Denis Gratton
Linda Veilleux attend un donneur de moelle osseuse qui pourrait lui sauver la vie.
Linda Veilleux attend un donneur de moelle osseuse qui pourrait lui sauver la vie.

L’aiguille dans la botte de foin

CHRONIQUE / « Les médecins m’ont dit l’automne dernier qu’il me restait de trois à cinq ans à vivre si un donneur n’est pas trouvé. C’était une méchante claque d’entendre ça. »

Linda Veilleux est infirmière depuis 40 ans. Mère de trois garçons, cette dame âgée de 59 ans originaire de Valleyfield a d’abord travaillé à l’Hôpital de Hull pendant huit ans, avant de se joindre à l’équipe médicale de l’Hôpital Montfort, à Ottawa, où elle compte 32 années de services.

Elle est cependant en arrêt de travail depuis janvier 2019. Soit depuis qu’on lui a diagnostiqué la myélofibrose, une grave maladie du sang. Une maladie qui lui coûtera la vie si un donneur de moelle osseuse n’est pas bientôt trouvé.

« Trouver un donneur compatible est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Et la botte est très grosse », lance-t-elle.

Tous les membres de sa famille ont été testés, mais, malheureusement, aucun des proches de Mme Veilleux n’est compatible. 

Même résultat dans la banque internationale de la Croix-Rouge et à la Société canadienne du sang. On a beau lui chercher un donneur, « l’aiguille » reste introuvable.

« On me dit qu’un donneur compatible serait plus facile à trouver chez les hommes âgés de 17 à 35 ans, affirme-t-elle. Mais ce n’est pas facile convaincre les gens dans ce groupe d’âge de faire un don de moelle osseuse, même si faire un tel don est facile, sans douleur, sans prise de sang et ne nécessite qu’une minute ou deux. Ces gens-là travaillent ou ils sont aux études, ils n’ont pas toujours le temps de se déplacer. »

Linda Veilleux ne baisse pas les bras et elle garde espoir. Elle compte communiquer avec la direction de l’Université d’Ottawa, de l’Université du Québec en Outaouais et du collège La Cité afin d’étudier la possibilité de tenir des collectes de moelle osseuse sur ces campus, et ainsi cibler les hommes âgés dans la vingtaine et la jeune trentaine.

« Et j’ai entendu dire que la Croix-Rouge a tenu une collecte en septembre dernier au Comiccon d’Ottawa et que cette collecte a connu un fort succès, dit-elle. Alors je vais communiquer avec les organisateurs de cet événement et voir si l’expérience pourrait être répétée en septembre prochain parce que la clientèle du Comiccon est principalement composée de jeunes hommes. » 

Collecte à Montfort

Non, Linda Veilleux ne baisse pas les bras. Ses amis et collègues à l’Hôpital Montfort non plus.

Demain, le jeudi 9 janvier, l’Hôpital Montfort, en collaboration avec la Société canadienne du sang, tiendra une collecte à l’Auditorium de l’hôpital (salle 1D211), de 10 h à 14 h. 

Il va sans dire que l’événement est ouvert à tous.

« Nous avons décidé d’organiser cette collecte afin d’augmenter les chances de trouver un donneur compatible pour Linda, a dit Julie Marinier-Desjardins, conseillère en communications à l’Hôpital Montfort. Si un donneur n’est malheureusement pas trouvé, cette collecte permettra tout de même d’augmenter le nombre de donneurs potentiels dans la banque », a-t-elle ajouté.

Linda Veilleux est touchée par cette initiative de ses collègues. Et elle compte bien y être jeudi  pour les revoir et les remercier.

« Et je suis positive, dit-elle. Je me dis qu’un donneur sera trouvé et que tout ira bien. Je n’y crois pas à cette maladie-là. Je ne veux pas y croire. »

L’Hôpital Montfort est situé au 713 du chemin de Montréal, à d’Ottawa.