je décris de façon très transparente ma relation avec tous mes entraîneurs. C’est le cas pour Lindy Ruff, pour John Stevens, pour Peter Laviolette, pour Patrick Roy au Colorado. À Montréal, mon entraîneur était Michel Therrien. Je devais continuer de parler de mes rapports avec lui de façon franche. Je ne veux surtout pas me réveiller dans 25 ans avec des regrets. Mon but n’était pas de faire mal paraître Michel... »

« J’espère que les gens ne retiendront pas que ma relation avec lui. J’espère qu’ils comprendront que j’ai déjà été un petit garçon de 10 ans qui était un fan fini du Canadien de Montréal. J’ai eu la chance, en fin de carrière, d’enfiler leur chandail en séries éliminatoires et d’éliminer les Bruins de Boston dans un match numéro sept. J’ai pu faire la différence dans ce match-là. J’espère que les gens vont retenir ça, également. »

Le Daniel que je connais n’est pas du genre à entretenir de vieilles rancunes, encore moins du type à régler ses comptes publiquement. Il jure avoir appris des trucs utiles au contact de Therrien à Montréal. Ces éléments lui seront utiles dans sa prochaine carrière.

On vous en a brièvement parlé dans les derniers mois. Les propriétaires des Flyers de Philadelphie lui ont confié le mandat de bâtir un club de hockey des ligues mineures, pièce par pièce. Les Mariners, qui évolueront à Portland, dans le Maine, se grefferont à la Ligue East Coast l’automne prochain.

Brière a récemment embauché ses trois premiers employés. « Je veux vraiment qu’ils se sentent impliqués et qu’ils développent un sentiment d’appartenance fort. Ce sera leur équipe autant que la mienne », m’explique-t-il.

Ça, c’est bien le Daniel qu’on connaît.

*****

Le Daniel Brière que je côtoie depuis une quinzaine d’années a toujours compris le rôle des médias et il a toujours entretenu de bons liens avec les journalistes, mais il n’a jamais vraiment voulu que les projecteurs soient braqués vers lui.

J’ai été un peu surpris, à l’été 2016, d’apprendre que le collègue Martin Leclerc avait réussi à le convaincre de raconter son histoire dans un livre.

M. Leclerc, qui est un des meilleurs chroniqueurs de hockey au Québec, a su lui présenter les choses de la bonne façon.

« Je lui ai dit qu’il existe peu de bouquins du genre, en français. Je lui ai expliqué qu’il avait la chance d’inspirer des jeunes joueurs avec son récit », dit-il.

M. Leclerc a également publié Game Over, la biographie de l’ancien lanceur Éric Gagné. Il s’est fixé le défi de rédiger une dizaine de biographies d’athlètes. C’est bien parti.