Ils étaient près de 5000 au centre-ville d’Ottawa à manifester contre les mesures de Doug Ford.

Le cœur gros de se revoir

Quelle journée…

Les Franco-Ontariens de partout en province ont marqué l’histoire, samedi. Ils étaient près de 5000 au centre-ville d’Ottawa – vert et blanc de monde – pour manifester contre l’injustice des coupes annoncées par le gouvernement de Doug Ford.

Près de 9 000 autres Francos de 40 municipalités en province sont aussi descendus dans la rue pour demander justice. Et des manifestations de solidarité se sont tenues dans toutes les autres provinces canadiennes. Du jamais-vu. On a marqué l’histoire… encore une fois.

C’était beau à voir. C’était beau de se revoir. Tous debout ensemble. Tous unis dans une même voix. Tous au front.

On l’aura, notre université. On le sauvera, notre commissariat.

Peut-être pas demain. Peut-être pas cette année. Mais on gagnera. C’est certain. Après tout, comment peut-on perdre quand notre cause est juste ? Comment peut-on perdre lorsqu’on veut simplement prendre notre place ? On ne demande pas plus. Pas moins non plus. Juste notre place. Chez nous.

Et s’il faut se battre jusqu’en justice, on le fera. On s’y connaît. Comme a lancé samedi l’avocat Ronald Caza devant la foule survoltée à Ottawa : « On espère ne pas avoir besoin de se rendre devant les tribunaux, mais si nous devons y aller, attachez vos tuques avec de la broche ! ».

Je l’aime bien, ce Ron Caza.

Ce que l’Assemblée de la francophonie (AFO), alias La Résistance, a accompli au cours des deux dernières semaines tient du miracle. Deux courtes semaines pour unir 14 000 Francos dans une seule voix. Deux courtes semaines pour voir le drapeau franco-ontarien flotter sur la plus haute tour de l’Assemblée nationale à Québec. Deux courtes semaines pour entendre la ministre fédérale Mélanie Joly crier : « À travers le pays, aujourd’hui, nous sommes tous Franco-Ontariens ! » Deux courtes semaines pour rallier les Québécois et tous les francophones au pays dans une même cause. Deux courtes semaines pour obtenir l’appui de nos amis anglophones et lire un éditorial dans le quotidien Ottawa Citizen intitulé « Le français en Ontario mérite mieux », et rédigé… en français ! Deux courtes semaines pour marquer l’histoire.

Des manifestants affichent leur colère envers le gouvernement de Doug Ford.

On l’aura, notre université. On le sauvera, notre commissariat. Et lorsqu’on gagnera, j’espère qu’on se réunira à nouveau. Comme on l’a fait samedi. Mais pour célébrer cette fois plutôt que de lutter.

Quelle journée…

Que c’était doux de revoir tout ce beau monde rassemblé devant le monument canadien des droits de la personne, à Ottawa. Tous ces visages, toutes ces amitiés. Tous ces sourires qu’on se lance quand on a le cœur gros de se revoir.

Le cœur gros de devoir encore lutter. Le cœur gros de se faire encore dire qu’on n’a pas notre place. Le cœur gros de ne pas avoir une main prendre la nôtre lorsqu’on la tend. Le cœur gros de tristesse.

Mais aussi le cœur gros gonflé d’amour. Le cœur gros rempli d’amitié, de fierté, de chants, de cris, de résilience et de solidarité. Le cœur gros d’être ensemble. Le cœur gros comme le ciel.

Et la lutte se poursuit…

Il ne faut certes pas lâcher. Il ne faut surtout pas céder. Et j’ai confiance que La Résistance n’a pas fini de nous surprendre…

À nous d’être au prochain rendez-vous. À nous de nous revoir au front. À nous de lutter jusqu’au bout.

Nous sommes, nous serons.