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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Si ce n’était de la glissière de sécurité sur l’autoroute 50, cette fameuse glissière centrale qui fait l’objet de tant de critiques, Mario Jobin et Sonia Brière sont convaincus qu’ils ne seraient plus de ce monde.
Si ce n’était de la glissière de sécurité sur l’autoroute 50, cette fameuse glissière centrale qui fait l’objet de tant de critiques, Mario Jobin et Sonia Brière sont convaincus qu’ils ne seraient plus de ce monde.

La vie sauvée par la glissière de la 50

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CHRONIQUE / Si ce n’était de la glissière de sécurité sur l’autoroute 50, cette fameuse glissière centrale qui fait l’objet de tant de critiques, Mario Jobin et Sonia Brière sont convaincus qu’ils ne seraient plus de ce monde.

Ils seraient morts à cause d’un imbécile.

L’été dernier, ils roulaient sur la 50 en direction de Montréal. Mario était au volant, Sonia pitonnait sur son téléphone…

À la hauteur du chemin Lépine, là où la route fait une légère courbe, Mario a soudainement aperçu un nuage devant lui.

De la boucane, des débris… Tout s’est passé très vite.

Mario a freiné d’un coup sec. À tel point que Sonia a sursauté: «Eh! Qu’est-ce que tu fais? On va se faire rentrer dedans par en arrière…»

C’est là qu’ils ont vu un SUV noir faire des tonneaux dans le fossé, de l’autre bord de la route. Ils ont compris que le véhicule, qui arrivait en sens inverse, venait de rebondir sur la glissière de sécurité centrale.

«Si ce n’était de la glissière, nous étions dans LA voiture qui aurait fait le face à face avec lui», raconte Sonia, encore sous le choc rien qu’à cette idée.

Après avoir rebondi sur la glissière comme sur un trampoline, le SUV s’est immobilisé de l’autre côté de l’autoroute. Mario s’est arrêté. Puis porté par une décharge d’adrénaline, il a traversé l’autoroute en courant, enjambé la glissière de sécurité, afin de porter secours aux passagers de l’autre véhicule.

Il a aperçu le conducteur du SUV qui tentait tant bien que mal de s’en extirper. Comme dans un mauvais rêve, Mario a vu d’autres voitures s’immobiliser le long de l’autoroute, d’autres gens accourir dans sa direction…

— Es-tu correct?, a demandé Mario au conducteur, tout en constatant la présence de deux passagers à l’intérieur.

Et c’est là qu’il a réalisé.

Le gars riait.

Le conducteur du SUV riait comme un épais. Comme si tout ce qui venait se produire était une farce. Une bonne blague!

Les autres qui accouraient se sont mis à rire avec lui. C’était ses chums. Ils étaient trois ou quatre véhicules à faire la course depuis Thurso… À essayer de se dépasser à toute vitesse. Comme si l’autoroute 50 était une piste de course. Et de toute évidence, la conclusion de l’histoire les faisait bien rire. Qu’est-ce qu’on s’est marré, hein, les gars!

Eux autres, c’était le party», résume Mario, encore abasourdi.

Après?

Les secours sont arrivés. Il y avait assez de témoins sur place pour tout raconter à la police. Mario et Sonia sont repartis. «Quand on a réalisé qu’ils riaient, qu’à leurs yeux, ils avaient accompli une sorte d’exploit, on s’est fâchés et on est repartis!» dit Sonia.

J’aurais fait pareil.

L’accident a été rapporté par Caméra de nuit sur Facebook. Dans les commentaires, des gens critiquaient la glissière de sécurité, un projet-pilote du gouvernement Legault destiné à réduire le nombre d’accidents mortels sur l’autoroute 50…

«Des gens disaient que cette clôture ne valait rien, que ça coûtait trop cher à réparer, que c’était du gaspillage, raconte Sonia. Ça m’a comme insulté. J’ai dit: attends une minute, elle vient de nous sauver la vie, cette glissière-là…»

La fin de l’histoire?

Faute de preuves, le conducteur du SUV n’a pas été accusé de conduite dangereuse. Mais le jeune homme de 24 ans, originaire de Laval, s’est vu infliger une amende de 1546 $ pour avoir coursé, avec 12 points d’inaptitude à son dossier. Son permis a aussi été suspendu pour 7 jours. La question qui tue: a-t-il seulement compris la leçon?