Cette photo a été captée vers 1935. Les deux fillettes debout sur la marche devant la porte du magasin sont Cécile Deschamps et Gisèle Lalonde, la mère et la tante de notre chroniqueur.

Le cadeau Coca-Cola

Mon frère Jean-Pierre est collectionneur d’articles Coca-Cola. Ils sont des milliers, voire des millions dans le monde à s’arracher les articles aux couleurs du bon vieux Coke. Certains le font par plaisir. D’autres par nostalgie. Et d’autres en font presque une profession.

Jean-Pierre est un peu un mélange de tout ça. Comptable agréé à la retraite, il s’amuse. Et la pièce de sa maison à Toronto qu’il a décorée de ses articles de Coke ressemble à un petit musée. Il pourrait demander un prix d’entrée à son « musée Coca-Cola » et je crois que personne ne s’y objecterait.

Des affiches de l’époque, des plateaux, des posters, des jouets, des vieilles bouteilles de toutes les grandeurs, des machines distributrices, nommez-les… Tout est là chez mon frère. Une pièce rouge et blanche mur à mur.

Je lui ai cependant lancé une courbe, l’autre jour. Je lui ai fait parvenir par courriel la photo d’un article Coca-Cola ; un article qu’il ne parviendra jamais à obtenir, à moins d’une intervention divine.

La photo en question apparaît ci-haut.

Cet immeuble de briques décoré d’affiches Coca-Cola abritait le magasin-restaurant de mes grands-parents maternels, Ovila et Alice Deschamps. Cette photo a été captée, je devine, vers 1935. Les deux fillettes debout sur la marche devant la porte du magasin sont ma mère, Cécile Deschamps, et sa sœur cadette, Gisèle, mieux connue aujourd’hui sous son nom d’usage, Gisèle Lalonde (oui, LA Gisèle Lalonde).

Donc puisque ma mère est née en 1927 et qu’elle semble être âgée de huit ou neuf ans sur cette photo, je devine que l’image a été captée vers 1935.

Cette maison est toujours là aujourd’hui, à l’angle du chemin Marier et de la rue Montfort, dans le secteur Vanier. Quelques commerces – dont une pizzeria et une boulangerie – se sont succédé à cet endroit, mais je crois qu’elle a récemment été convertie en simple résidence privée.

Mon frère Jean-Pierre a été renversé par cette photo. Un peu par cette image de notre mère et de notre tante à un si jeune âge. Un peu aussi parce qu’il s’agit probablement de la seule photo qui existe du magasin de nos grands-parents.

Mais ce qui a vraiment attiré l’œil de Jean-Pierre, c’est cette enseigne de Coca-Cola, à droite, celle qui surplombe le trottoir. Celle sur laquelle on peut apercevoir le nom « O. Deschamp » (pour Ovila Deschamps, notre grand-père).

Jean-Pierre veut mettre la main sur cette enseigne. À tout prix.

Le problème, c’est qu’elle n’existe probablement plus. Mes grands-parents ont vendu leur magasin-restaurant dans les années 1950 (ou peut-être avant, Tante Gisèle me corrigera si je me trompe). Et Dieu seul sait ce qui est devenu de cette affiche « Coca-Cola O. Deschamps ».

Je devine qu’on l’a simplement jetée aux poubelles ou mise à la rue. Ou qu’elle a été vendue pour une bouchée de pain à un autre commerçant qui n’avait qu’à remplacer le nom « O. Deschamps ».

Mais sait-on jamais. Peut-être que quelqu’un, quelque part, a conservé cette affiche.

Je lance donc un « appel à tous », surtout aux gens d’un « certain âge » qui habitaient Vanier à l’époque et qui pourraient me donner une piste ou deux sur ce qui aurait pu devenir de cette enseigne Coca-Cola de mon grand-père Deschamps.

Mon frère Jean-Pierre a eu 60 ans dimanche dernier. Et pour souligner ses 60 ans, j’aimerais lui offrir le cadeau ultime. J’aimerais lui offrir l’enseigne « Coca-Cola O. Deschamps ».

Je sais. Je sais. Les chances de la retrouver sont minces, presque inexistantes. Mais je tente tout de même ma chance.

Et si par miracle elle existe toujours, j’offre à celui ou celle qui la retrouvera deux billets gratuits pour le « Musée Coca-Cola Jean-Pierre Gratton », à Toronto.

(Frais de déplacement et d’hébergement en sus…)